samedi 15 août 2026

Les fonts baptismaux de Bro.

 


Les fonts baptismaux de l'église de Bro sont sans doute l'œuvre romane majeure que conserve cette église.

Cette œuvre préfigure ce qui sera souvent le fil directeur de ce blog consacré aux églises de Gotland où l'on retrouve dans presque chacune des fonts baptismaux sculptés de l'époque médiévale.

Les auteurs qui se sont attachés à cette description en particulier l'historien Roosval et à sa suite Colin Stuart Drake dans son ouvrage monumental consacré aux fonts baptismaux du nord de l'Europe et de la Scandinavie on distinguait la présence de plusieurs ateliers de sculpture rattaché à des maîtres sculpteurs, selon la forme de la sculpture mais aussi la décoration propre des fonds et le style de chacun.

Je n'aurais pas à l'outrecuidance de contredire les travaux de ces historiens remarquables mais il faut observer que sur l'île un seul de ces fonds porte encore une signature d’un artiste, et ce ne sont pas ceux de Bro.

Il faut cependant reconnaître le très grand nombre de ces œuvres pour une île aux dimensions finalement relativement modestes, traduit à la fois un intense travail de production sans doute en raison de la qualité de la pierre locale utilisée et qui sera exportée tout autour de la Baltique et également un intense phénomène de christianisation de l’ile.

Peu de régions en effet en Europe à l'exception peut-être des îles britanniques offre une telle variété et quantité de fonts baptismaux.

Les fonts de Bro appartiennent au type de fonts en forme de calice ou de coupe, la base ou le piédestal de forme carrée soutien une cuve de forme cylindrique le tout d'une hauteur de plus d’un mètre.



La base de la cuve présente une forme tronconique Dépourvu de sculptures tandis que la totalité des autres parties des fonts baptismaux sont sculptés

Il faut remarquer la présence d'un couvercle en bois sculpté légèrement plus récent que la cuve ;il est daté du 13e siècle et etait destiné à protéger le précieux liquide lorsque la cuve n'était pas utilisée. Les sculptures du couvercle en forme de château pourraient être en fait une représentation de la Jérusalem céleste.

La hauteur de cette œuvre ne permettait pas une immersion totale sauf pour de jeunes enfants mais était suffisante pour une immersion partielle des baptisés.

Dans son état actuel les fonts de Bro sont totalement recouverts de peintures assez grossières, il faut bien le dire, où les tons bleus de jaunes et de noirs dominent. Ces peintures sont des ajouts postérieurs à la réalisation de la cuve mais il est vraisemblable que celle-ci était totalement peinte dès l'origine.


La représentation des scènes gravées est assez commune à beaucoup de fonts baptismaux de l'île de Gotland. La plupart représentent des scènes de la vie ou de l'enfance du Christ et finalement très peu de représentations tirées de la tradition nordique qui apparaissent cependant de manière marginale à la base.

La cuve est ornée de trois tableaux l'un figurant le christ entre les apôtres, le deuxième l'archange Michel terrassant le dragon et la troisième la descente du Christ aux enfers. On peut remarquer qu'il n'y a pas de véritable cohérence entre ces trois représentations.








A la base, carrée, sont finement sculptées, à chaque angle quatre figures, on reconnait la Vierge et l'enfant, saint Pierre, un évêque avec sa crosse et un autre personnage peut-être un saint ou le donateur et pourquoi pas l'artiste lui-même. Sur la partie plane du socle des scènes plus libres qui pourraient être inspirées des traditions nordiques: un chevalier en armure, un cerf, un arbre de vie et un centaure avec une hache sur l'épaule coiffé d'un curieux bonnet.












Venons en, enfin, à l’artiste auquel cette œuvre est attribuée, un certain Sigraf.

Cet artiste s'inscrit dans une longue lignée de sculpteurs et il lui est attribué plus d'une douzaine d'œuvres reconnaissables par leur style parfois au-delà de l'île de Gotland. Son style serait remarquable par le relief accentué des sculptures le choix de motifs de toges plissées assez répétitifs et de visages expressifs de forme ovale avec des yeux étirés ou en amande l'emploi de décors narratifs et d'animaux fantastiques contrairement à d'autres maîtres plus austères.

