dimanche 8 février 2015

Saint-Julien de Moingt

Plus haut dans la plaine du Forez entre Saint-Romain le Puy et Champdieu que je réserverai pour des visite ultérieures, car la richesse de cette région est insoupçonnée .

La petite ville de Moingt se confond presque avec la ville de Montbrison mais elle est une fondation celtique ancienne Mondonium située sur cette fameuse route de l'étain reliant dés l'époque celtique l'Auvergne à l'Italie du Nord et la vallée du Rhône .Région thermale et placée au centre d'une riche plaine agricole elle connue à l'époque romaine sous le nom d'Aquae Segetae une véritable prospérité . Prospérité qu'elle a conservé jusqu'au Moyen-Age sous la tutelle des comtes de Forez partagée avec l'influent archevêque de Lyon à laquelle l'église partiellement romane est rattachée.



Dédiée à Saint-Julien, l'église actuelle est une fondation du XIIe  à trois nef dépourvue de tout décor soutenue par des piliers carrés, l'abside d'origine a été percée d'une baie plus large et sans style  et la façade est totalement classique.

La partie la plus intéressante est l’élégant clocher qui se hisse fièrement sur trois étages. Au premier étage une seule fenêtre très étroite tandis qu'au deuxième des arcatures aveugles avec chapiteaux et un simple appareillage pyramidal de petit moellons carrés et constitue le décor aussi charmant qu'inhabituel.
Au troisième étage des baies géminées avec arcature et chapiteaux coiffe ce bel ensemble .



Les chapiteaux sont les seuls témoins de décor sculpté de l'église à l'exception d'un bénitier qui semble avoir été creusé dans un chapiteau réemployé  . Motif de fleurs ou roue solaire , ou encore entrelacs et signes de l'infini en ornent les corbeilles, et illustrent avec force l'impression d'archaïsme que laisse cet élégant édifice mais aussi sans aucun doute ses racines celtiques .



vendredi 6 février 2015

Originalité du tympan de Rozier-Cotes-d'-Aurec .

Ce n'est pas le thème du tympan qui en fait son originalité car l'adoration des Rois Mages est un tableau très fréquemment représenté dans la sculpture et la peinture romane .
Mais ici dans cette église à la fois modeste nous l'avons vu mais aussi placée à un carrefour de routes et d'influences .

En fait ce tympan est tout a fait original et presque unique en Forez dont il est l'exemple le mieux conservé . Son histoire aussi est étonnante en effet Rozier était une dépendance de la famille vellave des Roys elle même possessionnée  à Royans dans le viennois qui reproduit à son tympan une scène identique  . Or cette famille qui était aussi seigneurs des Baux de Provence se disait descendante des Rois Mages !

Le choix de l'adoration des Mages doit aussi être mis en perspective avec les autres sculptures de l'église en effet il est aussi le symbole de l'ancienne foi et du paganisme s'inclinant devant la foi nouvelle et triomphante la Vierge elle représentant l'Eglise dans le monde ce qui est souligné par la représentation de Saint-Blaise au dessus du tympan, celui-ci étant considéré comme l'un des patrons de l’Église. .
Saint-Blaise détail de la façade

 


Enfin la sculpture n'est pas sans évoquer à la fois le style du Velay ce qui est marquant aux visages aigus de la Vierge et du Christ ainsi qu'aux plis des vêtements mais aussi certaine sculpture d'Espagne en particulier le tympan de San Pedro el Viejo à  Huesca dont il reproduit presque la composition même si le style est très différent . Par contre le style est plus proche d'autre églises espagnoles comme celle de Bossost.



 San Pedro el Viejo-Huesca-Aragon-Espagne

San Pedro el Viejo-Huesca-Aragon-Espagne 

Eglise de Bossost-Val d'Aran-Espagne 

Eglise de Bossost-Val d'Aran- Espagne 

jeudi 29 janvier 2015

Les énigmes des sculptures de Rozier-Côtes-d'-Aurec.

Après plusieurs tentatives j'ai enfin eu la chance de visiter l’intérieur de l'église et découvrir l’étrange beauté de ses chapiteaux.
Plusieurs école s'affrontent au sujet de leur interprétation et la première tente de les rapprocher de l'école viennoise en particulier de ceux des églises de Saint-André le Bas et de la cathédrale Saint-Maurice . Deux raisons principales l'expliqueraient; tout d'abord les liens de ce prieuré avec la vallée du Rhône en raison de sa situation sur une des plus ancienne voie de communication de l'époque celtique puis romaine sorte de nœud routier entre le Piémont; la vallée du Rhône et la route du Puy et l'Auvergne. Cette route dite aussi la route de l’étain était aussi très fréquentée à l'époque romaine et Rozier en était une sorte de liaison privilégiée.
L'influence de Vienne serait aussi sensible aux choix des sculptures dont l'intention est de représenté les vertus théologales et la supériorité de la vie ascétique mais aussi le symbole de la lutte du bien contre le mal en particulier lorsqu’il s'agit de représenté la lutte de l'homme contre la bête comme Samson luttant contre le lion.

