lundi 13 avril 2026

Le charme captivant de Saint-Florent de Boussargues.

 


Situé sur l’actuelle commune de Sabran, le lieu-dit de Boussargues a été cédé aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem par le seigneur de Sabran au XIIe siècle.

Ils y construisirent une maison fortifiée aujourd’hui parfaitement restaurée et une chapelle située à proximité sur un petit monticule entouré d’une forêt séculaire.



Le lieu aurait été occupé avant la conquête romaine à proximité de nombreux rochers et de sources où des édicules funéraires auraient été retrouvés selon le site dédié à ce lieu envoûtant.

Aujourd’hui placée à tort sous le vocable de saint Symphorien, c’est bien à saint Florent qu’elle était originellement dédiée. Une église existait avant l’installation des Hospitaliers comme en atteste la base des murs en petit appareil de la première travée.

L’église actuelle forme un ensemble homogène en moyen appareil avec des joints réguliers. Surtout ce qui peut ressembler à une modeste chapelle à nef unique se révèle rapidement comme une œuvre d’une qualité rare, construite sans doute par des artisans d’une grande technicité et à grand prix.






Ces artisans se reconnaissent par de nombreuses marques de tacherons visibles surtout et en grand nombre au-dessus du chevet, mais aussi de nombreux dessins géométriques ou gravés en pointillé sur lesquels je reviendrai bientôt.









On remarque aussi de nombreux graffitis en forme de croix à la base des murs, sans doute des signes de pèlerinage ou de dévotion.







Leur habileté se remarque aussi au traitement de la corniche du chevet où apparaissent encore des étoiles et des entrelacs et les traces à peine visibles d’animaux fantastiques, décrites par les premiers archéologues.



Le gable du portail sud est le mieux préservé, il rappelle incontestablement celui de l’église de Larnas ou des modèles plus provençaux de l’autre côté du Rhône. Dans le triangle du fronton a été placée une pierre sculptée d’une fleur qui pourrait être un réemploi romain sans certitude cependant, ainsi que trois marguerites gravées.





Lorsque Pierre-Albert Clément décrivit à la fin des années 80 cette église, elle était dans un état sérieux d’abandon, une forte végétation recouvrait son toit la menaçant d’un grave péril, fort heureusement les propriétaires actuels entreprirent une restauration d’envergure qui en restitue aujourd’hui la poignante beauté.





Le domaine avec son château médiéval restauré qui pourrait conserver des parties romanes, est parfaitement entretenu. Il accueille des hôtes et produit un vin d’une grande qualité (je l’ai testé). Fait insigne, les propriétaires laissent volontiers l’accès à cette église qui mérite une découverte attentive car elle est un jalon majeur de l’art roman dans cette partie du nord du Gard, comme je tâcherai de vous le faire découvrir dans deux articles suivants.

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