dimanche 23 juin 2024

Saint-André de Mitrois en Ardèche.


Il faut regarder une carte en relief pour comprendre la situation privilégiée de Saint-Montan sans doute depuis que l'humanité s'est installée dans cette région. Le Rhône semble suivre un cours plus irrégulier et former des îlots fertiles entre lui et les collines pierreuses et arides des montagnes ardéchoises. Les plus anciennes populations d'Europe se sont installées successivement sur ce territoire comme en témoigne la grotte Chauvet située non loin, et les innombrables vestiges néolithiques puis gaulois et enfin romains.

C'est sans doute à cette implantation romaine que l'on doit l'actuel vocable de la chapelle dédiée à Saint-André de Mitroys ou Mithroys ou encore de Mitrois (Mitresium). Ce vocable original aurait pour origine la vénération du dieu Mithra très en vogue en particulier parmi les vétérans des armées romaines auxquels il était d'usage de distribuer des terres  De là à penser que ce Dieu était vénéré particulièrement dans cette région, il n'y qu'un pas à franchir ; ce qu'attestent de nombreux vocables locaux, mais aussi des témoignages archéologiques comme une sculpture de Mithra bien visible, non loin de là, à Bourg-Saint-Andéol près d'une source sacrée.

La présence d'un temple chrétien sur un ancien lieu de culte Mithriaque n'est pas une exception ici et est attestée dans nombreux autres lieux sacrés. Sans prendre le temps de développer ce qui a fait l'objet d'importantes études et d'ouvrages, il semble qu'il y ait eu dès les premiers temps  de la chrétienté, une relation d'amour haine entre les deux religions. Avec quelques points communs comme, leur origine orientale ou la vénération d'un dieu unique. Mais aussi beaucoup de différences.

Ce qui est évoqué, est aussi une destruction systématique et méticuleuse des lieux et des signes de ce culte par les premiers chrétiens et la construction d'églises comme des boucliers sur les anciens sanctuaires.

Cette question reste encore débattue bien sûr comme beaucoup de choses en archéologie et je vous donnerai quelques liens pour poursuivre la réflexion. Une fois de plus, la nouvelle religion s'installe sur un ancien lieu de culte et se l'approprie.

La première mention de l'église Saint-André apparait sur un document de donation au profit de l'évêque de Viviers, sous la dépendance de laquelle elle restera. Il apparaît que l'église avait une réelle importance. Ce que l'on voit à l'apparence l'apparence d'une chapelle ; mais était en réalité une véritable église paroissiale en particulier après la réunion du lieu avec Saint-Montan.

Si elle semble échapper aux destructions des guerres er de la Révolution elle sera peu à peu désaffectée au profit de l'actuelle église du village jusqu'à tomber dans l'oubli envahi par le lierre et la végétation et devra dans les années soixante dix  grâce à l'association des amis de Saint-Montan et à la Société de Sauvegarde, sa résurrection.




L'édifice actuel est implanté auprès d'un ancien cimetière, séduit par son charme et son équilibre. Il est formé d'une nef unique à trois travées fermées par une abside semi-circulaire en cul-de-four.

L'église serait essentiellement du XIIe, mais certaines parties du XIe siècle se distinguent par la nette différence de l'appareillage en partie basse des murs et en élévation. Les contreforts ; eux ont été ajoutés au XVIIe ainsi que le clocher



On est surpris du faible nombre d'ouvertures et en particulier au niveau de l'abside, où seul une ouverture apparaît, à moins que d'autres aient été bouchés. Une autre fenêtre se trouve dans la nef. Toutes deux sont vraisemblablement du XIIe ; une troisième ouverture en forme de meurtrière au début de la nef pourrait être du XIe. Enfin, dans l'axe de la nef et au niveau du mur diaphragme il y a une autre ouverture en forme de croix.




Fait notable, aucune ouverture n'apparaît dans le mur nord, où pousse une végétation de rocaille.



L'église était fermée et, en dépit de trois tentatives de visites, je ne désespère toujours pas de la découvrir entièrement. Elle devait cependant me réserver une surprise que je n'avais pas remarqué auparavant. Ce qui me conforte dans l'idée qu'il faut souvent revenir sur ses pas pour approfondir sa visite, mais aussi s'enrichir de la beauté de l'instant.

dimanche 19 mars 2023

L'abbaye d'Hexham une beauté gothique aux vénérables origines.


