dimanche 1 mai 2016

Trésors des églises de l'Ain; Billiat

J'ai voulu ces pages consacrées aux églises romanes de mon département comme une forme d’intermède entre des séries d'articles pour des promenades plus longues. Et finalement où que l'on aille on part toujours de chez soit. Ce département qui n'est pas le plus riche pour l'art roman ne manque cependant jamais de me surprendre.

 L'église de Billiat dédiée à Saint-Pierre peu passer presque inaperçue sous son aspect très sérieusement remanié. Pourtant le petit village au bord du plateau du retord et dominant la haute vallée du Rhône est connue dés l'époque gallo-romaine.


L'église elle-même est mentionnée en 1198 et était située à proximité du château aujourd'hui disparu. Elle était une fondation de l'abbaye de Nantua et de son prieuré de Villes tout proche. La datation de l'édifice actuel est délicate en raison des nombreuses rénovations dont elle a fait l'objet, mais il est admit que la croisée du chœur sous le clocher est romane ainsi qu'une fenêtre nord et peut être la large abside en hémicycle a -t-elle reprit l'abside originelle .


L’église conserve également des traces de fresques gothiques du XIIIe extrêmement naïves dans une chapelle sud , découvertes lors de la dernière restauration.



Mais le véritable trésor de ce petit village est la délicieuse gardienne des clefs de l'église, Madame Blanc qui accueille le visiteur de ses pétillants yeux bleus et rieurs et vous racontera si vous en avez le temps l'histoire du village, de ses habitants qui se démenèrent pour sauver leur église de la destruction; d'un de ses curé fantasque, rescapé des camps de concentration après le deuxième conflit mondial. Il n'y a pas de plus grand plaisir que ces rencontres inopinées et chaleureuses .

vendredi 29 avril 2016

A propos de mon blog et de quelques autres ...

Avant de reprendre le fil d'une nouvelle série je tiens a profiter d'une petite mise a jour de ce blog par l'ajout de deux liens vers des blogs d’intérêt et quelques propos personnels auxquels j'ai déjà habitué certains de mes lecteurs.
C'est aussi l'occasion de rappeler, pour ceux qui prennent le temps de me lire, l'objet de ce blog. En effet la démarche est celle d'un amateur au sens de celui "qui aime" ce qui n’empêche ni la précision ni le travail.
Le premier de celui ci est la qualité des photographies qui illustrent ce blog et à laquelle je suis particulièrement attaché. Je préfère moins de photos mais de belles images parfois en n’hésitant pas à des cadrages ou des prises de vue peu traditionnelles, et je réalise souvent que ce regard qui est le mien peu permettre une autre façon de voir ces œuvres qui ont pour moi une résonance presque intime. Chacun de mes billets est donc illustré de mes photographies que je prendrais parfois plusieurs heures à choisir, mettre en forme et organiser.

Le travail le plus long est assurément la recherche des textes, car chaque visite est renseignée parfois de manière succincte mais je m'y efforce avec le plus d'exactitude possible, si possible loin des sources diffusées par internet dont la qualité est parfois douteuse . Je suis aussi un collectionneur de livres et avec les années j'ai constitué une bibliothèque de prés de quatre cent ouvrages consacrés à l'art roman et ce dans de nombreuses langues qui sert de base et d'appui à mon travail. Rien n'est plus exaspérant en effet que l'incertitude des sources et la confusion des idées qui est souvent je fait de certains réseaux sociaux où ces pages sont partagées. Parfois, hélas et en dépit de mes efforts les renseignements sont plus épars ( ce qui sera le cas de la série de billets à venir); soit que les sources soient trop peu nombreuses soit que les régions soient encore peu connues comme par exemple en Europe de l'Est qui mériterait un important travail de découverte comme celui qui à été entrepris il y a de nombreuses années par les éditions du "Zodiaque" dans cette fabuleuse collection de la "Nuit des temps" qui à été déterminante pour ma passion pour cet art d'exception.

J'ai tenu enfin à associer ici les blogs de deux personnes qui partagent manifestement une vision commune à la mienne avec leur sensibilité propre et qui sont d'un grand intérêt.

Le Blog d'Antoine Garnier se présente sous la forme d'un atlas géographique par départements français et se veut le plus complet possible, tache particulièrement ardue ! Même s'il y a peu de texte j'aime particulièrement quand son blog est illustré de ses propres photos qui sont d'une grande qualité . L'auteur de ce blog aime aussi partager son goût pour des monuments parfois rustiques et austères et souvent cachés du grand nombre et j'aime particulièrement cet esprit de découverte et presque "d'aventure "... Ce blog est aussi un excellent support de visite inspiré (mais qui ne l'est pas) par le principe des cartes de la collection "La nuit des temps" . Un petit regret mais je suppose qu'il est seulement technique celui du  système d’icônes illustrant les églises trop  peu lisible. Mais je recommande ce blog et je le partage ici et en mise en page .

