dimanche 14 décembre 2014

Un chevet "lombard" un beau clocher et une chapelle transformée en rond-point ...

La région d'Annecy garde peu de trace de l'époque romane chaque témoin est donc précieux et parfois cause de surprises.

Ainsi l'église de la Visitation-de-Notre-Dame un des très rare exemple  de la première moitié du XIe en Savoie . Une église de vaste dimension précédée d'un clocher porche qui n'est pas sans rappeler les églises carolingiennes . Le transept est fortement saillant avec une abside semi-circulaire directement greffée sur lui avec deux absidioles.
La caractéristique de cette église est l'emploi des bandes lombardes au chevet et sur le clocher, élément d’architecture propre au "premier art roman " du XIe siècle et que l'on ne retrouve guère qu'à Aime et Saint-Jean de Maurienne et qui confère à cette belle église une harmonie toute particulière.





A proximité de l'active métropole d'Annecy on peu admirer  le clocher à deux étages de baies géminées de l'église Notre-Dame d'Annecy le Vieux du XIIe et qui occupe peut être l'emplacement d'un ancien temple dédié à Jupiter dont une dédicace à été retrouvée sur les pierres du clocher.
Cet exemple rare dans la région est une belle construction avec ses deux étages de baies jumelles avec colonnettes doubles et chapiteaux à palmettes.


Noyée au milieu de constructions modernes et maintenant banlieue d'Annecy les villes jumelées de Cran-Gevrier conserve les restes modestes de l'ancienne église Saint-Etienne de Gevrier . Une petite chapelle aujourd'hui installée au milieu d'un rond-point est tout ce qui reste de l'édifice du XIe.


samedi 29 novembre 2014

Le trésor de Lemenc

Lemenc  tire son nom du latin Lemencum, aujourd'hui intégrée à la grande ville de Chambéry c'est une fondation romaine construite en relais-étape sur la route de Milan à Vienne dans un lieu judicieusement choisi, qui abrite encore dans l'enclos de son cimetière la Dame des Charmettes égérie de Jean-Jacques Rousseau.
La légende fixe son origine de fondation à l'an 546 date de création d'un prieuré  dédié à Saint-Michel. Plus certainement on sait que c'est une fondation burguonde donnée par la reine Ermengarde à l'abbaye de Saint-Martin d'Ainay au tout début du XIe siècle .



L’église actuelle est une austère construction des XVe et XVIe siècles largement remanié qui ne laisse pas soupçonner la présence d'une crypte magnifique de simplicité et de beauté unique en Savoie et l'une des plus émouvante que j'ai pu visiter et aussi l'un des plus ancien témoignage de la chrétienté en Savoie car son origine est certainement carolingienne .


A l'origine le plan était sans doute hexagonal avec déambulatoire annulaire , une simple calotte hémisphérique est portée par six colonnes avec chapiteaux inspirés du corinthien sur des colonnes peut être réemployées des édifices romains antérieur posées sur une margelle hexagonale .
Le déambulatoire est lui même admirable ; voûté d'un berceau annulaire sans aucune articulation ni aucune rupture de maçonnerie visible .




La fonction ce cette église à longtemps été discutée mais les dernières recherches semblent attester de la fonction baptismale de cet ouvrage alors mime que cette église dépendance de Grenoble n’était nullement un évêché à une époque d'incertitude et de déshérence où la nécessité était de repeupler les vallées alpines alors désertées de leur population .




Cette crypte reste pour le visiteur et pour moi l'une des magnifique découverte de l'art roman intense d'émotions.


lundi 24 novembre 2014

Deux églises oubliées du Genevois savoyard; Desingy et Lovagny

On franchit le Rhône pour rejoindre la Haute-Savoie dans le pays de Seyssel une zone agricole sur un vaste plateau  des Préalpes annéciennes  pour découvrir la modeste église de Désingy .
Ce village était à l'époque médiévale une ville prospère et garde encore un église de trois nefs avec une grande abside romane voûtée en cul-de-four sans aucun ornement , l'église est d'aspect massif comme son clocher puissant à la croisée du chœur et a été remaniée à l'époque gothique ; modeste témoignage certes mais un beau jalon de cette Savoie romane qu'il faut savoir découvrir .