 Ma route me conduit enfin à Hexham, la plus grande ville historique du centre du Northumberland et située à la fois à proximité du mur d'Hadrien et de la Tyne.

On imagine mal aujourd'hui l'importance de cette ville, au point que l'un des plus grand saint du haut Moyen Age Anglais y installera une fondation d'importance qui sera un temps un siège épiscopal.

Saint Wilfrid avec l'aide du roi Oswiu de Northumbrie va en effet installer ici, une église entre les années 674 et 678, église qui est aujourd'hui dédiée à saint Andrews. C'est ainsi une des plus anciennes fondations chrétiennes d'Angleterre qui démontre ce qui n'est pas sans intérêt que la christianisation de l'Angleterre à commencer par le nord et l'ouest pour ensuite glisser jusqu'au sud.

Autre fait d'importance, Hexham démontre la prééminence de la règle Bénédictine et Romaine sur toutes les autres formes de christianisation. En effet avec le concile de Withby Saint Wilfrid impose la règle romaine. Il faut se rappeler que les premiers chrétiens d'Angleterre étaient loin d'être unis ou du moins avaient des conceptions très diverses du culte. C'est cette diversité que combattait l'Eglise Romaine et qui s'impose à Withby avec Saint Wilfrid.

Malgré cet ancien passé il ne reste que peu de chose d'immédiatement visible de cette époque; sauf peut-être l'ancienne porte de l'abbaye romane qui date vraisemblablement du XIIe.



L'église est pour le reste essentiellement gothique , d'un bel et homogène architecture gothique anglaise inspirée par la cathédrale de Noyon.



On y admirera de cette époque, de nombreux éléments forts remarquables, comme les stalles de bois peint et le lutrin du chœur que je n'ai pu m'empêcher de partager ici ils datent du XVe.



Au nord du chœur, séparant une chapelle on peut aussi découvrir un curieux monument qui forme comme un mur mais constitué d'éléments sculptés hétérogènes. c'est comme si des pierres d'époques variées avaient été assemblées pour former un mur de clôture de cette chapelle.



Certains de ces éléments pourraient être romans et provenir de l'église fondée par les Normands dont ils ne restent que peu de traces sauf le plan de l'église actuelle; D'autres éléments sont nettement gothiques, comme une curieuse pietà et un singe musicien.




Les sculptures de la partie basse forment  des tableaux savoureux et humoristiques propres à l'esprit sarcastique du Moyen Age. On y reconnait des musiciens comme un joueur de harpe et de cornemuse qui on peu leur place à l'intérieur d'une église tant les musiciens étaient mal considérés à cette époque.





Un curieux personnage accroupi, les jambes écartées qui semble exhiber son sexe et entre les jambes duquel apparaît une tête démoniaque. Peut-être une forme de représentation de Sheela na gig que l'on retrouve dans un certain nombre d'églises Anglo-saxonnes.


Une autre sculpture représente un renard enseignant aux oies, une critique à peine voilée de la concupiscence des représentants de l'Eglise, car à la fin ce ne sont pas les oies qui l'emportent. Mais vous le découvrirez, il y a bien d'autres surprises qui nous attendent dans cette belle abbaye.


Google translate:


My way finally takes me to Hexham, the largest historic town in central Northumberland and located near both Hadrian's Wall and the River Tyne.It is difficult to imagine today the importance of this city, to the point that one of the greatest saints of the early English Middle Ages will install an important foundation there which will be for a time an episcopal see.Saint Wilfrid with the help of King Oswiu of Northumbria will indeed install a church here between the years 674 and 678, a church which is now dedicated to Saint Andrews. It is thus one of the oldest Christian foundations in England which demonstrates what is not without interest that the Christianization of England starting with the north and the west and then sliding to the south.Another important fact, Hexham demonstrates the pre-eminence of Benedictine and Roman rule over all other forms of Christianization. Indeed with the council of Withby Saint Wilfrid imposes the Roman rule. It must be remembered that the early Christians of England were far from united or at least had very diverse conceptions of worship. It is this diversity that the Roman Church was fighting and which imposed itself on Withby with Saint Wilfrid.Despite this ancient past, there is little that is immediately visible from this period; except perhaps the old door of the Romanesque abbey which probably dates from the 12th century.The church is for the rest essentially Gothic, of a beautiful and homogeneous English Gothic architecture inspired by the cathedral of Noyon.You can admire many remarkable elements from this period, such as the painted wooden stalls and the choir lectern, which I couldn't help but share here. They date from the 15th century.