http://atlas-roman.blogspot.fr/http://atlas-roman.blogspot.fr/


Je partage ici aussi le blog d'Olivier Petit sur la France médiévale, qui bien qu'il ne soit pas uniquement consacré à l'art roman lui fait une très bonne part. L'auteur est également celui d'un autre blog très riche consacré au patrimoine de Lorraine sa région .Le blog est lui aussi richement illustré de  nombreuses photographies de qualité sur  les sites visités avec quelques renseignements essentiels . Vous ne pourrez manquer d'admirer les chapiteaux , les sculptures ou tout les angles d'un édifice jusqu'aux plus infimes détails. Je partage également ce blog en lien et en mise en page .


http://lafrancemedievale.blogspot.fr/La France médiévale

Enfin et dans le prolongement de ma démarche je partage ici un détail de l'un des sublimes chapiteaux de la surprenante église de Rieux-Minervois , attribué au Maître de Cabestany ou son atelier. Parfois une seule image suffit à éveiller l'imaginaire et l'envie de la découverte.



samedi 2 avril 2016

L’intérieur de l'église Saint-Georges de Prague.

Ce n'est qu'en passant la façade baroque que l'on découvre la splendeur de cette église que l'on ne pouvait que soupçonner à l’extérieur .
L'église actuelle qui a remplacé après un vaste incendie l’édifice du Xe siècle est d'une grande homogénéité  . S'il reste au sud des fragments de l’église antérieure, l’édifice construit après 1142 a cependant été agrandi largement et doté de deux collatéraux ainsi que  de sa triple abside actuelle et  des clochers à la croisée du transept .



Les deux étages presque aveugles de la longue nef centrale sont éclairés de fenêtres triples particulièrement élégantes et d'un étage de fenêtres simples qui diffusent une faible lumière. C'est sans doute cette lumière diffuse qui confère à cette église une atmosphère particulière.

C'est à l'époque de la reconstruction de l’église qu'il a été décidé de créer la crypte actuelle ce qui nécessitât d'adopter un parti consistant a rehausser le niveau du chœur selon un modèle propre aux églises ottoniennes mais aussi de Lombardie, c'est d'ailleurs clairement à ce style d'églises que se rattache ce monument.
Dans la crypte malheureusement fermées on peut admirer un beau tympan de la Vierge qui semble être une oeuvre dédicatoire tardive mais encore influencée par l'art roman dont je reproduit une image de la copie qui se trouve au couvent Sainte-Agnés.


Enfin la création du transept fut également l'occasion de l'agrandissement du chœur par l'ajout de chapelles qui n'ont pas trop soufferts des remaniements ultérieurs.


Un beau cycle de fresques romanes tardives couvrent les voûtes de ces chapelles malheureusement altérées par les nombreuses fresques qui se sont succédées sur les voûtes du chœur.






Ainsi par ce billet s'achève cette découverte très partielle de la Prague romane, si ce blog n'est pas un guide de voyage je précise seulement que Prague mérite un voyage pour ses nombreux trésors l'excellence de sa cuisine et l’extrême gentillesse de sa population qui reste très ouverte en dépit de masse de touristes souvent difficilement supportables( les sauts de cabri d'une touriste japonaise se faisant prendre en photo par une de ses amies à l’intérieur de l'église Saint-Georges, restent dans ma mémoire...); Il reste aussi des lieux magiques comme le fabuleux cimetière juif qui ne laisse pas indifférent. Je précise aussi que Prague est admirablement desservie par un beau réseau de métros et de bus qui rend accessibles les églises les plus éloignées, même s'il faut parfois compter une demie journée de visite.

Enfin je partage également mes sources qui m'ont été utiles à la rédaction de ces billets. J'ai eu la chance de trouver à Prague un merveilleux ouvrage en anglais sur les églises romanes de République Tchèque : "Architecture of the romanesque", m'a été également utile pour préparer ce voyage  le livre en allemand de Ferdinand Seibt "Romanik in Böhmen". Il me parait en effet indispensable de faire connaitre ses sources car je partage certains de ces billets sur un site social bien connu et l'approximation de certains commentaires me navre bien souvent.

mercredi 30 mars 2016

Le château de Prague et l'église Saint-Georges .

Cœur du pouvoir politique et religieux de Bohème et de Moravie, le château de Prague, qui avant tout un palais princier, sera au centre du développement de la foi catholique dans la région mais également d'un véritable essor architectural et ce dés le IXe siècle.
Malgré le transport temporaire de la cour de Princes de Bohème sur le rocher de Vysehrad le château retrouve toute sa fonction dés la fin du XIe siecle et est étroitement lié avec le pouvoir spirituel du premier évêque de la région qui s'y installe dans ses murs.

Les constructions de l'époque romanes y sont encore nombreuses bien que disparates à commencer par les imposants remparts pour partie romans qui protégeaient le palais et la première rotonde dédiée à Sant-Vitius aujourd'hui remplacée par l'imposante cathédrale Saint-Guy dont les flèches gothiques dominent toute la colline.

