vendredi 11 novembre 2011

Entre Beaune et Dijon

La Bourgogne est une terre d'élection de l'art roman mais surtout dans sa partie sud , mais je vous emmène à la découverte de quelques monuments oubliés de presque tous le guides et même de la prestigieuse collection de la "Nuit des temps" du "zodiaque " qui me sert si souvent de guide, c'est à peine si les églises de Combertault et de Fixey sont signalées. Voila donc une modeste contribution à la redécouverte de ce patrimoine souvent modeste mais émouvant entre la Saône et la cote bourguignonne par une belle journée d'octobre.

Avant d'atteindre Combertault , la route passe par Levernois, dont la modeste église, malheureusement fermée présente un joli clocher carré, d'un roman tardif de la fin du XII ème .
 Combertault , ancienne colonie romaine proche de la grande ville d'Autun est aujourd'hui un hameau charmant de la plaine de Saone oubliée de grand circuits touristiques de Bourgogne. Le village doit son nom à son seigneur Franc Berthald, comme "Cortis de Berthwaldus" ce qui atteste du prestige de son origine . Possession de l’Évêque de Chalon, ce dernier entreprend au début du XI ème siècle la construction d'une Abbaye de chamoines réguliers,  dédiée à Saint-Hyppolyte.
L'édifice devait être de grande dimension , plus de 24 mètres de long et cinq travées, dont les restes sont visibles au cimetière .
Ce qui reste de cet ensemble est un émouvant édifice caractéristique du premier art roman méditerranéen fortement marqué des influences stylistiques de Tournus. le chevet est scandé de lésènes lombardes du plus belle effet avec une joli frise décorative de tuiles en dents de scie du plu bel effet .



On peut aussi admirer une curieuse pierre tombale qui semble énigmatique et difficilement datable en face de la Mairie accolée aujourd'hui à cette charmant église malheureusement fermée .

Plus loin et après avoir dépassé les restes de l'Abbaye de Citeaux entre forets et étangs on atteint Aiserey qui possède encore une église à abside en cul de four du XII ème fortement remaniée .

Plus proche de Dijon c'est la découverte de la charmante église de Bretenière fondation du XI ème siècle , dédiée à Saint-Phal , avec sa jolie abside en cul de four et décor d'arcatures lombardes.

Enfin , l'on ne manquera pas d'admirer l'église de Fénay, dédiée à Saint-Martin , elle une possession de Saint-Benigne de Dijon , caractéristique d'un roman tardif de la fin du XII ème siècle mais d'un bel effet avec sa massive tour carrée percée avec d'élégantes ouvertures et un beau chevet avec abside principale et  absidioles où l'on décèle quelques modestes marques de décor sculpté aux modillons .Mais quel dommage une fois de plus que cette église soit fermée ...


    


Enfin au sud de Beaune, Bligny les Beaune dont la belle abside et le puissant clocher tous deux décorées de bandes lombardes , témoins de cet art typique du XI ème siècle en Bourgogne .



Mon Image de la semaine (9) Amalfi- Campanie Italie romane

Le cloître "du paradis" à Amalfi si bien nommé, une foret de pierre svelte et gracile supporte un enchevêtrement de voûtes entrelacées et entrecroisées totalement influencée par l'art arabe de l'époque, la Campanie comme la Sicile ont été conquisent par les Normands au XI ème siècle , ces farouches guerriers du nord de l'Europe ont été visiblement conquis par le raffinement de l'art de l'Islam et sa culture qu'ils ont totalement adoptés mais aussi réinterprétés par leur propre sensibilité et à leur tour exporté en Europe que ce soit en Normandie ou en Angleterre, pour moi ces apports d'autres cultures à notre culture occidentale sont une source constante d’intérêt et d'émotion.
Un excellent ouvrage de Jean-Marie Martin "Italies Normandes" paru aux éditions Hachette collection Civilisations et sociétés en 1994, en retrace l'épopée fabuleuse.

dimanche 6 novembre 2011

Pise rive droite : San Michele degli Scalzi

Dernière visite de la Pise romane, si riche de découvertes et de béautés parmis beaucoup d'autres encore , car une journée est trop courte pour ne serait-ce qu'une simple visite de découverte.
Mais je reviendrai bientot à la Toscane romane, car ce que j'ai présenté dans ces quelques pages n'est qu'un aspect de mon voyage, avant cela cependant je souhaite vous faire découvrir d'autres destinations ...
Pour fermer temporairement cette page de ma visite de Pise j'ai choisi cette magnifique église dédiée à un Saint-Michel " aux pieds nus " (quel nom évocateur !).
C'est un vaste monument commencé en 1025 et achevé en 1178, qui a le mérite d’être un bon exemple d'une église romane presque intégralement sauvegardée , même si l'inclinaison accentuée de son beau clocher de pierres et de briques peu donner quelque inquiétude sur l'avenir .

