mercredi 29 juillet 2015

Saint-Montan ; le refuge de l' Ermite.

Le petit village fortifié  perché sur le massif de la "Sainte Baume" , dans une vallée aride et d'une sauvage beauté abrite deux charmantes églises romane et une histoire qui se mêle à la légende.

C'est en effet dans ce massif désolé que se serait retiré un moine de Picardie contemporain de Saint-Remi; Saint-Montant, d'abord dans une grotte au sommet de la falaise puis dans un petit oratoire qu'a remplacé depuis l'actuelle église appelée localement San Samonta qui fut attribué plus tard au monastère de Saint-Ruf à Valence.

Bien que d'aspect très rustique c'est une construction essentiellement de la fin du XIe du XIIe siècles mais d'un plan original car constitué de deux chapelles reliées par un passage comme sans doute l'était les premières églises de Viviers.


La plus petite chapelle, au sud posée sur le rocher dont elle épouse les escarpements est dédiée à Saint-Jean Baptiste et possède une abside qui laisse supposer qu'elle occupe l'emplacement de l'ancien oratoire de Saint-Montan.


La chapelle nord est plus vaste et est un simple vaisseau de trois travées de plan rectangulaire sans abside et de parement très simple, hélas l'église étant fermée il ne m'a pas été possible dans apprécier la qualité de l'appareillage intérieur très contrasté de l'aspect extérieur et aussi les prouesse de la construction destiné à accrocher à la roche ce charmant édifice.

A la fin du XIIe fut ajouté un porche avec un double arc en plein cintre et une petite baie romane du plus bel effet et rare dans cette région. Il est lui construit en belles pierres de taille et abrite un portail souligné d'un rang de billettes reposant sur des pie droits cannelés avec impostes sculptées avec le seul décor visible de palmettes et de perles d'oves.






A l’écart du village entouré d'un ancien cimetière la charmant chapelle de Saint-André de Mitrois mérite une halte tant le site est empli de charme. C'est un édifice modeste du XIIe dont l’étymologie laisse penser qu'elle aurait succédé à un ancien lieu de culte à Mithra qui on le sait avait une importance particulière pour les premiers chrétiens .Ses origine remonteraient au VIIe siècle et possède une nef de trois travées avec abside en cul de four le tout soutenu par de puissants contreforts. Il convient de saluer le travail de l'association des amis de Saint-Montan et de la Société de Sauvegarde des Monuments de l'Ardèche qui sauva cet émouvante église de la ruine et de l'oubli.


vendredi 24 juillet 2015

Découverte de quelques églises de l'Ardèche; Viviers .

Je poursuis mon partage de la découverte de ma région par le département de l'Ardèche dont les limites actuelles se confondent presque exactement avec l'ancien diocèse de Viviers et le Vivarais roman.
Cette région montagneuse et sublimement sauvage est un peu une exception car finalement plus oubliée injustement que d'autres départements de Rhône-Alpes. En effet bien que bordé par la rive droite du Rhône le Vivarais ne comporte que peu de grands centres religieux ou de grands foyers spirituels et est comme partagé d'influences multiples et fortes comme la Provence ou le Languedoc au sud avec les foyer d'Arles de Saint-Gilles et de Saint-Guilhem . A l'est l'influence du Dauphiné et de Vienne et de Valence est tout aussi remarquable , au Nord c'est la grande métropole Lyonnaise qui rayonne et à l'ouest Le Puy route principale du pèlerinage de Compostelle. 

le Vivarais semble donc à l'écart de ces grandes routes à la fois commerciales et spirituelles qui souvent reprenaient le tracé des anciennes voies romaines oui celtes qui sillonnaient la Gaule.La province économiquement plus pauvres que ces grandes voisines est une terre de violents contrastes et de climats rudes et austères qui participent à sa sauvage beauté éclatée en de multiples "micro-régions" Comme pour beaucoup de villes française les romains y implantèrent leur premières cités peu nombreuses dans le cœur de ce territoire souvent austère à l'exception des cités qui bordent le couloir naturel qu'est le Rhône.
Alba sera le siège du premier évêché jusqu’à ce que celui_ci soit transféré à Viviers mais seulement au IVè siècle avant que les Wisigoths et les Burgondes n'envahissent la région y laissant des traces souvent émouvantes .

L'art de cette région, partagé entre ces influences multiples et les exigences d'un climat et d'une terre forte donne donc une impression saisissante que je tacherais de laisser deviner dans les billets qui suivront. 
 
