mardi 21 janvier 2014

Chinon, de Saint-Martin aux Plantagenets .

Chinon est une ville d'art remarquable pour son château et sa situation admirable mais aussi pour la variété de ses monuments romans de grand intérêt.
Hélas à 18h au mois d’Août il ne faut pas espérer pouvoir visiter un seul d'entre eux, illustration de plus de peu de crédit que semble accorder de manière général ce département... Dommage .
Ainsi; impossible de visiter la chapelle rupestre de Sainte-Radegonde, taillée dans la roche et qui conserve d'admirables fresque de la fin du XIIéme siècle qui représenteraient, ma la thèse est encore discutée  la figure du Roi anglais Jean Sans Terre, de son épouse Isabelle et d'Aliénor d'Aquitaine, émouvante représentation de ces suzerains si attachés à cette terre de Touraine. Je me contenterais donc de passer devant le portail de la chapelle largement reconstitué.

Au centre ville se dresse encore l'imposant massif occidental de l'une des plus vénérable fondation de Touraine, l'église Saint-Mexeme dont l'origine est extrêmement ancienne puisqu'elle aurait été bâtie par l'un des disciple de Saint-Martin au Vème siècle . Transformée en école on ne peut qu'en deviner les reste encore imposants .

Ainsi l'imposant chevet dont il ne reste que l'arc triomphal du vaste choeur roman qui devait posséder un transept à déambulatoire comme l'Ile-Bouchard, mais on est trop loin sous cet angle pour deviner les chapiteaux.
La façade présente encore de belle particularité et rappelle par son plan l’ordonnancement du premier édifice carolingien.


Cette façade comportait à l'origine 70 dalles sculptées dont seuls quelques-unes subsistent ornées d'entrelacs de grilles de carrés ou encore de palmettes ou de dragons enroulés . La plupart ont été systématiquement martelées à la Révolution comme par exemple le grand Christ ou les personnages qui l'entouraient , des témoignages évoquent même une représentation de Judas pendu soutenu par un monstre hideux. Assurément cette sculpture disparue devait Etre une des plus riche de la région.
Enfin on ne quittera pas Chinon sans visiter dans ses faubourg la charmante chapelle Notre-Dame de l'épine au hameau de Parilly d'un roman déjà tardif.




Et pour le reste car une nouvelle visite s'impose compte tenu des lacune de celle ci je suis tés intéressé au partage d'images.

dimanche 12 janvier 2014

Quelques vestiges au fil de la Vienne .

Autour de Chinon on peut encore découvrir quelques édifices mais il faut être persévérant car la plupart sont fermés à la visite ou difficiles d’accès comme malheureusement la plupart de ce département et ce même en période estivale.
Ainsi l'église Saint-Martin de La Roche Clermault, fermée .l'édifice a été très remaniée mais possède un large porche avec une double ouverture et à l'entrée un mystérieux bénitier que certains rattache au réemploi d'un chapiteau gallo-romain, témoignage de l'ancienneté du lieu qui aurait mérité d’être confirmée.

L'église Saint-Vincent de Panzoult ne conserve guère plus de ses origines du XI ème siècle que le clocher et le plan de son église hélas également interdite à la visite .



Enfin l'église Notre-Dame de Rivière dont les origines très ancienne, n'échappe pas à la règle de la fermeture on peut tenter d'en déceler au milieu des habitations la nef ou encore le chevet d'un grand intérêt mais qui est au milieu d'un hôtel et que l'on ne peut regarder que de loin pour tenter de découvrir le petit appareillage décoratif particulièrement harmonieux où l'on devine l'emploi de bas reliefs .


Sous le porche sont conservées des fresques romanes difficilement lisibles dans des beaux tons de jaune et de rouge figurant les scènes du festin du mauvais riche , de sa mort et de la résurrection de Lazare .



La sculpture et les fresques de Tavant .


Cette visite est aussi celle d'une frustration car la partie la plus remarquable de l'église, la crypte et ses merveilleuses fresques romanes ne peut pas être photographié par décision du maire de Tavant . Je peut comprendre parfaitement la volonté de protéger un édifice en interdisant l'usage du flash que je n'utilise en général jamais car il dénature la couleur des fresques mais une interdiction de photographier un monument qui est un monument historique et par définition appartient à tous me parait un arbitraire critiquable, et je me suis déjà heurté à de telles décisions .
Si au moins la commune mettait à la disposition du public des photos de qualité ou souhaitait une rémunération pour participer à la restauration ou à la protection de l'édifice je comprendrais parfaitement , mais là, rien , c'est bien dommage ...Au moins une compensation celle d'une visite encadrée par une charmant, érudite et curieuse jeune guide .

