samedi 5 mai 2018

Notre-Dame du Groseau; à la source des celtes.


La petite chapelle de Notre-Dame du Groseau occupe une vallée remarquable par sa beauté au pied du Mont Ventoux et de la commune de Malaucène; malheureusement menacée par un projet immobilier de ces horribles lotissements tentaculaires qui enlaidissent tant la Provence.

Le lieu est attesté des la plus haute antiquité, avant même l'arrivée des romain par la présence d'un lieu de culte de la divinité Groselos attachée à la garde des eaux et des sources si précieuses.
L'église conserverait encore un pilier votif dans son chevet. Je profite à nouveau ainsi de cette opportunité pour signaler l'importance des lieux de cultes païens investis par les églises chrétiennes marquant ainsi la persistance du mysticisme attaché à ces lieux si particuliers.

Un premier établissement chrétien aurait été édifié en 683 par l’évêque de Vaison dédié aux Saints Victor et Pierre jusqu’à ce que le lieu soit rattaché en 1059 à l'abbaye marseillaise de Saint-Victor. C'est vraisemblablement à partir de cette période que l'église fut reconstruite et ce que l'on découvre aujourd'hui date essentiellement de la deuxième partie du XII° siècle.

J'ai longtemps cherché à visiter cette petite chapelle intrigante par sa forme quarré surmontée d'un petit clochetons, mais elle était toujours fermée jusqu'à une restauration récente et une ouverture heureuse au public.


L'église actuelle ne conserve de l’époque romane que son abside et la dernière travée de la nef et a été fort remaniée surtout extérieurement aux siècles suivants.




Mais à l'intérieur on est surpris de découvrir une exceptionnelle coupole octogonale qui coiffe le massif cubique du chœur. L'ouvrage est en tout point remarquable par la perfection de son appareillage et sa réalisation qui semble agrandir l'espace pourtant exigu de la nef.







 Un bandeau orné de palmettes se retrouve à sa base  et les angles sont ornés de petits pilastres cannelés selon le gout pour l'antique propre à la région. Les trompes sont ornées des symboles des évangélistes .





 On devine encore quelques motifs sculptés qui l'interieur de l'église faits d'animaux et de têtes d'hommes ou encore un bel agneau pascal à la travée du chœur qui augmente la nef.












On peu rattacher ce charmant édifice à d'autres dépendance de Saint-Victor comme Saint-Symphorien de Bonnieux ou Saint-Germain de Faucon plus au nord.

Je profite également de cet article pour partager le lien de ceux qui se battent pour la sauvegarde de ce lieu merveilleux. Je ne peux que regretter dans notre pays le peu de cas qui est fait de la valeur de tel sites.

Pétition pour la sauvegarde du site du Groseau


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