Viviers est le siège de l’évêché du Vivarais transporté depuis Alba sur les rives du grand fleuve sur l'emplacement de ce qui tait sans doute un oppidum avant l'arrivée des romains sur ce que l'on qualifie parfois d'une "Acropole vivaroise".
Il ne reste que peu de chose de la construction romane qui a remplacé un édifice du haut Moyen Âge dont les fouilles ont révélées la présence d'une basilique et d'un baptistère, remplacés au Vé siècle par deux édifices à absides polygonales relies par un passage exemple remarquable des "cathédrales-doubles " de l'époque mérovingienne. 

Terre d'Empire à l'époque romane la puissance de la ville s’accroît au IX siècle avec l'octroi de l'immunité à l’évêque par Louis le Pieux en 815 et de pouvoirs régaliens aux évêques par l'Empereur Conrad III en 1147.


C'est de cette époque que date la construction de la cathédrale dont les restes sont encore visibles dans la nef mais surtout l'imposante tour-porche Saint-Michel des XIe et XIIe siècles .
Cette puissante tour de plus de 38 mètres carrée à sa base et octogonale au sommet soulignées de cordons moulurés a été édifiée en trois période distinctes. La partie supérieure est ornée d'une belle arcature aux chapiteaux sculptés et ajourées de baies romanes  et sera rehaussée  crénelée au XIVe.





Un portail roman s'ouvrait au rez-de-chaussé avec un décor modeste de chapiteaux et de réemplois antiques. Le premier étage est lui orné de bandes lombarde et le deuxième étage offre lui un décor bien plus séduisant de chapiteaux à feuillage et de figures en rond-de-bosse représentant un évêque, un moine, un oiseau et un chien.

La partie la plus intéressante est la visite de la chapelle haute Saint-Michel hélas fermée lors de mon passage qui est d'une grande beauté par ses arcatures et sa coupoles sur trompe ornée de belles sculptures que j'aurais je l’espère l'occasion de faire découvrir lors d'une autre visite .

dimanche 28 juin 2015

Un petit voyage autour de ma bibliothèque .

Avant de reprendre le cours de mes articles sur les quelques églises de chacun des nombreux départements de ma région il m'a semblé utile d'ouvrir ma bibliothèque et aussi de faire partager mes coups de cœur et mes découvertes qu'il s'agisse de livres récents ou de livres plus ancien qui peuvent voir leur travaux dépassés par les recherches les plus récentes mais qui restent aussi souvent des trésors de renseignements et d'informations.
Je constate hélas trop souvent que beaucoup laissent part  à une certaine interprétation fantasmé de l'art roman que ce soit par des indications historiques erronées ou encore des interprétations iconographiques approximatives . Beaucoup de commentaires ne sont que des copié-collé de propos incertains glanés de-ci de-là sur internet et dont la fiabilité est plus que douteuse. Je n'ai aucune prétention d'historien ou de spécialiste de l'histoire de l'art mais il est indispensable de s'appuyer sur des sources sérieuses et si possible de lire et en présence de controverse de faire part des difficultés. Mais bien entendu ne pas oublier la part d'émotion personnelle que laisse tout oeuvre d'art ce qui est le cas bien entendu pour moi de cet "art roman " dont le contour et la définition sont parfois aussi imprécis mais toujours source d'étonnement.

Comme beaucoup cette passion à commencé par la découverte de la fabuleuse collection des éditions du "Zodiaque" qui à été une sorte de révélateur et pour moi c'est les deux volumes "Floraison" et Évocation" qui ont provoquer une passion qui n'a jamais cessé . Je sais que que cette immense collection qui est incontournable a aussi donné un certain regard sur un art et une manière de l'appréhender qui est aujourd'hui discuté comme par exemple dans l'excellent ouvrage de Xavier Barral I Altet "Contre l'art roman ? " Mais finalement c'est avec nos yeux des XXe et XXIe siècles  que nous découvrons les œuvres du passé il n'y a pas à s'en offusquer et je reviendrais très certainement sur cela à bien des occasions.

