vendredi 1 juin 2018

Le cloître de Cavaillon.





Le petit cloître de la cathédrale est établi sur la face sud de l'église il suit un plan irrégulier rectangulaire comme celui d'Arles. C'est peut être l'un des cloîtres les plus modestes des grandes églises de Provence, mais il y règne un charme certain.



Les quatre galeries sont couvertes d'un berceau brisé renforcés par des doubleaux supportés par des consoles.



Les baies en plein cintre ouvrent sur le préau on en compte six pour la galerie nord, cinq au sud et quatre à l'est et à l'ouest. Coté promenoir les pilastres retombent sur des chapiteaux et des colonnettes portées par un mur bahut.


La plupart de ces chapiteaux sont très dégradés, peu être lors des saccages des troupes protestantes. On devine cependant quelques chapiteaux historiés et de beaux chapiteaux à feuillages qui datent de la première construction de ce cloître au XII° siècle, lequel, en dépit des destructions et de remaniements conserve une harmonieuse homogénéité.



Dans l'une des galeries est conservé une belle épitaphe traduite savamment par Robert Favreau.
J'en livre seulement la traduction car le texte est délicieux.








dimanche 27 mai 2018

La cathédrale de Cavaillon, un modèle peu connu de l'art roman en Provence.

On ne sait que très peu de chose sur les origines de sa fondation qui pourrait être ancienne comme en atteste la découverte d'une table d'autel mérovingienne conservée au musée de la ville et la légende de sa fondation par Saint-Véran évêque au VI° siècle.


L'église actuelle est essentiellement du XII° bien que largement remaniée après les destructions des troupes protestantes du Baron des Adrets. Derrière une façade moderne on découvre cependant un monument assez homogène et peu connu. En particulier une belle nef romane de cinq travées avec une coupole sur trompes et une abside polygonale.



Bien que recouverte d'un épais badigeon de couleurs très vives au XIX° siècle le décor de la nef laisse découvrir un beau décor sculpté essentiellement fait de feuillages à l'exception des symboles des quatre évangélistes aux trompes de la coupole. Des 24 chapiteaux de la nef certains sont modernes ou on été retaillés mais pour ceux d'origine il faut admettre une belle maîtrise de l'art du sculpteur qui rappelle celui d'Aix-En-Provence. On remarquera aussi sur l'une des colonne la présence d'un serpent sculpté qui semble remonter le long de la colonne dans un mouvement complexe.



A l’extérieur la lecture de l'édifie est plus aléatoire, la façade est refaite et le clocher octogonal qui est lui d'origine et a pour particularité d’être fondé sur une souche circulaire mais on lui a adjoint au XV° une autre tour pour recevoir l'horloge et qui en dénature l'ensemble. Un élément remarquable cependant est la présence d'un frise sous la corniche de la nef composée pour une grande partie de rinceaux d'acanthes et de petits panneaux décoratifs peu visibles qui Offre des similitudes avec d'autres édifices à Avignon ou à Aix.




C'est par le chevet qu'il faut terminer cette visite,car c'est la partie la plus homogène mais aussi la plus authentiquement romane de l'édifice.






C'est sans doute aussi le plus tardive, de la fin du XII°. L'abside pentagonale est tapissées d'arcades aveugles moulurées avec des petites roses et des boutons dans les archivoltes. Ses angles sont marquées de belles demi-colonnes cannelées avec de superbes chapiteaux à larges feuilles. L'ensemble, très harmonieux et abouti est caractéristique
des modèles provençaux et du goût de l'antique dans la deuxième partie du XII° siècle.


lundi 21 mai 2018

Cavaillon avant les romains et le site de Saint-Jacques.

C'est de la colline Saint-Jacques qui domine la ville que l'on comprend mieux le choix et le développement de la ville de Cavaillon.

La ville est devenue à l'époque romaine un important centre urbain vers l'Italie mais fut l'objet d'une occupation dés l’époque préhistorique.
Jean-Paul Clébert dans son intéressant ouvrage sur la Provence antique est un des premier à avoir remarque la réutilisation presque systématique des sites pré et proto-historiques par les celtes puis par les romains et ensuite de la christianisation de la Provence par un chapelet d'églises et de chapelles.

Cavaillon s'est déployé tardivement au pied de la colline saint-Jacques dont les abruptes falaises offrent une vue remarquable sur la ville actuelle qui tire son nom du premier oppidum des gaulois Cavares.

Au pied de la colline on peut encore découvrir le charmant arc de triomphe et la cathédrale objet de mon prochain billet.


La chapelle Saint-Jacques conserve le chevet du XII° siècle à plan pentagonal typique de l'art roman provençal très homogène et en bel appareil.





samedi 5 mai 2018

Notre-Dame du Groseau; à la source des celtes.


La petite chapelle de Notre-Dame du Groseau occupe une vallée remarquable par sa beauté au pied du Mont Ventoux et de la commune de Malaucène; malheureusement menacée par un projet immobilier de ces horribles lotissements tentaculaires qui enlaidissent tant la Provence.

Le lieu est attesté des la plus haute antiquité, avant même l'arrivée des romain par la présence d'un lieu de culte de la divinité Groselos attachée à la garde des eaux et des sources si précieuses.
L'église conserverait encore un pilier votif dans son chevet. Je profite à nouveau ainsi de cette opportunité pour signaler l'importance des lieux de cultes païens investis par les églises chrétiennes marquant ainsi la persistance du mysticisme attaché à ces lieux si particuliers.

Un premier établissement chrétien aurait été édifié en 683 par l’évêque de Vaison dédié aux Saints Victor et Pierre jusqu’à ce que le lieu soit rattaché en 1059 à l'abbaye marseillaise de Saint-Victor. C'est vraisemblablement à partir de cette période que l'église fut reconstruite et ce que l'on découvre aujourd'hui date essentiellement de la deuxième partie du XII° siècle.

J'ai longtemps cherché à visiter cette petite chapelle intrigante par sa forme quarré surmontée d'un petit clochetons, mais elle était toujours fermée jusqu'à une restauration récente et une ouverture heureuse au public.


L'église actuelle ne conserve de l’époque romane que son abside et la dernière travée de la nef et a été fort remaniée surtout extérieurement aux siècles suivants.




Mais à l'intérieur on est surpris de découvrir une exceptionnelle coupole octogonale qui coiffe le massif cubique du chœur. L'ouvrage est en tout point remarquable par la perfection de son appareillage et sa réalisation qui semble agrandir l'espace pourtant exigu de la nef.







 Un bandeau orné de palmettes se retrouve à sa base  et les angles sont ornés de petits pilastres cannelés selon le gout pour l'antique propre à la région. Les trompes sont ornées des symboles des évangélistes .





 On devine encore quelques motifs sculptés qui l'interieur de l'église faits d'animaux et de têtes d'hommes ou encore un bel agneau pascal à la travée du chœur qui augmente la nef.












On peu rattacher ce charmant édifice à d'autres dépendance de Saint-Victor comme Saint-Symphorien de Bonnieux ou Saint-Germain de Faucon plus au nord.

Je profite également de cet article pour partager le lien de ceux qui se battent pour la sauvegarde de ce lieu merveilleux. Je ne peux que regretter dans notre pays le peu de cas qui est fait de la valeur de tel sites.

Pétition pour la sauvegarde du site du Groseau