Plus loin on peut franchir les magnifiques gorges du Fier qui relient Annecy au Rhône non sans admirer le beau château de Montrottier pour visiter l'église de l'Annonciation à Lovagny . Dépendance de l'Abbaye de Savigny en Lyonnais entre 1032 et 1044 elle conserve une belle abside du XII ème flanquée de son clocher.
La corniche de l'abside est d'origine en tuf composé d'un feston de petits cintres que supportent les modillons en quart-de-rond, unique exemple de ce type en Savoie .





dimanche 23 novembre 2014

Yenne et Aoste de l'autre coté du Rhône.

Dans sa partie orientale le Rhône est encore un fleuve sauvage qui fraye son chemin dans un paysage accidenté de profondes vallées qui prennent parfois l'aspect de véritables gorges où se faufilent parfois de magnifiques cascades. Il est aussi la frontière naturelle entre les département de l'Ain de la Savoie et de l'Isère.

Aujourd’hui située en Savoie la petite ville de Yenne était une dépendance du diocèse de Belley , le plus petit de cette région . Dédiée à Notre Dame cette église est une fondation de la fin du XII ème dont seuls les murs de la nef et le portail sont romans.


Ce qu'il en reste est modeste si ce n'est la belle porte occidentale à triple voussures dont les chapiteaux sur colonnes possèdent deux intéressants chapiteaux.
le chapiteau de gauche figure l'annonciation et la visitation .



Celui de droite la présentation au temple et une scène plus délicate à reconnaître qui serait l'adoration des mages mais seuls deux rois sont représentés .


Plus au sud et encore sur la rive gauche du Rhône la petite chapelle de Saint-Didier d'Aoste , à proximité de l'antique fondation romaine Vicus Augustus et dépendance du diocèse de Vienne. Bien placée sur l'axe reliant la ville de Vienne à Genève et aussi l'Italie par le col du Petit Saint-Bernard.


C'est une harmonieuse église à simple nef et abside en hémicycle couverte d'une coupole sur trompe . Les fenestres et le clocher sont des ajouts postérieurs . On appréciera le beau parement des murs la porte occidentale et une porte sud avec linteau ornée d'une croix pattée très érodé . L'ensemble est une belle construction du XII ème siècle .




vendredi 21 novembre 2014

Balades en Rhône-Alpes . Saint Germain sur Renon .

De retour dans ma région d’adoption je vais proposer une découverte des multiples églises de la région Rhône-Alpes au gré de mes promenades et sans souci d'exhaustivité, comme si je suivais un chemin et comme je l'ai fait jusqu'à présent .
Cette région finalement peu connue permet la découverte de nombreuses merveilles de l'art roman; parfois de modestes églises et parfois de purs joyaux comme je tâcherais de le prouver ici car pour moi aucun monument n'est sans intérêt .
Cette région est une création hybride de notre siècle administratif mais à l'epoque médiévale   un creuset d'influences entre terre d'Empire et terre de France, traversée presque dans son centre  par le  Rhône menant de la Bourgogne à l'Italie et l'Espagne;  route de pèlerinages vers Rome mais aussi vers Compostelle .
Le grand massif alpin à l'est et les monts d'Auvergne à l'ouest sont loin d’être des barrières infranchissables et sont autant de voies obliques vers la Suisse, l'Italie, la Provence, le Languedoc, la Bourgogne et  autant d'influences et de styles qui s’entremêlent.
Mais cette grande zone géographique traversée par le le fleuve qui en est une sorte de ligne directrice  a connu de multiples foyers de rayonnements originaux aussi bien  religieux, culturels qu'artistiques avec un foisonnement de grands évêchés et de puissantes abbayes.

Le début de ce périple commence  ici dans l'Ain mon département d’élection avant de vous emmener dans les Savoies, la Drome, le Rhône, l'Isère, la Loire et l'Ardèche et ma route commence par une modeste église de campagne, comme je les aime,  Saint-Germain sur Renon , située dans la vaste plaine de la Dombes, zone sauvage de marais canalisés par les moines et d’étangs et l'une des plus vaste région de nidification pour les oiseaux de toute l'Europe ( il n'est pas rare de voir des vols de plusieurs dizaines de cigognes la survoler).

La petite chapelle de Saint-Germain sur Renon est une donation de l’Évêque de Lyon à l' abbaye de Cluny en 1106 il ne reste que peu de chose de cette modeste église si ce n'est son portail à double voussures mais les chapiteaux encore visibles sont des joyaux de la sculpture romane, surprenant pour un si simple édifice.




En particulier le chapiteau de droite figurant l'avare assailli de deux lions.





Le chapiteau de gauche représentant l'aigle dévorant un mouton bien que mutilé il est aussi un des sommet de la sculpture dans cette région pauvre mais encore riche de bien des surprises .