Aujourd'hui j'ai voulu présenter ma dernière acquisition, en réalité une somme dont je ne suis pas peu fier; les deux tomes de l'excellent ouvrage de Geneviève Moracchini-Mazel su "Les églises romanes de Corse " publié aux éditions Klincksieck en 1967 . Voila un parfait exemple d'un très riche travail comme l'illustre l'abondance de textes de dessins et de photographies sur une région souvent délaissée et je pense que peu d’études modernes sont aussi complète que cet ensemble en tout cas jamais on ne peu espérer trouver l'équivalent sur internet ce qui est rassurant en fait car les bibliothèques restent indispensables !

dimanche 21 juin 2015

Des églises entre l'oubli et la modernité.

Ce ne sont pas des monuments exceptionnel qui viennent clôturer ce dernier billet sur l'Isère et à vrai dire cet article ne fait pas justice à un département qui comporte bien des richesses et des surprises que je tâcherai de partager plus tard . Mais  même les plus humbles monuments ont toujours eu de l’intérêt pour moi.

Cette partie la plus occidentale du département qui correspond à L'isle Crémieu est un réaliste un vaste plateau que vient découper en profondes falaises le Rhône au nord pour en faire frontière avec le département de l'Ain . Au pied de ces falaises qui sont de fabuleux paysages, on ne voit plus aujourd'hui que les fumerolles de la centrale nucléaire du Bugey qui écrase de sa masse la charmante petite chapelle de Marcillieux très ancien monument auquel je consacrerai un billet plus complet ainsi qu'à la proche Saint-Vulbas.


A Chavanoz enfermée au milieu d'habitations qui ne permettent plus d'en visiter le chevet l'église Notre-Dame était une fondation de l'abbaye lyonnaise de l'Ile Barbe de la fin du XIIe. Malheureusement comme beaucoup d'églises de ce département elle est fermée à la visite ce qui est regrettable car les quelques reliefs extérieurs qui subsistent sont assez décevant avec les remaniements successifs dont à fait l'objet cette église.
On pourra peut être cependant remarquer en remploi au mur sud ce qui pourrait bien être une table d'autel romane.

Batie sur un promontoire qui domine tout le plateau jusqu'à Cremieu la petite ville de Pusignan fait aussi partie de ces communes de l’Isère rattachée au département du Rhône à la faveur du développement tentaculaire de Lyon. Il ne reste rien de l'ancien château qui a remplacé un poste de surveillance romain et une citadelle burgonde sur ce lieu privilégié qui ne voit plus se développer à ses pieds que l’aéroport Saint-Exupery et une multiples entrepôts qui sortent de terre comme une foison d'excroissances métalliques.
Mais au cimetière subsiste l'ancienne chapelle castrale qui en dépit de se remaniements possède bien des caractéristiques romanes que seule une visite intérieure confirmerait.




samedi 6 juin 2015

Valencin , l'oubliée.

Cette modeste église du XIXe ne marquerait pas l'intention si elle ne possédait en réemploi sur son mur nord une porte avec deux beaux chapiteaux en réemploi dont la sculpture fruste est suffisamment rare dans cette région pour être remarquée.

On ne sait presque rien de l'origine de ces chapiteaux qui pourraient provenir d'un ancienne chapelle Saint-Vincent détruite pour la construction de l'église actuelle ou peut être de l'ancienne commanderie de Bellecombe dépendante de l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Leur datation est également incertaine , car si le présentoir situé devant l'église les attribue au XIe siècle cette datation me parait hasardeuse tant les exemples de sculptures de cette période dans la région sont rares alors même que les grands ateliers de sculptures de la région sont eux du XIIe. En outre la rusticité de la sculpture incite souvent la confusion et n'est pas toujours la marque de l'ancienneté de la sculpture et les exemples sont nombreux...


On laissera la place aux conjectures pour s’intéresser à la sculpture qui en dépit de la disproportion des visages et d'une certaine raideur des corps provoque un charme certain .
Le chapiteau de gauche est particulièrement intéressant et évoque de manière complète la fameuse scène de Daniel dans la fosse aux lions mais dont la représentation est rare dans la région si ce n'est à Vienne dans la cathédrale Saint-Maurice .
La corbeille du chapiteau est richement ornée et en dépit de ses maladresses tout à fait émouvante.


le chapiteau de droite est lui plus délicat à interpréter, il compose deux tableaux qui serait à rattacher au nouveau testament ; peut être  la visitation mais le second tableau qui évoquerait selon le petit guide à l'entrée le Christ au jardin des oliviers me parait bien plus douteuse .

dimanche 31 mai 2015

Les églises romanes oubliées des terres froides; les énigmes de Chaponnay .