Toutefois ayant l'absence de toute source épigraphique historique confirmant cette hypothèse il convient d'être prudent avec l'attribution de plusieurs de ces sculptures dont les fonds de Bro à un seul et même artiste.

Les auteurs s'accordent enfin pour dater cette œuvre de l'extrême fin du 12e siècle voire du tout début du 13e siècle période pendant laquelle l'art roman s'attarde encore en particulier dans l'Europe du Nord

Ce type de fonts baptismaux de même que les représentations qui y figurent s'inscrivent dans un vaste ensemble de sculptures sur toute l'île avec beaucoup de similitudes comme vous le découvrirez par la suite

Je me tiens bien entendu à votre disposition, si vous souhaitez, pour vous communiquer des liens bibliographiques. L'essentiel pouvant être retrouvé dans le site très complet hébergée par le site du musée historique de Stockholm où malheureusement les descriptions sont un peu sommaires ou encore l'ouvrage the Colin Stuart Drake très difficilement disponible hélas, et en anglais et l'ouvrage en suédois d'Everet Lindkvist, livre que j'ai découvert sur l'île car celui-ci est présent dans presque toutes les églises de Gotland et peut-être acheté assez facilement au musée de Visby.


mardi 28 juillet 2026

Bro; une église plusieurs fois sacrée (deuxième partie).

 


L'histoire de la petite église de Bro est plusieurs fois remarquable.

Bâtie au XIIe siècle puis agrandie par la suite, son origine est bien plus ancienne car comme souvent les premiers chrétiens ont choisi un site préchrétien pour l'édifier à proximité de ce qui était vraisemblablement une source sacrée, mais également un arbre dont le tronc aurait été enfermé dans le mur ouest et dont les racines ressurgiraient parfois.

Bien que je n'ai pas pu constater la présence de cet arbre, une partie de cette légende est encore bien visible à la base du clocher : une pierre gravée de trois grands disques solaires et d'un bateau finement stylisé avec des rameurs. Cette magnifique pierre aujourd'hui couchée devait être dressée en position verticale. Elle est datée entre les V et Vie siècle et est un remarquable exemple d'une sculpture déjà parfaitement accomplie avec manifestement une forte portée symbolique.








Ce qui est tout aussi remarquable, c'est le respect et peut-être aussi la forme d'admiration que les nouveaux bâtisseurs avaient pour cet objet sacré, en l'intégrant au nouveau dogme ces reliques du passé, c'est comme s'ils voulaient s'en approprier les pouvoirs symboliques autant que spirituels.

L'église chrétienne sera également plus tard le centre d'un pèlerinage important et réputé dans tout le nord de l'Europe en raison de la détention d'une partie de la Vraie Croix, vocable sous lequel elle a été placée. C’est sans doute en raison de l'afflux de pèlerins qu'elle a été agrandie au XIIIe.

A l'intérieur, les volumes restent modestes. La nef présente le plan d'une église-halle avec un chœur plus étroit.



La décoration intérieure est remarquable et d'une grande richesse, comme dans beaucoup d'autres églises de l'île. On remarque quelques fresques gothiques et baroques, un magnifique mobilier du XVIIe et XVIII en particulier la chaire ou les bancs des fidèles.







Une attention particulière doit être portée à trois éléments qui semblent les plus anciens. Une armoire liturgique en bois encastrée dans le mur du chœur et une belle vierge en bois vraisemblablement du XIVe ou du XVe siècle.






Et surtout une magnifique descente de croix qui pourrait, par son style, dater et être contemporaine à la première église romane.



Si on ajoute à cela les magnifiques ferrures de la porte d'entrée, on est marqué par la qualité et la diversité des talents des artistes de Gotland, à la fois experts dans les arts de la pierre, du bois et des métaux. Et vous n'êtes pas au bout de vos surprises.


samedi 18 juillet 2026

L’emblématique église de Bro.

 


Pour commencer cette découverte de Gotland ; l’église romane de Bro me paraît un excellent exemple. Elle réunit à elle seule presque tout ce que l’on peut découvrir dans les dizaines d’autres églises de l’île il est vrai parfois de manière un peu répétitive du moins au premier abord.