Je partagerais donc ici ce qui est laissé libre à la visite comme par exemple les belles fresques du Choeur qui est fortement surélevé au dessus de la crypte figurant un représentation très classique du Christ en majesté dans une mandorle entouré des symbole du tetramorphe et portant un livre où on lit "EGO SUM". La figure du Christ est presque disproportionnée .



Sur la voûte sont représentées les scènes de l'enfance; l'annonce aux bergers, la fuite en Egypte, l'Annonciation, la Visitation, la Nativité le massacre des innocents.
Le décor sculpté parachève l'intérêt de cette magnifique église , on y découvre dans la nef  à l'entrée de laquelle est placé un beau bénitier quelques beaux chapiteaux au décor de végétaux ou historiés à l'interprétation délicate que je réserve aux spécialistes de l'interprétation des symboles. Sur l'un on retrouve la scène d'Adam et Eve et pour l'autre des colombes buvant dans un vase mais dont la queue serpentiforme se terminent par une tête de chat .




 dans le choeur d'autres très beaux chapiteaux; des masques humains entourés de rinceaux, ou des dragons ailés dévorant un personnage nu et surtout deux magnifiques sirènes-poissons saisissant leur queue à pleine main, symbole si riche et si abondamment représenté dans l'art roman et qui a toujours pour moi un grand intérêt .



dimanche 5 janvier 2014

Les mystères de Saint-Nicolas de Tavant.

L'église de Saint-Nicolas est aujourd'hui très connue des amateurs d'art roman par la qualité exceptionnelles des fresques de sa crypte dont l'interprétation est encore sujette à controverses; mais elle recèle d'autres secrets sans doute moins connus et moins visibles.


Il en est ainsi de sa datation qui reste délicate et approximative entre une fondation de la fin du XI ème ou de la seconde moitié du XII ème siècle  datation compliquée par la reconstruction dont elle à été l'objet après un vaste incendie en 1070.
Le plan de l'église est lui aussi exceptionnel en Touraine , composé d'une nef unique à transept et choeur a travée droite avec une abside semi-circulaire . La nef possédait sans doute des bas-cotés dont il demeure les arcades murées plus tardivement .
La croisée est couverte d'une coupole sur trompes qui supporte un massif clocher octogonal aveugle sans doute arasé ou inachevé.

Autre particularité très rare dans cette ; la nef qui est entièrement réalise en berceau en plein cintre soutenue par des doubleaux .


Les influences berrichonnes et poitevines sont sensibles en particulier à l’élégant portail occidental qui s'organise autour de deux arcades aveugles. Dépourvu de tympan il présente trois voussures au décor de pommes de pin, de palmettes et de cupules d'une belle maîtrise .


dimanche 29 décembre 2013

Les sculptures mérovingiennes de Cravant

L'église qui n'est plus affectée au culte à été transformée en un curieux petits musée dans lequel on pénètre par un tourniquet métallique après avoir acquitté le droit d'entrée comme dans un parking pour voitures...
Elle conserve des sculptures éparses dont il est difficile de retrouver l'emplacement initial et peu compréhensibles mais au moins on peu les admirer même s'il semble que l'une des sculptures les plus précieuses; le relief de la crucifixion de l'ancienne église Saint-Mexeme de Chinon ait été déplacé et dont j'ajoute ici une reproduction.
On y découvrira aussi un curieux chapiteau avec un lion dévorant un homme sculpture provenant de l'édifice carolingien d'origine qu'a remplacé l'église actuelle.

Mais les oeuvres les plus intéressantes sont les deux piliers décorés d'entrelacs qui ont été transportés dans la nef et qui à l'origine d’après des gravures anciennes soutenaient un auvent en charpente au flan sud de l'église. et qui étaient encore plus originellement appliqué à un mur puisqu'ils ne présentent des sculptures que sur trois faces .


Seule une représentation d'une croix sur la face de l'un des chapiteaux fait exception aux dessins d'entrelacs en ruban et noeuds ou de boucles dont le shema est bien attesté à l'époque carolingienne en particulier dans l'orfèvrerie et les ivoires en particulier des ateliers de l'école de Tours. Leur datation remonterait à l'extrême fin du IX ème siècle et peut être même du X ème comme en atteste une certaine irrégularité du motifs , mais il demeurent un témoignage émouvant des premiers art chrétiens dans cette partie d'une France encore marquée par ses attaches anciennes et païennes .