lundi 21 mai 2018

Cavaillon avant les romains et le site de Saint-Jacques.

C'est de la colline Saint-Jacques qui domine la ville que l'on comprend mieux le choix et le développement de la ville de Cavaillon.

La ville est devenue à l'époque romaine un important centre urbain vers l'Italie mais fut l'objet d'une occupation dés l’époque préhistorique.
Jean-Claude Clébert dans son intéressant ouvrage sur la Provence antique est un des premier à avoir remarque la réutilisation presque systématique des sites pré et proto-historiques par les celtes puis par les romains et ensuite de la christianisation de la Provence par un chapelet d'églises et de chapelles.

Cavaillon s'est déployé tardivement au pied de la colline saint-Jacques dont les abruptes falaises offrent une vue remarquable sur la ville actuelle qui tire son nom du premier oppidum des gaulois Cavares.

Au pied de la colline on peut encore découvrir le charmant arc de triomphe et la cathédrale objet de mon prochain billet.


La chapelle Saint-Jacques conserve le chevet du XII° siècle à plan pentagonal typique de l'art roman provençal très homogène et en bel appareil.





samedi 5 mai 2018

Notre-Dame du Groseau; à la source des celtes.


La petite chapelle de Notre-Dame du Groseau occupe une vallée remarquable par sa beauté au pied du Mont Ventoux et de la commune de Malaucène; malheureusement menacée par un projet immobilier de ces horribles lotissements tentaculaires qui enlaidissent tant la Provence.

Le lieu est attesté des la plus haute antiquité, avant même l'arrivée des romain par la présence d'un lieu de culte de la divinité Groselos attachée à la garde des eaux et des sources si précieuses.
L'église conserverait encore un pilier votif dans son chevet. Je profite à nouveau ainsi de cette opportunité pour signaler l'importance des lieux de cultes païens investis par les églises chrétiennes marquant ainsi la persistance du mysticisme attaché à ces lieux si particuliers.

Un premier établissement chrétien aurait été édifié en 683 par l’évêque de Vaison dédié aux Saints Victor et Pierre jusqu’à ce que le lieu soit rattaché en 1059 à l'abbaye marseillaise de Saint-Victor. C'est vraisemblablement à partir de cette période que l'église fut reconstruite et ce que l'on découvre aujourd'hui date essentiellement de la deuxième partie du XII° siècle.

J'ai longtemps cherché à visiter cette petite chapelle intrigante par sa forme quarré surmontée d'un petit clochetons, mais elle était toujours fermée jusqu'à une restauration récente et une ouverture heureuse au public.


L'église actuelle ne conserve de l’époque romane que son abside et la dernière travée de la nef et a été fort remaniée surtout extérieurement aux siècles suivants.




Mais à l'intérieur on est surpris de découvrir une exceptionnelle coupole octogonale qui coiffe le massif cubique du chœur. L'ouvrage est en tout point remarquable par la perfection de son appareillage et sa réalisation qui semble agrandir l'espace pourtant exigu de la nef.







 Un bandeau orné de palmettes se retrouve à sa base  et les angles sont ornés de petits pilastres cannelés selon le gout pour l'antique propre à la région. Les trompes sont ornées des symboles des évangélistes .





 On devine encore quelques motifs sculptés qui l'interieur de l'église faits d'animaux et de têtes d'hommes ou encore un bel agneau pascal à la travée du chœur qui augmente la nef.












On peu rattacher ce charmant édifice à d'autres dépendance de Saint-Victor comme Saint-Symphorien de Bonnieux ou Saint-Germain de Faucon plus au nord.

Je profite également de cet article pour partager le lien de ceux qui se battent pour la sauvegarde de ce lieu merveilleux. Je ne peux que regretter dans notre pays le peu de cas qui est fait de la valeur de tel sites.

Pétition pour la sauvegarde du site du Groseau


samedi 3 février 2018

L’intérieur de l'église Saint-Pantaléon ou comment agrandir l'espace.

Lorsque que l'on entre dans l'église on est surpris de découvrir à quel point elle peut sembler plus grande que ses volumes intérieurs ne le laissaient imaginer. On est aussi frappé par une impression d'élévation, comme si les bâtisseurs avaient su élargir tout l'espace disponible.

 À l'intérieur de l'église profondément remaniée dans le courant du XIIe siècle on est en présence d'une nef unique voûtée en berceau sur arcade aveugle, réduite à son expression la plus élémentaire.
Toutefois on est frappé de constater que la voûte est beaucoup plus élevée que d'ordinaire, en berceau brisé tenant lieu de coupole et enchâssée dans un massif de maçonnerie.


Chacune des deux absides Nord et Ouest sont réunis à l'abside centrale par des paires de colonnettes qui soutiennent l'ouverture de la voûte.

Au nord on acheva la transformation de la travée orientale en bras de transept en lui ajoutant une annexe  dotée d'une absidiole. Un savant système d'arc de décharge et de larges doublons sous-tend la construction en donnant des volumes géométriques et équilibrés et une impression de grande stabilité en dépit de la petite taille de l'église.




L'édifice peut être comparé à ceux de Sainte-Croix, Saint-Andiol ou Saint-Trinit. Après l'agrandissement de l'église et l'adjonction de ces deux collatéraux a été conçue de grandes ouvertures en plein cintre ménagées dans les murs gouttereaux. On remarquera également la présence de quelques chapiteaux à décor végétal stylisé comparable à ceux de Venasque et qui pourrait dater de la première moitié du XIe siècle.






Il existe également au piédroit à gauche de l'abside une inscription gravée en caractères grossiers qui pourraient être la dédicace du constructeur ou de l'artiste, mais cet aspect sera l'objet d'une étude particulière que je voudrais réserver pour plus tard. On pourrait s’étonner de la présence de cette signature dans une modeste petite église de campagne. Cependant on doit concéder que sa construction est une prouesse architecturale, ce qui se mesure à l'intérieur. En outre la vénération de Saint-Pantaléon est assez rare il n'est donc pas étonnant que l'on est entendu faire appel un constructeur qui a voulu marquer avec fierté son passage et son oeuvre.