To the north of the choir and separating a chapel, one can also discover a curious monument which forms like a wall but consists of heterogeneous sculpted elements. it is as if stones from various periods had been assembled to form a wall enclosing this chapel.Some of these elements could be Romanesque and come from the church founded by the Normans of which only a few traces remain except the plan of the current church; Other elements are distinctly Gothic, such as a curious pietà and a musical monkey.The sculptures of the lower part form tasty and humorous pictures specific to the sarcastic spirit of the Middle Ages. We recognize musicians there, such as a harp and bagpipe player who could not find their place inside a church, as musicians were poorly considered at that time.A curious squatting character, legs apart who seems to show off his penis and between whose legs appears a demonic head. Possibly a form of representation of Sheela na gig found in a number of Anglo-Saxon churches.Another sculpture depicts a fox teaching the geese, a thinly veiled criticism of the concupiscence of Church officials, for in the end it is not the geese that prevail. But you will find out, there are many other surprises waiting for us in this beautiful abbey.

lundi 13 février 2023

St Michael and All Angels de Warden.

 


Le petit village de Warden est situé à quelques kilomètres de Hexham à proximité du mur d'Hadrien et conserve une petite église d'origine saxonne avec quelques témoignages intéressants de cette époque.

L'église serait une fondation du VIIIe siècle, un oratoire y aurait été bâti par l'évêque d'Hexham, comme beaucoup de constructions médiévales de la région elle emploierait des matériaux provenant des constructions romaines. La base de la tour daterait des Xe ou XIe siècle. L'église a été largement remaniée par la suite mais elle conserve à l'intérieur une belle porte saxonne sous le clocher actuel.




Cette porte avec ses chapiteaux moulurés est un des rares vestiges encore en place de la première église de Warden.








A l'intérieur du porche a été disposé, sans ordre véritable, divers éléments sculptés provenant de l'ancienne église dont parmi eux un fragment de croix. 



Mais deux sculptures méritent un intérêt particulier. 

Une large dalle sculptée figurant un homme entouré d'entrelacs, très effacée par les intempéries car elle était à l'extérieur de l'église. Il est difficile d'en déterminer la fonction. Il est évoqué un fragment d'autel ou une dalle funéraire ce qui parait le plus vraisemblable.



La datation ainsi que l'iconographie de cette sculpture localement surnommée, "l'homme de Warden";  restent incertaines faute de sources fiables  Il pourrait tout aussi bien s'agir d'un évêque ou d'un noble ou alors d'une image du Christ. Avec une datation entre le VIIIe et le début du XIe siècle.




Le deuxième élément d'intérêt est une grande croix saxonne dressée a proximité de l'église mais qui à été trouvée bien plus loin à l'origine. Cette croix à "tête de marteau" est le seul exemplaire de ce type trouvé dans le Northtumberland et sa forme pourrait la rattacher au XIe siècle selon le "Corpus of Anglo Saxon Stone Sculpture".




Il est difficile également de s'empêcher d'admirer le magnifique porche en bois de l'enclos paroissial, l'un des plus romantiques qu'il m'a été donné de voir. Et pour ceux qui aiment les frissons une curieuse pratique, consistant à protéger certaines tombes de cercles de fer pour empêcher le vol de cadavre.




Cet article fait suite à une longue interruption d'abord provoquée au mois de septembre par la mort de la Reine au moment même où je reprenais le cours de ces notes de voyage sur un pays auquel je suis tant attaché. Je ne cacherais pas aussi que je m'interroge encore sur l'avenir de ce blog sans doute trop peu interactif et que j'envisage d'en stopper le cours au profit d'autres supports.


Google Translate.