Située à l’extérieur du centre en direction de Florence elle présente un beau et puissant chevet flanque de son puissant clocher . Elle présente le caractéristique plan basilical à trois nef et grande abside semi-circulaire, à décor d'arcatures simples avec quelques sculptures aux modillons et réemploi de céramiques .

L’intérieur est relativement sombre et laisse découvrir une grande nef plafonnée avec deux collatéraux séparés d'une belle colonnade en remploi de nombreuses colonnes et chapiteaux de l’époque romaine .



Mais le plus remarquable est la sublime façade me marbre blanc à cinq arcatures typique de l'art romano-pisan mais ici d'une grande sobriété et puissance .



La qualité du décor sculpté est également admirable et marqué d'une trés forte influence byzantine comme le grave Christ bénissant du portail central, une inscription tout autour rapelle aux mortels la brièveté de la vie humaine et la nécessité de l'abandon des péchés .
J'aime contempler longuement la finesse de la sculpture que l'on retrouve, par exemple au signe de la main du Christ, mais aussi à la frise d'anges parfaitement représentatif de l'art byzantin et qui me rappelle les merveilles de Ravenne ou je vous entrainerais certainement. Pour l'heure j'ai plaisir à cette belle découverte d'un monument remarquable et totalement ignoré du tourisme de masse .


lundi 31 octobre 2011

Mon image de la semaine (8) détail des fresques d'Areines (Val de Loire roman)

Voilà une ancienne image des fresques du XII ème siecle de l'église d'Areines prés de Vendôme , village qui doit sont nom à d'anciennes arènes romaines . Dans l'embrasure des fenêtres du chevet l'on peut découvrir ces personnages en armures de l'époque , sans doute Saint- Georges et Saint-Michel les saints combattants les plus célèbres  de l'iconographie médiévale bien que l'on ai peine a retrouver à leurs pieds les symboles du mal , dragons ou diables. ces fresques sont aussi d'un grand réalisme et donnent une excellente représentation des guerriers de l'époque.

vendredi 28 octobre 2011

Pise rive droite : San Matteo

L'ancien couvent bénédictin de San Matteo situé le long des quais de l'Arno est une belle construction romano-pisane caractéristique du XII ème siècle, bien qu'elle soit attestée depuis 1027. Elle a été profondément remaniée au XVII ème qui a fait disparaître sa façade romane mais conservé une partie des murs extérieurs encore de belle allure.



C'est particulièrement la longue série d'arcatures aveugle qui rythme avec grâce l'édifice avec une fois de plus une utilisation heureuse de l’alternance de pierres blanches et brunes . La sculpture bien que rare présente sur quelques chapiteaux les traits d'une grande finesse qui ne font que regretter la disparition de la façade.
L'église abrite un magnifique musée . En face l'on peut admirer le magnifique palais des Médicis, déjà du XIIIème siècle mais qui présente encore bien des traits de la période précédente .




jeudi 27 octobre 2011

Pise rive droite : San Paolo all'Orto

Voilà un bien joli non pour une église presque oubliée , mais qui possède sans doute l'une des plus belle façade romane de Pise. Saint Paul " au jardin " selon sa traduction littérale était sans doute située hors du rempart romain au médiéval , l'église a  été totalement bousculée et remaniée après le XII ème siècle, date de sa réalisation qui est attestée en 1086.
L’élégance des cinq arcatures de la façade et l'emploi de marbre bicolores blancs et gris est absolument remarquable.L'on retrouve ici encore ce motif désormais classique de l'art romano-pisan qui associe le rythme des arcades et les motifs géométriques en particulier l'emploi du losange et les incrustations de pierres multicolores .




Chaque arcature du portail central au portails latéraux et recouverte d'une dentelle d'un fine sculpture aussi soignée qu'une dentelle .


cette sculpture d'une habileté incontestable est due au maître Biduino, cette profusion d'église et aussi d'artistes est révélatrice de l'immense puissance de Pise aussi brillante que fugace...



L'on pourrait détailler avec émerveillement chacune de ces sculptures mais j'ai voulu privilégier les lions encadrant le portail principal au réalisme saisissant et aussi l'emploi de plaque de marbre découpées de motifs géométriques d'un raffinement virtuose qui ne sont pas sans rappeler l'art de l'Islam .