jeudi 3 septembre 2026

Thines; la belle sauvage.

 


Découvrir Thines pour la première fois provoque la surprise et l’émerveillement.

Ce hameau de quelques habitants, perdu au milieu d’un paysage en apparence austère, mais magnifique, de granits gris et de schistes rouges et verts, percé par une rivière vive au milieu d’une végétation de garrigue accrochée à la roche à pic, ne laisserait pas imaginer la présence d’une des plus belles églises du Vivarais.

Quand on la découvre par la route du nord, passant par les cols de l’Echelette et de la Croix Blanche, presque noyée au milieu des vagues des montagnes et des forêts, on devine déjà de loin ses volumes remarquables.



La présence d’une telle église si loin du monde a toujours interrogé les historiens au point que bon nombre de légendes ont tenté d’en expliquer l’origine ; soit la retraite d’une princesse languedocienne ou une fondation voulue par Charlemagne ou un Pape.

Les sources sur sa fondation sont incertaines et parcellaires et souvent tardives, mais il semble aujourd’hui que la plupart des historiens s’accordent pour reconnaître une fondation d’un monastère de Saint-Chaffre du Monastier dans le Velay.



Thines était en réalité une dépendance de Montselgues, elle-même fondation du Monastier et située à seulement quelques kilomètres au nord. Malgré son isolement cette église était en réalité située sur une route secondaire de pèlerinage vers le Puy mais aussi vers Compostelle que les moines de Saint-Chaffre, pour des raisons économiques autant que religieuses ont souhaité développer, ce dont ils sont parvenus avec succès, comme en témoigne la beauté insolite et majestueuse du site.

J’ai découvert pour la première fois Thines il y a plus de 20 ans par la petite route sinueuse qui longe les rivières du Chassezac puis de la Thines. On se faisait des frayeurs à chaque croisement tant la route était étroite et peu stable. La route par le nord est plus large et malgré le peu de kilomètres il faut savoir ménager son temps.

Mais contrairement a beaucoup d’autres, les lieux n’ont presque pas changé et malgré l’aridité du climat de cet été, ils semblent comme « à l’écart » des malheurs et des folies du monde. On peut ainsi s’adonner à la contemplation et à la respiration de la beauté minérale et végétale de « la perle du Vivarais ».