samedi 26 février 2011

L'Abbaye d'Arthous; les modillons de la corniche (seconde partie)

Les modillons à représentation humaine sont ici d'une particulière saveur même s'ils semblent d'une certaine maladresse dans l'évocation des personnages qui offrent tous le même visage rond au nez triangulaire et portent généralement la même robe comme un pagne.

Et pourtant leur rusticité et leur simplicité renforcent un sentiment de truculence et de fraîcheur que je ne peux m'empêcher d'éprouver en les observant longuement .





J'aime en particulier ce personnage ricanant semblant défier le visiteur ou le fidèle, ou encore le buveur au tonneau, ou cet homme que deux oiseaux labourent de leurs serres en lui picorant le menton .



Puis vient la figuration de la faute originelle, une Ève "gironde" cache sa poitrine du fruit défendu et son sexe de son autre main , tandis que Adam porte la main à sa gorge semblant se la mordre de dépit entre un arbre riche de fruits et un serpent à tête humaine à la longue chevelure .Cette photo illustre ce billet.




Mélange encore de la piété et du vice , deux religieux portant la croix côtoient des personnages dénudés ou encore un couple assailli de serpents , représentation habituelle de la luxure ...


L'Abbaye d'Arthous; les modillons de la corniche (première partie)

Venons en enfin à la partie que je trouve la plus séduisante de la belle décoration de cette corniche qui oblige le visiteur le " nez en l'air" à en apprécier tous les savoureux détails.
Les modillons sont souvent une des partie ou la verve et la truculence du sculpteur s'exprime le mieux , parfois aussi sont irrévérence si propre à cet univers médiéval .
La première partie est ici consacrée aux représentations stylisées, décor de d'entrelacs forts raffinés et assemblages de feuillages imaginaires.









Mais aussi bestiaire fantastique de gueules de loups de panthère ou d'oiseaux attaquant un fauve en forme de chat.

L'Abbaye d'Arthous; La corniche

Cet partie de l'église , parfois négligé dans bien des édifices présent à Arthous le décor le plus diversifié et le plus éblouissants aux chapiteaux des colonnettes et aux modillons ici en tout point remarquables.
Les chapiteaux des absidioles représentent des visages dans du feuillage ou des personnages combattant un griffon.Ou encore d'élégantes pommes de pins.



Les deux chapiteaux-double de l'abside principale , pour l'un neuf personnages alignés qui tiennent tous un livre sur leur poitrine .

Et pour l'autre une émouvante fuite en Egypte  et a droite une adoration des mages ou des bergers .

L'Abbaye d'Arthous; le chevet

le chevet par son équilibre et son harmonie mais aussi la richesse de son décor est sans aucun doute la partie la plus remarquable de l'édifice .
l'abside principale encadrée de deux absidioles est rythmée par deux paires de colonnettes appliquées dans l'arrondi et par deux contreforts plats .
Trois grandes fenêtres s'ouvrent dans l'hémicycle qui chacune comportent des chapiteaux particulièrement soignés de grandes feuilles ou de crossettes terminées par des volutes.




Sur l'un deux oiseaux affrontés au dessus d'un décor de feuillage .

Deux chapiteaux figurent des personnages humains peut être les prémontrés eux même,
 sur l'un on distingue trois personnages debout dont un au centre tient une croix et deux autres un objet allongé difficile à identifier .

L'Abbaye d'Arthous; visite intérieure


On pénètre dans la nef par un élégant portai latéral à triple voussures soutenues par une double paire de colonnes engagées , qui conserve encore quelques chapiteaux sculptés comme l'ancien portail principal que vous pouvez voir dans le message précèdent .
Lorsque l'on pénètre dans la nef , on est d'abord frappé par la faible largeur de la nef , impression accentuée par la longueur de celle ci mais aussi son élévation et ce en dépit de l'effondrement d'une grande partie des voûtes.


Le Choeur quant à lui est large et lumineux, il s'agit en réalité d'un volonté de séparer le choeur réservé aux prémontrés de la nef , pour les convers, dispositif fréquemment adoptés dans les églises monacales .
Les absidioles du choeur , encadrent avec harmonie et équilibre l'abside principale et leur belle facture fait regretter que cette église n'ai conservé l'intégralité de son voûtement d'origine .


Le décor sculpté est discret au contraire de celui du chevet que j'aborderai plus loin , il reste de beaux chapiteaux à décor végétal ou d'entrelacs et l'ancien tympan du portail principal , dépose dans la nef et hélas très mutilé , ou l'on reconnaît une adoration des mages .


vendredi 25 février 2011

L'Abbaye d'Arthous

Changement d'horizon et de montagnes; pour une halte dans le piémont Pyrénéen sur la commune d'Hastingues dans les Landes à la limite des Pyrénées Atlantique; le village doit son appellation  à l'époque où ces territoires étaient anglais .
L'ancienne Abbaye Sainte Marie est idéalement située à proximité des deux gaves reunis sur la route de l'Espagne, elle est une fondation des prémontrés de Case-Dieu du diocèse d'Auch .
Fondée en 1160 gràce à la faveur du Roi d'Angleterre et du Vicomte de Bearn elle à connu une trés grande prospérité qu'atteste encore l'éblouissante qualité de l'édifice, sauvé de la ruine par une habile restauration , car; grandeur et prospérité, les batiments furent transformés aprés la Revolution en batiments agricoles et connurent un très grand délabrement.
Le site de l'ancienne abbaye est aujourd'hui un lieu de culture et d'exposition et abrite un petit musée archéologique d'un grand intérêt installé dans les bâtiments conventuels du XVIIe et autour de l'ancien cloître aujourd'hui disparu .

Je commencerai la visite comme souvent par le contournement de l'édifice remarquable par sa longueur (32,40 mètres ) et le parfait équilibre de son chevet sur lequel je reviendrai plus longuement dans les billets suivants .L'ensemble est sobre et harmonieux, l'habileté de l'architecte a su rendre presque invisible à l'oeil la forte déclivité naturelle de terrain que le bâtiment couronne avec grâce .

mardi 8 février 2011

La route de Compostelle par le Causse Méjean: Le Buffre

Après Saint-Chély je quitte les pente abruptes des gorges du Tarn pour un nouveau paysage plus aride et quasi désertique , propice à l'éloignement du regard et la méditation du pèlerinage qu'il soit celui de Compostelle ou de l'âme.

Le petit village du Buffre est situé à un jour de marche avant  Sainte-Enimie sur la route de  Saint-Guilhem le Désert .Il y a ici une extraordinaire croix de pèlerinage sans doute encore du XIIème siècle , témoignage émouvant des "marcheurs de la Foi "qui fréquentèrent ces chemins aujourd'hui si solitaires .On y reconnaît deux pèlerins dont l'un brandit une croix au dessus d'un bénitier en forme de tête humaine , tandis que l'autre la brandit également à gauche .



L'on imagine cette halte rafraîchissante dernière étape avant le célèbre monastère de Sainte-Enimie, là ou le soleil même en décembre ne semble jamais épargner cette terre rude et forte .