samedi 14 juillet 2018

La décoration de Notre-Dame du Thor.

Je ne ferais qu'effleurer la riche décoration de l'église Notre-Dame du Thor, car comme je l'ai déjà écrit je n'ai voulu ce blog que comme une invitation au voyage et à la découverte. Il ne s'agit pas de tenter de tout voir et de tout photographier, vaine tentative d'ailleurs tant je réalise souvent qu'il faut plusieurs visites pour découvrir un monument.
J'ai souligné dans le billet précédent, l'originalité de l'église par son plan; son décor est à la fois original par son ornementation, mais également s'inscrit dans une certaine "continuité" provençale, en particulier par la reprise d'éléments décoratifs fréquents dans cette région.
Il en est ainsi de la décoration de la coupole du cœur avec les symboles des évangélistes, mais ici les nervures du qu'une four de l'abside se terminent par une clé, représentant un agneau crucifère entouré de l'inscription Agnus Dei qui tollis, d'une parfaite exécution. Ou encore à la corniche de l'arcature intérieure où on découvre un curieux petit atlante grimaçant.

C'est à l'extérieur que ce décor est le plus abondant que ce soit au portail occidental qui s'inscrit dans une façade percée d'un oculus ouvert au-dessus de deux baies en plein cintre.

La porte est surmontée d'une archivolte ornée de canaux à feuilles d'acanthe encadrant un tympan simplement orné de la main de Dieu sortant d'un médaillon est rythmée par des colonnes à chapiteaux à crochets.

Un fronton triangulaire fait de deux rangs de modillons supporté par deux demi-colonnes encadre le portail. La décoration de grain d'orge de losange et de cannelure ainsi que les chapiteaux s'inscrit dans la tradition "romanisante" de l'art roman provençal.




Le portail sud est celui qui présente le décor le plus abondant, il s'inscrit dans un porche monumental entre deux contreforts, la porte est entourée de voussures richement décorées, avec de beaux chapiteaux aux aigles et des masques ornés d'anges.






 L'utilisation du répertoire ornemental romain est plus évidente sous le porche voûté d'une croisée d'ogives en particulier les canaux de la décoration des arc de triomphe avec de petites arcatures moulurées décorées de masques humains ou de motifs floraux.







L'abondance du décor, se retrouve aux fenêtres à la corniche du chevet de dents d'engrenages avec de petits modifions et un effet de bandes lombardes.







Je réserverai enfin un dernier billet à quelques éléments décoratifs originaux, bien que tardif du porche et surtout aux très nombreuses marques de tâcherons que l'on peut y découvrir.

dimanche 24 juin 2018

Le Thor ou la sévère noblesse de Notre-Dame du Lac.

Cette belle citation d'Albert Camus, permet assez bien de résumer l'impression que l'on ressent en visitant l'église du Thor.

« Le taureau enfonce ses quatre pattes dans le sable de l'arène. L'église du Thor ne bouge plus, force de pierre. Mais quand elle se mire dans la Sorgue claire, la force s'épure et devient intelligence. Elle encorne le ciel en même temps qu'elle s'enfonce dans un lit de cailloux vers le ventre de la terre »

Albert Camus–la Postérité du Soleil.

Cette église trop peu connue est l'une des plus remarquables de Provence et peut-être parfaitement datée par une charte de 1202 la qualifiant d'église neuve. Elle date de la fin du XIIe siècle.



Son plan extrêmement simple à nef unique, déploie une sévère rigueur extérieure dans la tradition des grandes églises provençales comme Avignon et Cavaillon, soit une nef unique de trois travées rythmées par des doubleaux descendant sur de longs pilastres. Elle possède une magnifique coupole octogonale nervée et une abside semi-circulaire, polygonale à l'extérieur.





La présence de croisées d'ogives bombées annoncent l'art gothique. La coupole assez traditionnelle en Provence et décorée des symboles des évangélistes. Le cul-de-four de l'abside est sous-tendu de nervures dont la section diminue jusqu'à l'extrémité supérieure décorée d'aigles aux ailes déployées.

L'arcature du cul-de-four est tapissée de sept arcatures en plein cintre moulure et avec une frise à dents d'engrenage et feuilles d'acanthe.Cette arcature est reproduite au chevet avec un beau décor de colonnes cannelées et  de bandes lombardes.


C'est église, est l'une des plus homogènes et impressionne par la puissance qu'elle dégage en particulier lors de la visite intérieure.

Le clocher est établi sur un massif carré avec un étage octogonal aux angles marqués par des colonnettes portant des chapiteaux garnis de masques ou d'animaux affrontés, l'ensemble a été complété par un lanternon au XIXe siècle.




C'est église si elle traduit une certaine continuité de style avec les autres églises provençales, adopte et intègre parfaitement les nouvelles techniques de conservation en particulier pour le voûtement et les croisées d'ogives.
Une attention particulière a été apportée à son décor tant intérieur qu'extérieur.

vendredi 1 juin 2018

Le cloître de Cavaillon.





Le petit cloître de la cathédrale est établi sur la face sud de l'église il suit un plan irrégulier rectangulaire comme celui d'Arles. C'est peut être l'un des cloîtres les plus modestes des grandes églises de Provence, mais il y règne un charme certain.



Les quatre galeries sont couvertes d'un berceau brisé renforcés par des doubleaux supportés par des consoles.



Les baies en plein cintre ouvrent sur le préau on en compte six pour la galerie nord, cinq au sud et quatre à l'est et à l'ouest. Coté promenoir les pilastres retombent sur des chapiteaux et des colonnettes portées par un mur bahut.


La plupart de ces chapiteaux sont très dégradés, peu être lors des saccages des troupes protestantes. On devine cependant quelques chapiteaux historiés et de beaux chapiteaux à feuillages qui datent de la première construction de ce cloître au XII° siècle, lequel, en dépit des destructions et de remaniements conserve une harmonieuse homogénéité.



Dans l'une des galeries est conservé une belle épitaphe traduite savamment par Robert Favreau.
J'en livre seulement la traduction car le texte est délicieux.