The small village of Warden is located a few kilometers from Hexham near Hadrian's Wall and retains a small church of Saxon origin with some interesting evidence from that time.The church would be a foundation of the 8th century, an oratory would have been built there by the bishop of Hexham, like many medieval constructions in the region it would use materials from Roman constructions. The base of the tower would date from the 10th or 11th century. The church was extensively altered later, but inside it retains a beautiful Saxon doorway under the current bell tower.This door with its molded capitals is one of the rare vestiges still in place of the first church of Warden.Inside the porch has been arranged, in no real order, various sculpted elements from the old church, among them a fragment of a cross.But two sculptures deserve special interest.A large carved slab depicting a man surrounded by interlacing, much erased by the weather because it was outside the church. It is difficult to determine its function. It is evoked a fragment of an altar or a funerary slab which seems most likely.The dating as well as the iconography of this sculpture locally nicknamed, "the man of Warden"; remain uncertain for lack of reliable sources It could just as well be a question of a bishop or a nobleman or else of an image of Christ. With a dating between the 8th and the beginning of the 11th century.The second element of interest is a large Saxon cross erected near the church but which was originally found much further away. This 'hammerhead' cross is the only such example found in Northtumberland and its shape could date it to the 11th century according to the 'Corpus of Anglo Saxon Stone Sculpture'.

It's also hard to stop admiring the magnificent wooden porch of the parish close, one of the most romantic I've ever seen. And for those who like thrills, a curious practice, consisting in protecting certain graves with iron circles to prevent the theft of corpses.This article follows a long interruption first caused in September by the death of the Queen at the very moment when I resumed the course of these travel notes on a country to which I am so attached. I wouldn't hide also that I still wonder about the future of this blog probably too little interactive and that I plan to stop the course in favor of other media.

mardi 23 août 2022

Chollerton et Corbrige deux petites villes du Northumberland.

Le pont sur la Tyne à Corbridge

Ma route qui poursuit le tracé du mur d'Hadrien traverse deux localités marquées par la présence romaine puis Anglo-saxonne et normande. 

Les vestiges médiévaux sont souvent peu nombreux et peu spectaculaires et souvent réemployés. Il en est ainsi des piliers de la nef de la petite église de Collerton placée sous le vocable de St-Giles.

*




Il ne reste presque rien d'autre d'une église pourtant attestée au XIe seulement quelques pierres réunies dans le porche, une table d'autel gothique gravée dans une dalle romaine, une singulière pierre tombale gravé d'un ciseau servant à tailler la laine, activité principale de la région pendant de longs siècles. Dans la nef un beau bénitier gothique tallé dans un bloc de calcaire surement romain.

De la période romane on peut encore trouver quelques fragments  de croix. L'un au-dessus du portail ouest et surtout dans le mur nord deux croix discoïdales. La présence de croix est très importante dans tout le nord de l'Angleterre comme vous le découvrirez.




Corbridge est une localité plus importante implantée un peu plus loin au sud. 

La ville est située à proximité d'un ancien fort sur le mur d'Hadrien où a été crée un beau musée. Son nom vient de l'association d'un mot d'origine celte Coria romanisé en Coriosopitum ou Corioritum et du pont qui franchit encore la Tyne.

Il est fait mention dès le VIIe siècle d'une fondation monastique voulue par Saint Wilfrid. L'église actuelle conserve encore de précieux témoignages de son passé en Anglo-saxon probablement VIIIe et IXe siècles.

Eglise de Corbridge.






De cette époque un bel arc en plein-cintre sous le clocher actuel typique de l'art saxon mais aussi d'intéressants restes de pierres sculptées.

Sous une des baies actuelle a été posé une croix gravée qui se trouvait peut-être au pignon de l'église  et surtout une  pierre avec en lettres latines un nom celui d'un certain (T)YRIC. Le nom  serait un prénom masculin en  vieil Anglais avec un lettrage peu courant dans la région d'après le "Corpus of Anglo-saxon Stone Sculpture".



Image "Corpus of Anglo Saxon Stone Sculpture" Vol I .


Je partage également cette image empruntée au Volume I du "Corpus of Anglo Saxon Stone Sculpture" qui montre de manière très visible ce nom gravé. 

