lundi 21 avril 2014

Les fresques de Saint-Jean de Boi.

La salle consacrée aux fresques de cette modeste église du nord de la Catalogne est un véritable émerveillement  L'église à trois nef présentait un exceptionnel décor peint d'une très grande maîtrise que l'on peu apparenté à celui des église de Taüll.
Les grand fragments qui ont été mis en valeur au musée mettent en scène des tableaux variés  sous forme de bandes horizontales et recouvrait aussi les claveaux des arcatures qui on été reconstitués dans le musée.



Ici ce sont les tons rouges et jaune qui dominent pour faire figurer un bestiaire foisonnant d'animaux fantastiques, jusqu'à la bête de l'apocalypse avec ses sept têtes cornues .

D'autres animaux plus exotiques sont aussi représentés comme une panthère , un dromadaire ou encore un curieux éléphant à corne.
La scène la plus remarquable est celle de lapidation d'Etienne, on est frappé par la vivacité du martyr du saint  la grande qualité du trait en particulier des visages et des mains, tout démontre ici que cette oeuvre est celle d'un grand maître de la peinture romane .



dimanche 20 avril 2014

Première salle du musée d'art Catalan de Barcelone; les trésors de la Seu d'Urgell, Tavernoles, Cerdanya et Castellet.

La visite commence par la découverte de la fresque de l'abside de l'ancienne église de Saint-Pierre de la Seu d'Urgell, magnifique ouvrage que je ferai découvrir plus tard .
Les fresques sont de la fin du XII ème siècle et représentent dans une tradition très classique le Christ en majesté entouré du tétramorphe et au registre inférieur les saints évangélistes et la Vierge Marie.
Ce qui est admirable est la grande maîtrise de l'artiste dans l'emploi de couleurs vives où les rouges et les bleus dominent. Le trait est puissant comme on peut le remarquer dans le traitement des visages et des mains, les plissé des manteaux et en particulier de celui du Christ entouré de sa mandorle qui semble comme emporté dans un souffle.


Devant l'abside reconstituée à été placé l'autel en bois du XII ème de Tavernoles une autre remarquable église située près de la frontière française.
C'est un objet remarquable par sa facture et sa qualité de conservation on y reconnaît le Christ entouré de 8 apôtres ou évêques  on remarquera en effet qu'ils ne sont pas douze et tous coiffés d'une mitre et portant une crosse. Fait étonnant le Christ est également coiffé d'une mitre et porte lui aussi une crosse d’évêque . Cette représentation du Christ est assez rare .

Enfin un peu plus loin on peu admirer l'autel en marbre de Castellet O de les Masuques du X ème et surtout un très beau Christ en bois du XII ème  qui conserve encore des traces de polychromie .


samedi 19 avril 2014

Barcelone de la vieille ville au musée d'art catalan .

Barcelone conserve encore quelques traces de son passé médiéval que l'on peut découvrir en parcourant la vielle ville avec ses ramblas et le quartier de la Cathédrale qui est purement gothique en particulier les anciennes murailles aux baies géminées.
A proximité l'église Santa Agata conserve encore un beau portail en plein cintre d'un style de transition avec un veau décor floral qui courre le long de son archivolte extérieure et quelques chapiteaux historiés .


Il y a d'autres églises plus modestes et surtout l'ancien monastère de San Pau del Camp que je réserve à une autre visite, car mes pas me dirigent vers la colline de Montjuic vers le fabuleux musée d'art catalan l'un des plus exceptionnel que je connaisse consacré à l'art roman.
le musée est installé dans un ancien palais qui bénéficie d'une vue magnifique sur toute la ville tentaculaire de Barcelone.
Il recèle la plupart des fresques des églises de cette partie de la Catalogne, souvent dispersées dans dans des églises très isolées et dont l'objet était de les protéger et d'en assurer la sauvegarde mais aussi un très riche mobilier religieux en bois ou d'orfèvrerie souvent unique .
Les absides et les murs des églises ont été ainsi reconstitués à l'identique dans des coques en bois où ont été déposées les fresques originales que l'on peut admirer et même photographier en toute liberté. Les conservateurs ont également recopiés dans les églises locales les fresques pour que l'on puisse encore les apprécier dans leur cadre.
C'est donc dans une visite autant exceptionnelle qu'intelligente que je vous emmène .


