Cet article est à la fois une reprise du fil de mon blog que j’ai délaissé faute de temps depuis décembre dernier mais aussi une reprise de ma route vers le Gard où je m’interroge de revenir bien vite tant cette région a du charme.
Mon précédent article était consacré aux églises Saint-Sulpice
de Trignan et Saint-Julien la Renne auxquelles il faudrait ajouter Notre-Dame
de Coussignac que je n’ai pas visité.
Ces trois églises ou chapelle toutes situées sur le
territoire de l’actuelle commune de Saint-Marcel d’Ardèche ont la particularité
de conserver des pierres en réemploi particulièrement intéressantes.
La chapelle Saint-Sulpice étonne plus spécialement par le
nombre des pierres sculptées carolingienne qu’elle conserve intégrées à
plusieurs emplacements de ses murs extérieurs et intérieurs. Pourtant deux d’entre
eux ont été volés il y a plusieurs années et un autre fortement dégradé.
Ces sculptures d’une grande qualité de rinceaux et de
grappes de raisins, laissent imaginer une œuvre élaborée et plutôt inattendue
dans un lieu si modeste. Tous ces réemplois qui ont été utilisés de manière
visible par les constructeurs de l’église actuelle devait sans doute être associés
à un ouvrage cohérent comme un chancel ou un autel dont le témoignage est bien
visible à l’intérieur.
Ce chancel dépouillé de ses sculptures est toujours bien
visible ainsi qu’un bel autel monolithe qui date sans doute de la première
église et ces deux œuvres ici réunies sont tout à fait exceptionnelles.
Le réemploi même de ces pierres n’est probablement pas le
fait du hasard, comme le souligne Claudiane Fabre-Martin, mais aussi le signe d’un
respect des bâtisseurs de l’église actuelle pour un édifice antérieur important
ou singulier. Un seul de ces réemplois a été installé dans l’église actuelle et
c’est grâce à ma guide locale que j’ai pu l’observer de la tribune.
Un autre réemploi médiéval est bien visible à la base du mur
occidental. Il s’agit d’une stèle funéraire faisant mention de la sépulture d’un
certain Ingrianus que Robert Favreau date du Xe et qui ajoute encore à l’intérêt
de l’ensemble.
J’en viens enfin à la présence de deux pierres à trous dans
les deux églises proches. L’une placée près du toit à droite du mur ouest de
Saint-Sulpice et l’autre bien visible sur la façade de Saint-Julien. Ces
pierres assez répandues dans la région sont les témoignages de bien des rites
et croyances qui traversent le Moyen Age et dont les racines sont souvent bien
plus anciennes.
Porteuses de propriétés curatives, fertilisantes et
virilisantes elles étaient favorables aux mariages et aux enfants et encore récemment
on faisait toucher de la tête ces pierres par les enfants malades ou les
simples d’esprit ce qui rappellera sans doute une pratique rependue dans d’autres
régions comme celle du « debredinoire » de Saint-Menoux dans l'Allier.