Qui était Tyric, un fondateur, un commanditaire ou un maitre d'œuvre ? Il est impossible de répondre à cette question faute de sources mais une fois de plus cette mention est d'un immense intérêt. Ce qui est remarquable aussi c'est l'emploi de la langue latine finalement peu rependue; même dans les milieux lettrés car à cette époque l'emploi des runes anglo-saxonnes était bien plus courant.

L'édifice sera modifié à l'époque normande ainsi qu'en atteste la belle porte ouest romane avec ses archivoltes à chevrons reposant sur des chapiteaux à godrons typiques de l'architecture romane normande d'Angleterre.





L'église sera plus tard incendiée ainsi qu'en attestent les traces d'incendie à l'occasion des guerres menées par William Wallace puis grandement remaniée. D'autres fragments sculptés saxons et normands seraient réemployés dans des constructions voisines que je n'ai pu repérer à l'exception de cette belle croix dite " du marché" faite de pierres romaines.




 Google translate


My way  follows the route of Hadrian's Wall, crosses two localities marked by the Roman presence, then Anglo-Saxon and Norman.The medieval remains are often few and unspectacular and often reused. This is the case for the pillars of the nave of the small church of Collerton placed under the name of St-Giles.There is almost nothing else left of a church, however attested in the 11th century, only a few stones gathered in the porch, a Gothic altar table engraved in a Roman slab, a singular tombstone engraved with a chisel used to cut wool , the main activity of the region for many centuries. In the nave there is a beautiful gothic stoup carved out of a block of limestone that is surely Roman.From the Romanesque period we can still find some fragments of crosses. One above the west portal and especially in the north wall two discoidal crosses. The presence of crosses is very important throughout the north of England as you will discover.

Corbridge is a larger town located a little further south.The city is located near an old fort on Hadrian's Wall where a beautiful museum has been created. Its name comes from the association of a word of Celtic origin Coria romanized in Coriosopitum or Corioritum and the bridge which still crosses the Tyne.Mention is made as early as the 7th century of a monastic foundation desired by Saint Wilfrid. The current church still retains valuable evidence of its Anglo-Saxon past, probably the 8th and 9th centuries.

From this period a beautiful semi-circular arch under the current bell tower typical of Saxon art but also interesting remains of sculpted stones.Under one of the current bays was placed an engraved cross which was perhaps on the gable of the church and especially a stone with in Latin letters a name that of a certain (T)YRIC. The name is believed to be an Old English male given name with lettering uncommon in the region after the "Corpus of Anglo-Saxon Stone Sculpture".Who was Tyric, a founder, a sponsor or a master builder? It is impossible to answer this question for lack of sources but once again this mention is of immense interest. What is also remarkable is the use of the Latin language, which is not widely used in the end; even in literate circles because at that time the use of Anglo-Saxon runes was much more common.

The building will be modified in the Norman period as evidenced by the beautiful Romanesque west door with its chevron archivolts resting on gadrooned capitals typical of Norman Romanesque architecture in England.The church will later be burnt down as evidenced by the traces of fire during the wars led by William Wallace and then greatly remodeled. Other Saxon and Norman sculpted fragments would be reused in neighboring constructions that I could not locate with the exception of this beautiful so-called "market" cross made of Roman stones.

dimanche 14 août 2022

Quelques Hogbacks du Yorkshire et de Cumbria; descriptions et perspectives (seconde partie).

Le plus difficile est maintenant de tenter de décrire ces Hogbacks.

Alignement des célèbres Hogbacks de Brompton North Yorkshire.


Les pierres sont en général sculptées d'un seul bloc, sans excavation il est donc exclu qu'elles aient elles pu servir de sépulture comme un sarcophage. Leur forme allongée et étroite mais aussi le mouvement incurvé de la partie supérieure ont poussé les historiens à les comparer à des maisons. Ces pierres reproduiraient l'archétype de la maison scandinave.

La maison scandinave a en effet une forte portée symbolique, ce que souligne Catherine Yates. Maison commune elle est le lieu du rassemblements des guerrier mais aussi le lieu du serment aux seigneurs et de l'hommage aux dieux; elle est au cœur de la société nordique.

Catherine Yates cependant met en garde contre une interprétation seulement païenne; l'Hogback pour d'autres auteurs s'apparente aussi à un espace sacré, comme une forme de reliquaire avec lesquels on peut trouver bien des similitudes.