Mais il existe encore de nombreux monuments d’époque romane difficilement visitables comme l'église de la Vierge Marie, les reste de la basilique des saints Vitius Wenceslas et Adalbert ou encore la grande salle d'apparat du palais dont son semblant gothique donne une bonne image du rayonnement du lieu.



Les seuls restes de cette splendeur encore visibles sont ceux du palais résidentiel de l’évêque qui datent de la fin du XIe et sont les seuls bâtiments civils dans l'enceinte du château.
A l'origine ce palais aujourd'hui accolé à la cathédrale gothique comportait une chapelle dédiée à Saint-Maurice dont on devine encore l'abside pentagonale en saillie des murs . La partie supérieure du bâtiment comportait vraisemblablement une galerie dont il reste une fenêtre à deux arcades et qui laisse deviner le raffinement du lieu et de son prestigieux occupant .

Mais le plus remarquable monument roman de l'enceinte est incontestablement la Basilique Saint-Georges dont les hautes et élégantes flèches  à deux étages de baies ajourées du transept se devinent de loin . Située dans la deuxième cour du château, l'église à été bâtie sur le point le plus central mais aussi le plus élevé du château .En dépit de sa façade baroque et de l'ajout d'une chapelle gothique l'église actuelle est d'une remarquable unité de style mais aussi la plus grande église romane de la République Tchèque .C'est aussi sans doute l'une des églises les plus accomplies de la région .




Ses origines sont incertaines mais le monument daterait de l'année 920 date à laquelle le Prince Boleslav II dédia l’église à une congrégation de bénédictines placées sous la direction de sa sœur la princesse Mlada. L'on peut donc admirer l'harmonie des volumes extérieurs avec le large chevet avec décor de lesènes et de dents d'engrenage et le plan basilical de l'ensemble. Ce qui se présente à nous est une harmonieuse église du XIIe siècle de trois nefs sur crypte. On peu également deviner près du chevet des restes des bâtiments conventuels de cette importante fondation dont la visite intérieure achèvera de nous convaincre.



dimanche 13 mars 2016

La rotonde Sainte-Marie Madeleine de Prédni Kopanina.

Prédni Kopanina est un  charmant petit village à proximité de l’aéroport de Prague et possède une charmante rotonde qui en dépit de ses larges restructurations de la fin du XIXe et en particulier l'ajour d'une sacristie en forme de courte nef fait une belle impression par l'harmonie de ses formes et la parfaite proportion de ses volumes .
Le portail et les fenêtres de la rotonde sont également des restaurations du XIXe mais elles n'ont pas altéré les proportions générale de cette charmante église.



Cette rotonde est l'une des plus grande région avec prés de cinq mètres et demi de diamètre elle a été édifiée avant 1150 peu être sur l'emplacement d'un ancien lieu de culte païen en guise de promontoire.
 Elle possède l'originalité de conserver sur son massif occidental un beau clocher de deux étages avec des baies jumelles d'inspiration ottonienne.


 La qualité de l'appareillage de belle pierre calcaire blanche frappe également par sa régularité que vient parfois ponctuer une pierre de couleur plus brune.
Malheureusement cette rotonde en cette piéride de l'année était fermée elle posséderait également des fonts baptismaux datant du haut-moyen âge que j'aurais aimé découvrir car ce type d'oeuvre est rare dans la région. La beauté du lieu cependant mérite assurément une visite d'autant qu'en cette période de fin d'année les cimetières semblent comme s'habiller de fleurs et de lampions .


samedi 12 mars 2016

Deux Eglises de la Banlieue de Prague: Dolni Chabry.

Avant de revenir dans le centre l'on peu visiter deux charmantes églises autour de la ville de Prague qui méritent le déplacement si on a aussi la chance de bénéficier des heures d'ouverture particulièrement aléatoires .

L'église de Dolni Chabry au nord de Prague est une harmonieuse construction de la fin du XIIe siècle, elle présente une courte nef et une abside semi-circulaire décorée d'un cordon de lésènes particulièrement en faveur dans cette région d'Europe.



Mais des fouilles récentes on permit de découvrir que cette église à remplacé un édifice bien plus ancien du Xe siècle en forme de rotonde qui par ses dimensions était la seconde plus grande de la région de Prague après celle de Saint-Vitius dans l’enceinte du château.
Il est vraisemblable que le lieu ait eut dés l'origine un rôle stratégique et politique de première importance.


L'église possède aussi un second trésor , de belles fresques dans l'abside probablement du début du XIIIe siècle mais encore très marquées par l'influence romane. On y devine un christ en majesté entouré des symboles des évangélistes et plus bas au niveau des fenêtres les principaux apôtres. Il faut reconnaître qu'en dépit de la modestie de ses volumes cette églises isolée sur une butte entourée d'un mur comme d'une enceint ne manque pas de charme.


 A proximité immédiate je conseille de manger à l'auberge Karel qui ressemble à un ancien relais de diligence et nous fait remonter dans le temps par sa cuisine simple et savoureuse et un accueil particulièrement amical .