Il y a peu d'églises remarquables à découvrir dans cette partie de l'Isère au nord des grandes villes riches de beaux monuments que sont Lyon à l'ouest et Vienne au sud .Dans un territoire réputé pour la rigueur de ses hivers et l'omniprésence de la pierre comme dans la charmante petite ville de Crémieu qui ne conserve aucun monument de l’époque romane.

Chaponnay ne devrait pas figurer dans ce billet puisque la commune est rattachée au Rhône mais seulement depuis 1967 pour avoir été détachée de l'Isère . l'origine de son nom ne semble pas être
plus ancienne que le Xe siècle ou il est fait mention d'un "Val Camponiaco " ou Caponia et d'un seigneur illustre qui au début du XIIe aurait participé aux croisades.

Je ne sais pas faute de document si les restes intégrés dans l'actuelle église Saint-Barthélemy proviennent de cette époque mais cela est vraisemblable mais en tout cas les quelques vestiges qui demeurent permettent sans aucun doute de les rattacher aux ateliers de sculpture viennoise du XIIe.

Un portail qui semble avoir été largement reconstitué peut être en recréant ou intégrant des pierres d'une archivolte d'origine possède deux chapiteaux à la signification énigmatique. Quelques pierres on été aussi noyées dans la maçonnerie de l'église .


Je suis bien sûr tés intéressé par toute information qui pourrait m’être apportée sur ces restes épars .

lundi 25 mai 2015

Quelques églises du centre de l'Isère.

La région de Bourgoin-Jallieu, aujourd'hui petite ville industrielle sans caractère notoire offre des trésors incomparables pour l'amateur d'art roman et en particulier les merveilleuses fresques de saint-Chef auxquelles j'ai déjà consacré un court billet.
La route qui allait de Vienne aux Alpes jusqu'à l'Italie était déjà une route majeure pour les gaulois et les romains qui créèrent tout une série de relais militaires et économiques jusqu'à Milan dont l'antique Bergusium. Il n'est pas étonnant qu'à l'époque romane cette route connut une nouvelle ferveur augmentée par la grande route de pèlerinage vers Rome la Via Francigena.

Je consacre aujourd'hui ce billet à des églises moins connues qui bordent cette route.

La plus ancienne est la modeste chapelle de Saint-Germain de L'Isle-D'Abeau située sur un promontoire antique qui domine toute la vallée . C'est un charmant édifice a plan très simple mais dont l'harmonie des formes et la qualité de son appareillage rustique ainsi que sa couverture de lauzes opèrent un attrait certain sur le visiteur.
La tour carrée sans doute remaniée est contemporaine de l'église et assurait vraisemblablement une fonction défensive. Le petit clocher-mur est lui plus tardif. l'ensemble des éléments de l'église qui réemploi des pierres antiques permet de la dater du XIe siècle.



Juste en contrebas située sur une autre bute se trouvent les reste mutilés d'une commanderie templière, La maison du Temple de Vaulx sur la commune de Saint-Alban de Roche est une propriété privée et je tiens particulièrement à remercier Monsieur Garnier et Mademoiselle Fernandez qui m'ont autorisé à y pénétrer.

La fondation de cette commanderie date de la première moitié du XIIe et est citée dans le fameux Cartulaire du Temple de Vaulx manuscrit des XIIe et XIIIe qui évoque les noms et les fonctions des frères mais aussi les nombreux échanges, dons et achat qui participèrent à la création de cet ordre militaire.

Il est bien dommage que ce site ne fasse pas l'objet d'une rénovation d'ampleur à la fois du corps de logis principal ainsi  que de la chapelle dédiée à Saint-Jean Baptiste construction largement ruinée qui conserve encore un chevet en cul-de-four . Des traces des bâtiments conventuels sont encore visibles dans les remises.




Plus loin vers les confins du Bugey je repasse par Saint-Didier d'Aoste puisque enfin j'ai pu pénétrer dans cette vénérable église trop souvent fermée .


Je renvoie à mon précédent billet pour plus d'explications sur cette église et l'occasion est ainsi donnée de découvrir son harmonieuse abside et sa travée du chœur sous coupole mais aussi de remarquer une belle mais simple table d'autel romane, un bénitier creusé dans une pierre antique et les reliefs de fresques détruites par une restauration maladroite et datant de la fin du XIIe ou du début du XIIe où l'on croit reconnaître l’évêque martyr de Vienne, Saint-Didier.