Collinwod, le premier à s'intéresser aux Hogbacks aura aussi cette intuition en les surnommant; " les maisons des morts".

L'intérêt pour la forme des pierres est utile à leur interprétation; des fouilles récentes en Scandinavie mais aussi des représentations de maisons sur des pièces de monnaies ou encore les images de la tapisserie de Bayeux montrent que la forme des Hogbacks devait avoir une importance et une signification particulière.

Il faut aussi à ce stade de la réflexion dire quelques mots de la décoration lorsqu'elle est encore visible. beaucoup de Hogbacks des motifs faisant penser à des éléments de toiture. On trouve des décorations semblables à des faitières parfois presque disproportionnées comme à Brompton où des ours ou des sangliers retiennent ce qui pourrait être la poutre maîtresse d'un toit ou encore à Burnsall où des têtes de dragons apparaissent à chaque angle de la grande pierre.

Hogback de Burnsall North Yorkshire.

Tête de dragon Hogback de Burnsall North Yorkshire.



Très souvent la partie incurvée de la pierre en forme de toit est  décorée de motifs réguliers en forme d'écailles ou de triangles souvent stylisés faisant comme une couverture de bardages. On le voit ainsi à Brompton, Burnsall, Gosforth ou Lastingham. Ces motifs réguliers peuvent prendre des formes plus sophistiquées de losanges ou d'entrelacs. Comme pour la " tombe du saint" de Gosforth ou encore à Low Dinsdale ou pour certains des Hogbacks de Brompton conservés à Durham.

Hogback dans le crypte de Lastingham North Yorkshire.


Hogback de Hexham Northtumberland.


Low Dinsdale, County Durham.


Au-delà de la forme du Hogback et de son rapprochement avec les maisons longues des peuples scandinaves, il faut aussi s'intéresser à leur décor sculpté. Celui-ci en effet est particulièrement intéressant mêlant des éléments traditionnellement attachés à la culture Scandinave mais aussi des éléments de décor typiquement Anglo-saxons et chrétiens.

Dans tous les cas ces monuments ne se comprennent que dans un contexte de christianisation des populations Scandinaves déjà mêlées avec les Anglo-saxons locaux.

La sculpture Scandinave est bien présente, par la représentation de dragons  ou d'ours ou de guerriers comme à Brompton, Burnsall ou Hexham. Les deux Hogbacks retrouvés à Gosforth et installés côte à côte sont fascinants. L'un a été baptisé la "tombe du guerrier" l'autre la "tombe du saint". Sur la première on ne retrouve en effet que des motifs en écailles et deux lignes de guerriers vraisemblablement sur un bateau, prêts pour l'affrontement. Le second plus haut que le précédent, présente un important décor d'entrelacs et à sa base un vaste tableau d'hommes nus mêlés à des serpents ou des dragons.

Gosforth au premier plan la "tombe du guerrier" et derrière la " tombe du saint"
.Cumbria.
Detail du Hogback du guerrier Gosforth, Cumbria.

" Tombe du saint" Gosforth, Cumbria.


Mais à une extrémité apparait une silhouette auréolée qui fait évidemment penser à la représentation du Christ.

Avant de la "tombe du saint" Gosforth, Cumbria.


Le Hogback d'Heysham que je n'ai pas visité, mais que décrit largement Thor Ewing présente aussi une scène d'hommes au milieu de bêtes sauvages qu'il rapproche de la légende de Sigmundr mais qui pourrait aussi être rapproché de celle de Daniel entre les lions dont on connaît au moins une représentation très ancienne sur une pierre Picte christianisée, en Ecosse.

Le décor d'entrelacs, est lui, très souvent présent parfois de manière très sophistiquée comme à Aspatria. Mais ce décor n'est pas typiquement Scandinave, il est  aussi un des éléments privilégiés de la culture Anglo-saxonne.

Hogback d'Aspatria, Cumbria.