Cette visite commence par la découverte de quelques éléments sculptés qui permettent de découvrir l'immense richesse de l'Espagne et de la Catalogne à l'époque romane et en particulier le rôle fondamental de ses influences tant Wisigothiques, qu'Arabes et Chrétiennes. Car l'art roman est un art d'influences de correspondances de fascinations réciproques par des influences culturelles variées et c'est ce qui en fait pour moi sa richesse .
Plaque en marbre de l'ancien palais épiscopal de Barcelone, époque Wisigothique  VI ème siècle 
Chapiteau émiral IXème X ème siècle
Plaque en marbre XI ème siècle 

vendredi 11 avril 2014

Barcelone l’éclectique.

J'entame une nouvelle série de billets vers des destinations européenne car il y a bien longtemps que je suis convaincu que l'art roman dans toutes ses déclinaisons et ses variations est un art parfaitement occidental et plus particulièrement européen et un trait d'union entre les peuples de notre vieux continents. En effet presque tous les pays d'Europe jusqu'aux confins de la Russie et des mondes musulmans et byzantins possèdent des monuments romans ou apparentés et c'est une source constante d’émerveillements et de découvertes.

Je commence donc ce périple par l'Espagne une destination fabuleuse pour l'amateur d'art roman et en particulier Barcelone qui sera le centre de cette découverte.

Barcelone est une ville enthousiasmante par sa jeunesse sa richesse architecturale et son énergie et il faudrait des mois pour en découvrir les multiples aspects . Et si je ne partage ici que quelques images ce n'est que pour donner envie de visiter cette ville en particulier pour les amateurs d'architecture art-déco; car les billets qui suivront seront consacré à l'art roman .





mardi 8 avril 2014

Le trésor de Saint-Maurice d'Agaune s'expose au Louvre.

Je reviens après une courte pause de quelques semaines pour partager ma redécouverte au Louvre du fabuleux trésor roman et médiéval de l'Abbaye de Saint-Maurice d'Agaune dans le Valais Suisse.
Je parle bien d'une redécouverte car j'ai déjà eu la chance d'admirer ce qui est certainement l'un des plus beau trésor d'orfèvrerie romane et pré-romane illustrant la richesse particulière de cette abbaye .
Les conditions de la visite sont idéales dans ce fabuleux musée où l'on peut admirer les infinis détails de la chasse de Saint-Maurice et de ces merveilles de l'orfèvrerie médiévale mais aussi de nombreux manuscrits et d'autres sculptures du plus grand intérêt comme la magnifique statue représentant Saint-Maurice pour la première fois sous les traits d'un homme noir et provenant de la cathédrale de Magdebourg .



L'exposition ne durera que jusqu'à la mi-juin et mérite le détour et vous aurez peut être comme moi l'envie d'acheter les très beau et très complet livre de l'exposition.
J'en profite ainsi pour partager quelques unes des rares photos que j'avais pu prendre de ce trésor sur place .
http://www.louvre.fr/expositions/le-tresor-de-l-abbaye-de-saint-maurice-d-agaune

jeudi 20 mars 2014

Cuves baptismales (1) ; les fonts de Chéreng.

J'ouvre ici une nouvelle série aléatoire pour la découverte des fonts baptismaux qui sont souvent des oeuvre méconnues et d'un grand intérêt .
Et pour commencer je souhaite faire découvrir les merveilleux fonts baptismaux de Chéreng modeste ville du Nord à quelques kilomètres de la frontière belge, oeuvre unique dans le nord de la France et d'une qualité exceptionnelle.

Ces fonts appartiennent à la grande école de sculpture mosane et ont été sculpté dans la belle pierre calcaire bleu-noir très connue depuis l'antiquité dans l'actuelle Belgique et qui a été si largement employé dans la ville de Tournai toute proche.


La cuve taillée d'un seul bloc est montée sur une base carrée avec ressaut circulaire , elle est de forme circulaire et décorée tout autour d'une torsade de feuilles de grappes et de palmettes.
Mais ce sont les quatre têtes barbues aux aplombs des angles de la base qui attirent le regard par leur éblouissante force et la maîtrise de l'art du sculpteur.


Rarement la sculpture romane montre a ce point la précision du traitement des barbes et des cheveux qui donne un frémissement de vie à ces beaux et graves visages .


L’interprétation des sculptures laisse plus de place à l'incertitude; s'agit-il des évangélistes annonciateurs de la parole de Dieu ? Ou peut être  des représentations de David et Salomon et des prophètes Isaïe et Jérémie ?
Une autre interprétation a ma préférence , celle des quatre fleuves du paradis en lien avec la bénédiction de l'eau baptismale :" C'est ce Dieu qui t'a fait jaillir de la source du Paradis terrestre et t'a divisé en quatre fleuves pour arroser la terre entière ".