jeudi 15 juin 2017

Le devant d'autel ou antependium de Combourg.

La découverte d'un devant d'autel aussi précieux que celui de Combourg, encore en place dans une église est toujours un plaisir et une surprise, la plupart étant aujourd'hui conservés dans des musées .Cette ouvre témoigne de l’incontestable richesse de l'abbaye de Combourg au Moyen-Age.
Composé de treize grandes plaques de cuivre dorées à l'or fin monté sur un support en bois l'oeuvre est imposante avec ses 77 cm de hauteur sur 177 cm de largeur.

L'antependium représente le Christ du "Jugement" entouré du tétramorphe au panneau central qui occupe toute la hauteur de l'autel. Autour de lui et à deux niveaux, les douze apôtres dans des postures hiératiques les visages tournés vers le Christ juge.  Chacun est drapé d'un long manteau plissé et porte dans les main soit un livre pour les évangélistes soit un phylactère pour les apôtres .Le traitement de la sculpture est légèrement archaïsant.




La mandorle qui entoure le Christ et chacun des panneaux des apôtres est surligné d'une bande d’émaux où les bleus et les rouges dominent. Au centre de ces bandes et a chaque intersections ont été fixés de larges cabochons avec des pierres semi-précieuses. Cette décoration d'émaux se retrouve également à l'auréole du Christ central pour en souligner encore la majesté. Une inscription latine finement exécutée ceinture le cadre de l'autel et la mandorle .


Cette oeuvre unique et exceptionnelle dans le sud de l'Allemagne est datée de 1130 , elle révèle la maîtrise d'un important foyer d'orfèvrerie dans cette partie rhénane et est d'avantage à rapprocher des grands ateliers mosans et du nord de l'Italie plutôt que de l'influence limousine. Elle n'a que peu d'équivalent dans la région si ce n'est le trésor d'Aix-la-Chapelle et celui de la cathédrale de Bâle, dont le magnifique devant d'autel est conservé à Paris au musée de Cluny.
Devant d'autel de la cathédrale de Bâle ( Paris-Musée de Cluny)

En dépit des difficultés de rendre en photographie toute la beauté de cette merveille heureusement préservée du vandalisme par une épaisse plaque de verre je ne peux qu'inviter au voyage et à la découverte de ce lieu magnifique et trop peu connu.

vendredi 9 juin 2017

Le tombeau du fondateur de Combourg et la florilège de la sculpture baroque.

La nef de l'abbaye est totalement baroque et c'est en vain que l'on y cherchera de trace de l'ancienne église puisque celle-ci a été totalement reconstruite jusqu’à intégrer dans le nouvel édifice les bases des tours romanes préservées.

Mais l'abbaye conserve encore de nombreux trésors de l’époque médiévale; le plus discret est sans doute le tombeau du fondateur de l'abbaye dans le chœur. Le tombeau en pierre a été peint lors de la décoration baroque de l'église.


Une décoration d'arcatures figurant les colonnes d'une église dont les arceaux reposent sur des chapiteaux cubiques, courent sur chaque coté du tombeau . Peut être y verra t'on le témoignage de la nef de l'ancienne église disparue. La dalle supérieure du tombeau  présente une belle décoration en relief comme une dentelle de pierre.


Je ferais une mention particulière à la fabuleuse décoration baroque de l'église de Combourg et en particulier celle qui orne les nombreux autels ou encore l'orgue et en particulier la chaire .






Rarement j'ai trouvé autant d'harmonie entre cet art roman que l'on associe souvent à une image de sobriété ( image trompeuse) et cette exubérance tempérée du baroque allemand. Tout semble excès à Combourg par le débordement des ors et des argents lumineux des personnages, débordement tempérés par l'emploi d'une couleur uniforme de blanc-gris qui recouvre les murs, les piliers et la voûte . Cette fabuleuse sculpture est due notamment à un artiste würtzbourgois  Balthazar Esterbauer. Cet artiste a en particulier sculpté les magnifiques personnages de la chaire figurant les péchés capitaux.

Il faudrait des heures pour détailler l'immense richesse de cette sculpture ce qui n'est pas le propos de ce blog, mais l'émotion que l'on ressent dans cette visite mérite bien quelques images.

Enfin nous découvrirons dans deux prochains billets les deux merveilles de l'abbaye; l'antependium et le lustre. J'espère que ces articles feront comprendre l'importance artistique de ce haut lieu qu'est Combourg, lieu qui semble totalement ignoré...


samedi 3 juin 2017

Le cloître ; la salle capitulaire et le lutrin de Combourg.

Retour à un weekend studieux après une escapade en Périgord et en limousin pour de prochains partages; je poursuis avec retard la visite du grand monastère de Combourg, qui réserve tant de surprise.
Je me dois aussi de faire part de la grande gentillesse de l'accueil de ce monument prestigieux, dont le gardien m'a autorisé une visite quasi confidentielle et exclusive, par ce jour gris d’août 2015 il n'y avait quasiment aucun visiteur, on me remit donc les clés de l'abbaye ou je pénétrai seul pour une visite inoubliable ! Imaginez découvrir  l'un des plus haut lieu de la chrétienté et de l'art avec pour seul écho les œuvres éblouissantes qu'il recèle. Peu d'autres pays que l'Allemagne offre un tel privilège et une telle confiance.

On accède à l'abbaye par le cloître dont il ne reste que le plan reconstitué, celui-ci ayant été détruit lors de la construction de l'église baroque. Le cloître disposition curieuse est située à l'ouest de l’église sous la tour principale et l'on peut penser qu'à l'origine il faisait plutôt fonction d'atrium comme dans d'autres église d'Allemagne tel Essen ou les grandes églises de Lombardie.On peut regretter la disparition de ce cloître par les modestes reliefs qui en subsistent, déposés dans l'une des galeries. Des colonnes doubles sur chapiteaux à  feuillages et trois chapiteaux mutilés richement décorés de motif floraux ou animaliers.





La salle capitulaire cependant a été conservé en particulier sa belle galerie à chapiteaux romans avec tailloirs en marteau et chapiteaux cubiques simplement décorés d'un simple sur-lignage et de de décor en damier à la base du tailloir. La salle capitulaire comporte sur tout ses murs les pierres tombales gothiques et renaissance des illustres membres des familles nobles qui ont appartenues à l'abbaye.




Au centre de la salle on peut admirer un magnifique lutrin en pierre du XIIe siècle dont la base repose sur quatre colonne en pierre avec chapiteaux cubiques, oeuvre rare qui mérite d’être signalée .