Quelle synthèse provisoire et imparfaite tirer des multiples recherches faites sur ces pierres, recherches essentiellement visuelles et comparatives, faute de sources écrites ?

les Hogbacks sont des œuvres originales et uniques concentrées dans le nord de l'Angleterre et le sud de l'Ecosse avec de rares exceptions. Elles dateraient essentiellement du Xe siècle. Elles sont associées au culte des morts ou des héros mais en liens avec la religion chrétienne. Elles s'expliquent par la présence de Scandinaves venus d'Irlande soit des pays nordiques, essentiellement du Danemark.

 Ces hommes se sont durablement installés en Grande-Bretagne. Enfin ces pierres seraient également le témoignage d'une assimilation de ces peuples nordiques avec les Anglo-saxons installés dans ces régions.

Catherine  Yates souligne à cet effet le rôle important des archevêques d'York avec les rois Danois christianisés du vaste Dunelow et d'York. Les Hogbacks n'auraient pas seulement une dimension religieuse ou sociale mais une affirmation politique.

Ce que résume génialement Melinda Klayperson comme un " outil d'assimilation" entre les diverses populations de la région à cette époque.

Cet article bien imparfait, tente une brève synthèse de lectures que je vous invite à approfondir grâce aux liens qui suivent.  Je mesure à quel point il peut être présomptueux pour un homme étranger au sérail, de tenter de résumer des années de travail de chercheurs avertis. Mon objectif est toujours d'ouvrir des portes et aussi de partager l'intense émotion que j'ai ressentie en découvrant ces pierres pour la première fois. En particulier lorsque après une longue attente l'on m'a ouvert la modeste église de Brompton qui est le reliquaire de véritables trésors. 

Il est bien dommage que le " Monk Dormitory" de Durham qui réunit de nombreuses sculptures de la région ne permette pas une telle liberté de visite et de découvertes. 

Ce petit musée est en effet totalement hermétique, mieux gardé qu'une prison, il est impossible d'en rapporter aucune image personnelle et aucune ne semble disponible en ligne sans rétribution. Cette forme de privatisation d'un patrimoine universel me navre et j'aurais l'occasion de revenir sur ce sujet tout comme sur celui des Hogbacks lors de ma  description des églises où ils sont conservés et en général bien heureusement facilement accessibles.

Pour poursuivre la réflexion: 

- L'importante collection de l'Université d'Oxford "Corpus of Anglo Saxon Sculpture"

- l'article de Catherine Yates " The Tenth-Century Hogback Stones of Northern England and their Political and Social Context"

- l'article de Thor Ewing " Understanding the Heysham hogback: A tenth-century sculpted stone monument and it context".

- L Abrams " The Problem of the Hogback".

- J T Lang " The Hogback: A Viking Colonial Monument" dans Anglo-saxon Studies in Archaelogy ans History, 3 (1984) p 88-176.

la plupart de ces articles et l'imposante collection du Corpus of Anglo Saxon Sculpture sont consultables en ligne et vous pouvez également consulter quelques liens. La liste n'est pas exhaustive.

https://teessidepsychogeography.wordpress.com/category/hogback/?fbclid=IwAR1nfzbKVqBKtXDgTc-i2ArGxDDIbZkk_mvO2AaxgErwrBGTGu6EhcghUPM


https://howardwilliamsblog.wordpress.com/2015/01/13/brompton-hogbacks-and-more/?fbclid=IwAR1BD3o5nhq5e_kSvktllr10x0VO4wlud1VR_g3kqjlU0vvD2JgopN3ne_Q


http://www.klayperson.com/hogbacks/?fbclid=IwAR3YxQ_7IwNSOYkNXgAp0DvP-Ce9LuNVT365zgqSuAjNA1Qx-Fez0s2GBYU


Google translate.