Toutefois cette opinion fort bien étayée ne concorde pas avec le choix des sculptures car jamais le lion n'y est représenté mais le loup qui reproduit davantage l'image du loup anthropophage thème plus caractéristique des influences celtiques de l'art roman . Or ici ces influences sont nettes tout comme il est évident que le style des sculptures est sans rapport plastique avec celles de Vienne .

la première de ces sculptures se découvre au seul chapiteau historié du chœur dont les arcatures qui le décore rappelle les églises du lyonnais. Un personnage nu encadré de deux chapiteaux à décor antiquisant, brandit une hache et un marteau dans ses mains . Il pourrait être la représentation de l'ancien dieu Teuthatés. De sa bouche sortent deux serpents peut être le symbole du châtiment du paganisme par la foi chrétienne.

Dans la nef un premier chapiteau représente la lutte d'un homme avec un loup , image fréquente de la lutte du bien contre le mal, toutefois ici ce n'est pas le Samson triomphant du mal qui maîtrise le lion par les mâchoires mais outre l'influence celtique évidente peut être le thème majeur également de l'homme en prise avec la vie .La fleur de lys qui apparaît au-dessus du loup est aussi un symbole très ancien.




Plus énigmatique est le deuxième chapiteau représentant une tête d'homme qui semble sortir du feuillage comme poursuivit par un autre homme armé d'un bâton et d'un chien ou d'un loup, certain le rapproche de la scène de Job se détachant des contingences du monde terrestre .



Enfin le dernier chapiteau représente un personnage qui semble s’élever vers le ciel vêtu d'une robe portant dans une main une bourse peut être celle du dieu celte Teutathés à sa gauche se trouve un serpent cornu attribut de Cernunnos . Peut être aussi ici une représentation de l'homme résistant aux tentations du monde . Mais là encore les roues solaires et le motif infini qui l'encadrent font fortement penser aux symboles celtiques.




Enfin on ne manquera pas d'admirer la plaque sculpté dans le granit représentant le Christ entre l'Alpha et l'Oméga sans doute un relief d'un devant d'autel .



dimanche 25 janvier 2015

Saint-Blaise de Rozier-Côtes-d'-Aurec.

Il faut chercher presque au bout du monde cette église d'un ancien prieuré dépendant de Cluny et attachée au diocèse du Puy à la limite ouest du département de la Loire et pourtant la visite vaut manifestement le voyage.
Si les origines de cette église sont peu connu elle rassemble  bien des exceptions dans le Forez roman et aussi bien des influences comme celle des église de Vienne par son décor mais aussi des caractéristiques architecturales très inspirées de celle du Puy et un décor sculpté particulièrement original.


A l’extérieur le chevet à pan coupé est rare dans la région mais reproduit un modèle fréquent dans les églises du Velay , sont puissant clocher a été refait ultérieurement mais dans le respect du clocher d'origine .


Le plan à nef unique avec transept à absidioles est lui plus habituel dans le Forez . La nef est elle une des rare nef voûtée en plein cintre avec doubleaux de la région.

 La coupole rigoureusement hémisphérique en petit appareil serait elle du XIe et pourrait être l’éclairage le meilleur pour la datation de l'église .

La façade simple et décorée d'un tympan unique dans la région méritera un billet complet tant celui-ci est original.

jeudi 22 janvier 2015

Promenades dans le Forez roman; Saint-Marcellin en Forez.

Direction maintenant l'ouest de ma grande région pour l'actuel département de la Loire qui se confond à peu prés avec l'ancien Forez . Ce territoire est peu connu mais recèle de nombreuses richesses souvent associé avec le Velay voisin il était cependant à l'époque médiévale politiquement partagé entre l'influence de l'archevêque de Lyon et le pouvoir temporel des Comtes du Forez mais aussi traversé de multiples influences; certaines locales comme celle de la puissante abbaye de Cluny d'autres plus lointaines en raison du passage de la célèbre  route vers Compostelle  par Le Puy .
On y trouve peu d'église de premier plan le plus souvent des prieurés occupés de quelques moines et de modestes temples cependant de grand charme par leur parfaite harmonie avec le paysage souvent rude et austère du vaste plateau et des monts du Forez.
Les églises que l'on y découvre sont "traversées de ses influences mais aussi attachées à leur racines païennes qui se manifestent aux décor des chapiteaux et par l'austérité d'édifices souvent modestes en raison de l'emploi de matériaux locaux souvent de qualité modeste . Mais j'aime à me promener dans ce beau pays rude et sauvage et aussi déroutant  par son fort passé industriel très présent mais aussi la force de ses racines anciennes.

Saint-Marcellin  est une petite ville qui garde deux églises de l'époque romane encore ceinturée des reste de ses murailles la première église y a té édifiée en 984 . l'église actuelle est du XIIe est conserve de cette époque une fa cade et quatre travées avec un portail a trois archivoltes  avec cordon en décor d'arcatures .

Le clocher porche du XVe a remplace le clocher roman mais s'inspire de ceux de Saint-Rambert et de Champdieu . Quelques chapiteaux feuillagés  se retrouvent encore dans la nef .



Dans le centre on découvrira la chapelle Sainte_Catherine transformée en médiathèque ce qui l'a peut être sauvée de la ruine , elle est surmonté d'un charmant clocher-mur à double colonnettes élégamment torsadées. Son portail est très voisin de celui de l'église du bourg. En dépit de ses transformations cette chapelle reste charmante.