samedi 1 mai 2021

La chapelle circulaire de Ludlow au cœur des légendes.

 


Cet article clôture cette série consacrée à cette belle région du Shropshire si peu connue et décrite du moins en France et qui réserve tant de surprise pour la beauté de ses paysages naturels et la richesse de son patrimoine qui va bien au-delà de la période romane et préromane que j'aborde dans ce blog. En outre sa situation favorise aussi de nombreuses promenades dans le Pays de Galles voisin qui surprendra ceux qui ne connaissent pas cette région.

J'ai souligné dans le précédent article la position stratégique de premier plan de ce château et la présence d'une telle chapelle en souligne également l'importance politique et sans doute religieuse. 

Or cette chapelle par son plan est un exemple rarissime en Angleterre qui ne fait l'objet en France d'aucune étude sérieuse et de très peu d'ouvrages en Angleterre sauf celles réservé aux chercheurs locaux à l'exception du site " Corpus of romanesque sculpture in Britain and Ireland".


Cette chapelle circulaire est d'une grande dimension avec un diamètre de plus de 8 mètres, elle présente  deux étages de fenêtres et la partie supérieure a été rehaussée de créneaux à l'époque gothique.

 De nombreuses ouvertures plus tardives ont également été percée dans le mur à diverses époques et les grandes baies en-plein-cintre du premier étage sont sans doute de la fin de l'époque romane. Cependant rien ne permet de déterminer s'il existait à l'intérieur un seul et même volume ou s'il y avait des aménagements en bois par exemple ou un plancher à mi-hauteur ce que pourraient induire des corbeaux placés dans le mur intérieur et d'un bandeau de pierre sous les grandes fenêtres à l'extérieur.

Des fouilles menées au début du XXe siècle ont permis d'établir que cette chapelle était prolongée par  une nef rectangulaire avec abside polygonale. Je joins ici un plan sommaire de l'édifice tel qu'il devait être à l'origine.


Ce qui est particulièrement original, c'est le plan de l'église, car en effet l'entrée se faisait par la partie circulaire à l'ouest et ce contrairement à bon nombre de rotondes où la partie circulaire constitue le chevet, je pense par exemple aux églises de Saint Benigne de Dijon, Rieux-Minervois ou Neuvy-Saint-Sépulcre en France.

Cette entrée existe toujours sous la forme d'une belle porte en plein-cintre encadrée d'une double colonnade supportant les trois archivoltes sculptées de motifs typiquement normands en dents de scie et de bâtons brisés. Les chapiteaux à godrons des colonnes complètent également ce décor.



L'entrée de la chapelle est cependant d'une relativement modeste, la hauteur de la porte est de trois mètres mais surtout son ouverture est d'à peine plus d'un mètre et ne devait pas permettre le passage de plus d'une personne à la fois. cela confirme le caractère privé de cette chapelle.




La partie la plus remarquable de la chapelle est à l'intérieur. Le rez-de-chaussée est couronné d'une remarquable frise d'arcatures aveugles dont les colonnes reposent sur une forme de corniches formant comme un banc. Des fragments de pierres tombales ont été placés dans les niches que forment ces arcatures.


Tout le décor est géométrique comme la porte principale et tout aussi soigné. Les sept arcades sont alternativement lisses ou avec un décor de chevrons le tout reposant sur des chapiteaux à godron.








En face de la porte d'accès se trouve encore une large ouverture en-plein-cintre qui occupe presque toute la hauteur du mur devait vraisemblablement donner accès à la nef disparue. La hauteur de cette arche interroge, elle remet en tout cas en cause l'idée qu'il puisse y avoir un étage à mi-hauteur de la rotonde. Cet arc triomphal présente lui aussi un riche décor d'étoiles simples ou doubles dans des losanges sur la totalité de l'arche à l'exception de l'archivolte extérieure décorée de bâtons brisés.






Viennent maintenant les questionnements nombreux et les mystères de ce singulier et magnifique sanctuaire.

La chapelle est dédiée à Sainte-Marie Madeleine ce qui n'est sans doute pas un hasard mais je n'insisterai pas sur le caractère rarissime de ce patronage souvent associé à des lieux de pèlerinage comme Vézelay ou Sainte-Maxime ce qui  n'est pas le cas ici.

Longtemps aussi cette chapelle fut appelée localement la chapelle du Prince Arthur.

Les monuments extraordinaires font souvent l'objet de nombreuses légendes. L'on s'accorde cependant aujourd'hui à dater sa construction de la seconde moitié du XIIe siècle à l'époque où l'un de ses propriétaires  de la famille des Lacy s'apprête à partir en croisade et rejoindre les templiers.

Il est d'ailleurs plus probable que la chapelle sera édifiée à son retour des croisades ce que confirme le décor sculpté qui appartient davantage au roman tardif en Angleterre. Toutefois certains auteurs évoquent une date de construction plus ancienne de la fin du XIe. Il est certain cependant que cette église a été bâtie par référence au Saint Sépulcre de Jérusalem à l'image d'autres rotondes en Angleterre comme Temple Church à Londres ou les églises de Cambridge ou Northampton. Cette église est cependant remarquable et sans doute l'un des monuments majeurs pour l'art roman dans cette région.

