dimanche 27 février 2011

Saint-Désiré de Lons; la crypte

J'ai un attachement particulier pour les cryptes qui évoque pour moi des lieux mystérieux , un temple dans le temple , comme si chaque fois j'allai y découvrir le trésor d'une révélation plus intense encore que celle que j'éprouve en visitant le plus modeste sanctuaire .
La crypte de Saint-Désiré est tout à fait propre à ce voyage intérieur .
Elle épouse toute la longueur du choeur sur trois vaisseau avec absidioles.


Le jeu des lumières et des volumes est renforcé par une habile restauration, là encore la beauté du lieu est renforcé par sa rusticité , les piliers forts modestes sont souvent de remplois romains ou mérovingiens.
Dispositif peu fréquents les absidioles sont séparées par des parois trouées d'une petite baie géminées qui permet d'apercevoir le sarcophage de Sait-Désiré .


Seule trace de décor les chapiteaux cubiques des absidioles très inspirés de l'influence  ottonienne (Lons était au XIe terre d'Empire).


Malgré son caractère archaïque cette crypte appartient tout entière au XIe siècle , et participe à l'harmonie et à la grande beauté de ce vénérable monument .

Saint-Désiré de Lons le Saulnier ; la sobriété et la force

L'actuelle église de Saint-Désiré d'apparence quelconque révèle un pur joyau du premier art roman , de cet art sobre et puissant du XIe bien représenté dans la région et dont Tournus de la proche Bourgogne, mais si influente, est un témoin éclatant .

D'après la tradition la crypte aurait été bâtie en l'honneur de Saint-Nicolas par l'évêque Saint-Désiré qui mourût à Lons vers 414, et le sarcophage est toujours en place dans la crypte vidé de son corps brûlé à la Révolution .
Ici il n'y a pas décor mais je suis envahi d'un sentiment de paix en pénétrant dans le temple au milieu de la foret des puissants piliers et de leur grandes arcades .




Les arcs en plein cintres à vives arrêtes retombent sur les piles sans aucun chapiteau, seuls les angles des voûtes rejoignent les colonnes octogonales formant un ensemble du plus bel effet par l'élévation et l'impression de puissance qu'ils dégagent.


J'ai toujours éprouvé une grande admiration pour cet art du XIe dit lombard ou méditerranéen par son extrême simplicité mais en même temps la hardiesse de son architecture , une force envahissant l'âme sans dégage,comme surgie du sol par la force de ces piles.Ici tout est propice à la méditation sans intermédiaire.

samedi 26 février 2011

L'Abbaye d'Arthous; les modillons de la corniche (seconde partie)

Les modillons à représentation humaine sont ici d'une particulière saveur même s'ils semblent d'une certaine maladresse dans l'évocation des personnages qui offrent tous le même visage rond au nez triangulaire et portent généralement la même robe comme un pagne.
Et pourtant leur rusticité et leur simplicité renforcent un sentiment de truculence et de fraîcheur que je ne peux m'empêcher d'éprouver en les observant longuement .




J'aime en particulier ce personnage ricanant semblant défier le visiteur ou le fidèle, ou encore le buveur au tonneau, ou cet homme que deux oiseaux labourent de leurs serres en lui picorant le menton .


Puis vient la figuration de la faute originelle, une Eve "gironde" cache sa poitrine du fruit défendu et son sexe de son autre main , tandis que Adam porte la main à sa gorge semblant se la mordre de dépit entre un arbre riche de fruits et un serpent à tête humaine à la longue chevelure .



Mélange encore de la piété et du vice , deux religieux portant la croix côtoient des personnages dénudés ou encore un couple assailli de serpents , représentation habituelle de la luxure ...


L'Abbaye d'Arthous; les modillons de la corniche (première partie)

Venons en enfin à la partie que je trouve la plus séduisante de la belle décoration de cette corniche qui oblige le visiteur le " nez en l'air" à en apprécier tous les savoureux détails.
Les modillons sont souvent une des partie ou la verve et la truculence du sculpteur s'exprime le mieux , parfois aussi sont irrévérence si propre à cet univers médiéval .
La première partie est ici consacrée aux représentations stylisées, décor de d'entrelacs forts raffinés et assemblages de feuillages imaginaires.









Mais aussi bestiaire fantastique de gueules de loups de panthère ou d'oiseaux attaquant un fauve en forme de chat.

L'Abbaye d'Arthous; La corniche

Cet partie de l'église , parfois négligé dans bien des édifices présent à Arthous le décor le plus diversifié et le plus éblouissants aux chapiteaux des colonnettes et aux modillons ici en tout point remarquables.
Les chapiteaux des absidioles représentent des visages dans du feuillage ou des personnages combattant un griffon.Ou encore d'élégantes pommes de pins.



Les deux chapiteaux-double de l'abside principale , pour l'un neuf personnages alignés qui tiennent tous un livre sur leur poitrine .

Et pour l'autre une émouvante fuite en Egypte  et a droite une adoration des mages ou des bergers .

L'Abbaye d'Arthous; le chevet

le chevet par son équilibre et son harmonie mais aussi la richesse de son décor est sans aucun doute la partie la plus remarquable de l'édifice .
l'abside principale encadrée de deux absidioles est rythmée par deux paires de colonnettes appliquées dans l'arrondi et par deux contreforts plats .
Trois grandes fenêtres s'ouvrent dans l'hémicycle qui chacune comportent des chapiteaux particulièrement soignés de grandes feuilles ou de crossettes terminées par des volutes.




Sur l'un deux oiseaux affrontés au dessus d'un décor de feuillage .

Deux chapiteaux figurent des personnages humains peut être les prémontrés eux même,
 sur l'un on distingue trois personnages debout dont un au centre tient une croix et deux autres un objet allongé difficile à identifier .