Il y a en effet une très grande unité de style à Gotland et pas seulement à l’époque romane, comme si un ou deux modèles avaient marqués tous les autres ou presque. Cette unité de style perdure pour l’époque gothique mais aussi baroque en particulier pour le mobilier baroque des églises qui est particulièrement abondant.

Située dans la partie nord de l’île c’est par cette église que j’ai commencé mes visites en milieu d’après-midi, une fois débarqué du Ferry et sous une pluie battante.

L’église de Bro, dédiée à la Sainte Croix est un bon exemple des églises de Gotland. C’est un édifice de transition remanié à l’époque gothique, où sa nef fut agrandie pour la transformer en église-halle afin de permettre aux nombreux pèlerins d’y admirer les précieuses reliques qu’elle contenait. Je reviendrai plus tard sur cela.

Le clocher est la partie la plus ancienne, vraisemblablement de la fin du XIIe ou du début du XIIIe. Dans la tour serait préservée un petit espace que je n’ai pu visiter, une cellule de pénitence permettant aux pèlerins de voir par une petite ouverture les reliques et de les vénérer. Cet espace appelé en suédois « Botgörarcell » est aussi emblématique de la christianisation tardive de l’île.







La nef gotique, élargie, a été doté d’un beau portail galbé avec des voussures polylobés, avec quelques chapiteaux historiés de belle qualité.

Surtout ont été remployés dans les murs des éléments sculptés de la première église romane, probablement des métopes de la corniche ou des éléments d’un portail. Ces sculptures assez nombreuses témoignent de la richesse décorative de la première église et du respect des nouveaux bâtisseurs pour les édifices plus anciens.



Ces sculptures décrites par Everet Lindkvist dans son ouvrage » Gotlands Romanska Stenskulptur » sont assez proches des motifs qui ornent les très nombreux fonts baptismaux de l’ile et de la présence d’ateliers de sculpteurs, très dynamiques. Gotland est manifestement au cœur de mouvements humains, commerciaux et artistiques très denses au Moyen Age.










Elles représentent essentiellement des animaux, des chevaux, des oiseaux, des chiens, l'Agneau pascal et quelques motifs figuratifs peut-être inspirés des légendes nordiques. Elles sont datées comme le clocher de la fondation de la première église romane, à la fin du XIIe ou au début du XIIIe car dans les pays du nord l’art roman s’attarde souvent au-delà des limites du douzième siècle, où il se cantonne souvent dans le sud de l’Europe.



dimanche 12 juillet 2026

Un bateau pour Gotland

 

Stèle du mur sud de l'église de Bro.

Je poursuivrai bientôt le fil de mon voyage dans le Gard et les départements voisins, cependant je m'offre une étape rafraîchissante vers la Suède en ce mois de torpeur caniculaire.

Je vous emmène découvrir cette île en forme de porte-avions placée presque au milieu de la Baltique que l'on n'aborde qu'en bateau, à l'instar de ses premiers habitants dès l'aube de l'humanité en Europe.

Comme j'espère le faire découvrir, cette île est d'une richesse remarquable, en particulier pour l'amateur d'art médiéval.

Pour la rejoindre, le ferry est le mode le plus commode et le plus apaisant, car une voiture est nécessaire pour la parcourir en tous sens. J'ai quitté Stockholm après la visite du magnifique musée historique pour rejoindre la petite ville de Nynäshamn pour une traversée de quatre heures environ, pour aborder en début d'après-midi les côtes de ma destination.

La traversée est rapide et je ne peux m'empêcher de penser à tous ces hommes qui l'ont tenté avant moi depuis l'époque néolithique, comme en témoigne la magnifique tombe en forme de bateau de Tjelvar ou cette gravure d'une tombe funéraire "viking" réemployée dans les murs de l'église de Bro.

Tombe bateau néolithique de Tjelvar


Ex-voto église de Vastergram

Située presque au centre de la Baltique, grande comme la moitié de la Corse, l’ile a toujours été un centre de commerce, d’échanges humains et culturels mais aussi de convoitises.

L'île n'apparaît qu'au dernier moment, à l'instar de certains îlots qui l'entourent. Son altitude ne dépasse pas quatre-vingts mètres au-dessus de la mer, ce qui offre parfois des paysages surprenants. Bien que peuplée d'un peu plus de 50 000 habitants, avec de nombreux villages, l'île n'offre jamais une impression de surpopulation.

