Situé sur l’actuelle commune de Sabran, le lieu-dit de Boussargues a été cédé aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem par le seigneur de Sabran au XIIe siècle.
Ils y construisirent une maison fortifiée aujourd’hui
parfaitement restaurée et une chapelle située à proximité sur un petit monticule
entouré d’une forêt séculaire.
Le lieu aurait été occupé avant la conquête romaine à
proximité de nombreux rochers et de sources où des édicules funéraires auraient
été retrouvés selon le site dédié à ce lieu envoûtant.
Aujourd’hui placée à tort sous le vocable de saint
Symphorien, c’est bien à saint Florent qu’elle était originellement dédiée. Une
église existait avant l’installation des Hospitaliers comme en atteste la base des
murs en petit appareil de la première travée.
L’église actuelle forme un ensemble homogène en moyen
appareil avec des joints réguliers. Surtout ce qui peut ressembler à une
modeste chapelle à nef unique se révèle rapidement comme une œuvre d’une
qualité rare, construite sans doute par des artisans d’une grande technicité et
à grand prix.
Ces artisans se reconnaissent par de nombreuses marques de
tacherons visibles surtout et en grand nombre au-dessus du chevet, mais aussi
de nombreux dessins géométriques ou gravés en pointillé sur lesquels je
reviendrai bientôt.
On remarque aussi de nombreux graffitis en forme de croix à
la base des murs, sans doute des signes de pèlerinage ou de dévotion.
Le gable du portail sud est le mieux préservé, il rappelle incontestablement
celui de l’église de Larnas ou des modèles plus provençaux de l’autre côté du
Rhône. Dans le triangle du fronton a été placée une pierre sculptée d’une fleur
qui pourrait être un réemploi romain sans certitude cependant, ainsi que trois
marguerites gravées.
Lorsque Pierre-Albert Clément décrivit à la fin des années
80 cette église, elle était dans un état sérieux d’abandon, une forte végétation
recouvrait son toit la menaçant d’un grave péril, fort heureusement les propriétaires
actuels entreprirent une restauration d’envergure qui en restitue aujourd’hui
la poignante beauté.
Le domaine avec son château médiéval restauré qui pourrait
conserver des parties romanes, est parfaitement entretenu. Il accueille des hôtes
et produit un vin d’une grande qualité (je l’ai testé). Fait insigne, les propriétaires
laissent volontiers l’accès à cette église qui mérite une découverte attentive
car elle est un jalon majeur de l’art roman dans cette partie du nord du Gard,
comme je tâcherai de vous le faire découvrir dans deux articles suivants.
















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