Il y a deux façons d'aborder l’église, soit de grimper les marches qui accèdent au portail sud, soit de la découvrir par l’ouest et le petit cimetière qui l’entoure.
La première fois que je l’ai visité j’ai choisi l’évidence
de l’escalier mais cette fois-ci j’ai préféré l’autre chemin a peine plus long,
mais qui permet d’en comprendre complètement le plan. Un plan relativement
simple et classique surtout pour nombre d’église de cette partie du couloir
rhodanien et du Languedoc. Mais les dimensions de l’église sont cependant bien
supérieures à bien d’autres de la région.
L’église à nef unique présente trois étagements, une nef a deux
travées avec le chœur et l’abside en retrait successif.
Tel que nous la découvrons, nous n’imaginons pas les
transformations qu’elle a subie depuis sa redécouverte au XIXe siècle, depuis
que Prosper Mérimée, mais il ne fut pas le seul, en mesura l’immense intérêt.
On imagina en effet de lui ajouter un important clocher qui
alla même jusqu’à menacer la nef et qui fut supprimé au début du XXe siècle
pour le remplacer par l’actuel clocher-mur de la façade ouest. Le portail fut
aussi intensément modifié mais nous y re viendrons plus tard.
Manifestement la décoration des murs sud et nord et celle du
chevet ne fut pas modifiée et miraculeusement préservé des destructions des
guerres de religion puis de la révolution. Cette partie de l’église, à l’exception
du portail est sans aucun doute la plus extraordinaire par sa richesse, sa
variété et le gout de la couleur naturelle des pierres qui, partout, explose au
regard
Je ne suis pas loin de partager l’avis de Raoul Bacconier
qui a cru reconnaitre ici la présence de deux ateliers de sculpture, l’un
consacré au portail et certains chapiteaux du chevet et de l’intérieur et l’autre
au traitement de la magnifique corniche des murs et du chevet. Il y a en effet
une différence de style indéniable.
La corniche des mur sud et nord déjà complexe atteint un plus haut degré au chevet que sépare quatre lesènes bichromes ornés chacun de motifs différents souvent végétaux mais o on pourra reconnaitre un fil à plomb de maçon. Au-dessus de chaque lesène ont été sculptées des demi-colonnes sur des chapiteaux en guise de transition, chapiteaux habilement sculptés et qui rappellent les sculptures du portail.
La corniche superpose une accumulation de motifs sculptés,
avec des bandes de losanges et de dents d’engrenage supportée par des modillons
se terminant par des têtes humaines ou animales parfois fantastiques. Dernier niveau,
sous la toiture on admire une profusion de sculptures inspirés peut-être de la
faune et de la flore locale mais aussi avec de nombreux objets du quotidien des
sculpteurs.
Ces sculptures sont à rapprocher de la corniche de l’église
proche de Chambonas.
Enfin partout domine l’alternance de la couleur des pierres
en particulier aux fenêtres, avec un choix souvent méthodique et précis dans l’agencement
et l’alternance de la maçonnerie.
Une fois de plus cette église conforte mon opinion selon
laquelle et contrairement à une idée admise depuis peu, toutes les églises
médiévales n’étaient pas enduites, mais que les bâtisseurs médiévaux avaient
autant le gout de la pierre naturelle que celui de la pierre peinte.


































.jpg)




