Ile de Lilla Karlsö Gotland


La cote au départ de la Suède continentale

J'ai choisi la deuxième semaine de septembre pour visiter l'ile, une période idéale pour profiter de belles journées alors que les foules ont déserté. Mais en Suède, septembre marque la fin des vacances, beaucoup d'églises ferment et il faut jouer de chance pour les visiter. Mais les locaux sont accueillants et ouverts. Cette ile mérite plusieurs jours pour la découvrir, le vélo est un mode de voyage idéal. J'ai choisi ce rythme et malgré l'intensité de mes visite je n'ai l'impression que de l'avoir effleuré.
















J'ai choisi la deuxième semaine de septembre pour la visiter, une période idéale pour profiter de belles journées sans risquer l'invasion des touristes. Mais pour la Suède, Septembre marque la fin des vacances, beaucoup d'églises ferment et il faut parfois jouer de chance pour les découvrir. Au vu de la densité de son patrimoine, il faut plusieurs jours pour la découvrir, et au moins une semaine, on préfère le vélo qui est un transport idéal. J'ai fait ce choix d'une semaine et je suis loin de l'avoir totalement découverte.



mercredi 10 juin 2026

Enigmes et curiosités : les fonts en plomb du musée de Pont-Saint-Esprit.

 


Avec ce petit article j’achève ma visite de ce beau musée du Nord du Gard.

La sculpture que je vous invite à découvrir est sans doute la plus intéressante et la plus énigmatique et le site du musée n’aide guère à répondre aux questions sur son origine.

Ces fonts ont été composés avec cinq panneaux de plomb moulés puis ciselés et gravés, assemblés par des pièces de métal sans qu’il soit possible de déterminer qu’elles sont d’origine.




Le site du musée indique que ces fonts proviendraient d’une église de l’Aveyron, d’autres sites évoquent le département de l’Hérault sans confirmation possible. Ce qui est certain c’est que les fonts baptismaux en plomb sont très rares dans le sud de la France. Les plus nombreux sont localisés au nord-ouest de notre territoire, surtout en Normandie et ont plus nombreux encore en Angleterre, avec laquelle la Normandie entretient des liens historiques.

Une étude déjà ancienne des fonts baptismaux en plomb avait été entreprise par l’historien George Zarnecki » English romanesque lead sculpture-Lead fonts of the twelth century ». Mais il n’est pas fait référence à la sculpture conservée au musée de Pont-Saint-Esprit.

Même Colin Stuart Drake dans son ouvrage de référence « The Romanesque fonts of Northern Europe and Scandinavia », n’évoque pas l’existence de cette œuvre, mais il livre des indices déterminants. Beaucoup de ces fonts reproduisent un thème assez classique et presque répétitif celui d’une crucifixion et de quatre apôtres, peut-être les évangélistes parfois séparés de panneaux avec des motifs végétaux, chaque représentation étant entourée d’une arcature en plein cintre, comme pour ceux de Pont-Saint-Esprit.

Fonts de la cathédrale de Gloucester, Angleterre.

Fonts en pierre de l'église de Cloleshill, Warwickshire, Angleterre.




Ici cependant la sculpture est plus « économe », seuls quatre apôtres entourent la scène de la crucifixion. A Pont-Saint-Esprit la sculpture paraît plus « maladroite » ; les mains, les traits des visages paraissent naïvement traités. Il est difficile de reconnaitre les apôtres représentés à l’exception d’un seul qui est en position verticale tandis que les trois autres sont assis tenant ce qui ressemble à un livre ou une clé.












C.S Drake rappelle aussi que ce modèle en plomb a directement inspiré certains fonts en pierre comme ceux de Coleshill. Je partage donc deux images de ces fonts assez évocatrices ; ceux en plomb de la cathédrale de Gloucester et ceux en pierre de l’église de Coleshill dont la parenté avec ceux de Pont-Saint-Esprit est troublante.

Il est possible d’évoquer l’hypothèse que cette œuvre n’est pas originaire de l’Aveyron mais bien de l’ouest de la France ou bien d’Angleterre ce qui ne sera pas un cas unique si on pense à l’histoire extraordinaire du coffret d’Auzon retrouvé par hasard par un collectionneur en Auvergne alors qu’il provenait d’un trésor saxon du nord de l’Angleterre.