The hardest part now is trying to describe these Hogbacks.The stones are generally carved from a single block, without excavation it is therefore excluded that they could have served as a burial place like a sarcophagus. Their elongated and narrow shape but also the curved movement of the upper part have led historians to compare them to houses. These stones would reproduce the archetype of the Scandinavian house.The Scandinavian house has indeed a strong symbolic significance, which Catherine Yates underlines. Common house it is the place of the gatherings of the warrior but also the place of the oath to the lords and the homage to the gods; it is at the heart of Nordic society.Catherine Yates however warns against a purely pagan interpretation; the Hogback for other authors is also akin to a sacred space, like a form of reliquary with which we can find many similarities.Collinwod, the first to be interested in the Hogbacks will also have this intuition by nicknaming them; "houses of the dead".The interest in the shape of the stones is useful for their interpretation; recent excavations in Scandinavia but also representations of houses on coins or images of the Bayeux tapestry show that the shape of the Hogbacks must have had a particular importance and meaning.It is also necessary at this stage of the reflection to say a few words about the decoration when it is still visible. many Hogbacks have patterns reminiscent of roofing elements. There are decorations similar to ridges sometimes almost disproportionate as at Brompton where bears or boars hold back what could be the main beam of a roof or at Burnsall where dragon heads appear at each angle of the large stone.

Very often the curved part of the stone in the shape of a roof is decorated with regular patterns in the form of scales or triangles, often stylized, forming a covering of cladding. We see it in Brompton, Burnsall, Gosforth or Lastingham. These regular patterns can take more sophisticated forms of diamonds or interlacing. As for the "grave of the saint" of Gosforth or in Low Dinsdale or for some of the Hogbacks of Brompton preserved in Durham.Beyond the shape of the Hogback and its connection with the longhouses of the Scandinavian peoples, we must also take an interest in their carved decoration. This one is indeed particularly interesting mixing elements traditionally attached to the Scandinavian culture but also elements of decoration typically Anglo-Saxon and Christian.In any case, these monuments can only be understood in a context of Christianization of the Scandinavian populations already mixed with the local Anglo-Saxons.Scandinavian sculpture is very present, with the representation of dragons or bears or warriors as at Brompton, Burnsall or Hexham. The two Hogbacks found in Gosforth and installed side by side are fascinating. One was baptized the "tomb of the warrior" the other the "tomb of the saint". On the first one finds indeed only patterns in scales and two lines of warriors probably on a boat, ready for the confrontation. The second, higher than the previous one, presents an important decoration of interlacing and at its base a vast picture of naked men mixed with snakes or dragons.But at one end appears a haloed silhouette which obviously brings to mind the representation of Christ.

The Hogback of Heysham which I have not visited, but which Thor Ewing descri


bes extensively also presents a scene of men in the midst of wild beasts which he relates to the legend of Sigmundr but which could also be related to that of Daniel between the lions of which we know at least one very ancient representation on a Christianized Pictish stone, in Scotland.The interlacing decor is very often present, sometimes in a very sophisticated way, as at Aspatria. But this decor is not typically Scandinavian, it is also one of the privileged elements of Anglo-Saxon culture.

What provisional and imperfect synthesis can be drawn from the multiple researches made on these stones, essentially visual and comparative researches, for lack of written sources?the Hogbacks are original and unique works concentrated in the north of England and the south of Scotland with rare exceptions. They date mainly from the 10th century. They are associated with the cult of the dead or heroes but in connection with the Christian religion. They can be explained by the presence of Scandinavians from Ireland, that is from the Nordic countries, mainly from Denmark.These men settled permanently in Great Britain. Finally, these stones would also be the testimony of an assimilation of these Nordic peoples with the Anglo-Saxons who settled in these regions.Catherine Yates emphasizes in this regard the important role of the archbishops of York with the Christianized Danish kings of vast Dunelow and York. The Hogbacks would not only have a religious or social dimension but a political affirmation.What Melinda Klayperson sums up brilliantly as a "tool of assimilation" between the various populations of the region at that time.

This very imperfect article attempts a brief synthesis of readings that I invite you to deepen thanks to the links that follow. I measure how presumptuous it can be for a man outside the seraglio to attempt to sum up years of work by knowledgeable researchers. My goal is always to open doors and also to share the intense emotion I felt when I discovered these stones for the first time. Especially when after a long wait they opened the modest church of Brompton to me, which is the reliquary of real treasures.It is a pity that the "Monk Dormitory" in Durham, which brings together many sculptures from the region, does not allow such freedom of visit and discovery.This small museum is in fact totally hermetic, better guarded than a prison, it is impossible to bring back any personal image and none seem to be available online without payment. This form of privatization of a universal heritage saddens me and I will have the opportunity to come back to this subject as well as to that of the Hogbacks during my description of the churches where they are kept and in general, fortunately, easily accessible.