Beaucoup d’œuvres médiévales circulaient en Europe peu de temps après leur conception, beaucoup constituaient les fonds des trésors d’abbayes ou d’évêchés en France ou ailleurs et beaucoup ont été dispersées au gré des chaos de l’histoire et encore davantage après la Révolution.

Certaines ont été préservées de la disparition grâce aux collectionneurs privés comme ces fonts qui proviennent aussi d’une collection privée avant de revenir dans le domaine public grâce à ce musée. Comme je l’ai remarqué à plusieurs reprises, les collections privées ont favorisé parfois la sauvegarde de trésors inestimables mais souvent au prix de l’effacement de la mémoire de leur histoire et de leur origine.

Je vous invite à découvrir les deux ouvrages cités en référence de cet article, bien que difficilement accessibles et aussi les fonts de Coleshill que vous pourrez découvrir sur ce blog.






mardi 2 juin 2026

Les vierges de Pont-Saint-Esprit.

 



Parmi les œuvres romanes du musée d’art religieux il y a deux vierges de factures et de style bien différentes.

La première est une vierge en bois peinte sans doute dès l’origine bien que les peintures aient été reprises sans doute à plusieurs reprises les siècles suivants. Cette œuvre proviendrait selon le site du musée de Catalogne ce que semble confirmer son style si on la compare avec d’autres, nombreuses dans cette région de l’Espagne. Elle est datée de la fin du XIIe et peut être du début du XIIIe siècle.



Quand j’ai publié cette image sur ma page je ne m’attendais pas à son succès car, à vrai dire, ce n’est pas ma préférée, même si je n’apprécie pas trop les classements. De très nombreux commentaires semblent douter de la représentation de la Vierge la confondant avec sainte Anne, et sur ce point je tiens à lever les doutes. Sainte Anne n’est jamais représentée assise sur un trône mais le plus souvent debout ; en outre sainte Anne ne porte pas de couronne, seule la mère de Jésus est coiffée de cet attribut.

Plus complexe est l’identification du fruit qu’elle tient dans sa main droite. J’ai évoqué la pomme, qui est le fruit « en vogue » à partir du XIIe siècle. Mais ce fruit a aussi été associé à la figue ou, même au raisin car ce sont les feuilles de ces arbres qui abritèrent la nudité d’Adam et d’Eve. Pour vous faire votre avis je vous invite à découvrir l’excellent article de Hilario Franco Junior dont je joins ici le lien ou encore l’incontournable ouvrage sur les hommes et les femmes au Moyen Age sous la direction de Jacques Le Goff en poche aux éditions Champs Histoire.

Un indice toutefois, en latin le mot pomme et mal sont homonymes et s’écrivent tous les deux malum. Le mot pomum peut être traduit par le mot plus générique de fruit. Le diable est dans le détail.

Enfin un mot sur cette nouvelle Eve qu’est la Vierge au Moyen Age, celle qui offre à se détourner du mal par son obéissance à Dieu tandis que Eve aurait perdu les hommes pas sa désobéissance, La Vierge répare le mal et la faute originelle.

 Laissons la parole à Bernard de Clairvaux ; « A Eve la première femme, Dieu substitut une autre femme. Marie aussi prudente que humble que la première fut folle et orgueilleuse : O femme digne d’une vénération sans égale, vous réparez le mal de nos premiers parents, vous donnez la vie à tous leurs descendants ! ».






 La deuxième vierge est une sculpture sur pierre assez naïve, une autre Sedes Sapientiae, datée selon le site du musée du XIIe siècle et qui serait originaire de l’Aveyron. La rudesse de la sculpture ne dissipe pas les doutes sur sa dation et son origine.






La facture assez maladroite de cette sculpture n’est pas toujours un gage de son ancienneté ; Comme la précédente elle provient d’un ancien fond d’un collectionneur privé.

Enfin, je ne résiste pas à partager cette belle huile sur bois de la Vierge avec l’ange Barachiel du XVe de l’école florentine, œuvre qui souligne encore l’intérêt de ce beau musée.




https://journals.openedition.org/rhr/4621