Enfin la présence de pierres tombales conduit à penser que cette chapelle devait être un sanctuaire familial ou une chapelle funéraire, mais la somptuosité du décor et l'originalité de l'ouvrage permettent aussi d'imaginer qu'elle avait une fonction politique et de prestige; celle de manifester la puissance ou la faveur de ses propriétaires .



Je dois dire enfin que j'ai eu beaucoup de chance en visitant cette église, car elle se trouvait dans son état d'origine. Depuis la chapelle a été couverte d'une toiture en bois. cet ouvrage est présenté comme une volonté de protéger la chapelle mais aussi d'en valoriser l'usage. En effet ce grand château est une propriété privée comme bon nombre de monuments en Angleterre . La question du coût de l'entretien de ces vastes ensemble est donc cruciale car les aides publics sont très peu nombreux en Angleterre. Toutefois je reste admiratif sur l'excellent état de préservation de la plupart des monuments et surtout leur grande facilité de visite. Il faut seulement désormais s'assurer que la chapelle ne sera pas réservée à un évènement privé comme un mariage pour espérer la découvrir. 



 Je vous invite à parcourir l'excellent site "Corpus of romanesque sculpture in Britain and Ireland" que j'ai cité plusieurs fois, et qui donne des descriptions détaillées ainsi que d'intéressantes références bibliographiques.


Google translate.

Ludlow's circular chapel at the heart of legends.


 This article closes this series devoted to this beautiful region of Shropshire so little known and described at least in France and which holds so many surprises for the beauty of its natural landscapes and the richness of its heritage which goes far beyond the Romanesque period. and pre-addict that I discuss in this blog. In addition its location also favors many walks in neighboring Wales which will surprise those who do not know this region.I underlined in the previous article the prime strategic position of this castle and the presence of such a chapel also underlines its political and undoubtedly religious importance.However, this chapel by its plan is an extremely rare example in England which has not been the subject of any serious study in France and of very few books in England except those reserved for local researchers with the exception of the site "Corpus of romanesque sculpture in Britain and Ireland "This circular chapel is of a large size with a diameter of more than 8 meters, it has two floors of windows and the upper part was enhanced with battlements in the Gothic period.Many later openings have also been made in the wall at various times and the large semi-circular bay windows on the first floor are undoubtedly from the late Romanesque period. However, nothing makes it possible to determine whether there was a single volume inside or if there were wooden fittings for example or a floor halfway up which could be induced by corbels placed in the interior wall and of a stone band under the large windows outside.Excavations carried out at the beginning of the 20th century have established that this chapel was extended by a rectangular nave with a polygonal apse. I enclose here a summary plan of the building as it should have been originally.What is particularly original, it is the plan of the church, because indeed the entry was made by the circular part to the west and this contrary to a good number of rotundas where the circular part constitutes the bedside, I think. for example at the churches of Saint Benigne in Dijon, Rieux-Minervois or Neuvy-Saint-Sépulcre in France.This entrance still exists in the form of a beautiful semicircular door framed by a double colonnade supporting the three archivolts carved with typically Norman sawtooth patterns and broken sticks. The gadrooned capitals of the columns also complete this decor.The entrance to the chapel is however relatively modest, the height of the door is three meters but above all its opening is barely more than one meter and should not allow the passage of more than one person. at a time. this confirms the private character of this chapel.The most remarkable part of the chapel is inside. The ground floor is crowned with a remarkable frieze of blind arches, the columns of which rest on a form of cornices forming like a bench. Fragments of tombstones have been placed in the niches formed by these arches.All the decor is geometric like the main door and just as neat. The seven arcades are alternately smooth or with a herringbone decoration, all resting on gadrooned capitals.Opposite the access door is still a large semicircular opening which occupies almost the entire height of the wall was probably to give access to the missing nave. The height of this arch raises questions, in any case it calls into question the idea that there could be a floor halfway up the rotunda. This triumphal arch also has a rich decoration of single or double stars in diamonds over the entire arch with the exception of the exterior archivolt decorated with broken sticks.

Now come the many questions and the mysteries of this singular and magnificent sanctuary.


The chapel is dedicated to Sainte-Marie Madeleine which is probably not a coincidence but I will not insist on the extremely rare character of this patronage often associated with places of pilgrimage like Vézelay or Sainte-Maxime which is not not the case here.Also for a long time this chapel was locally called the Chapel of Prince Arthur.Extraordinary monuments are often the subject of many legends. However, today we agree to date its construction from the second half of the 12th century to the time when one of its owners from the Lacy family was preparing to go on a crusade and join the Templars.It is also more likely that the chapel will be built on his return from the Crusades, which is confirmed by the sculpted decoration which belongs more to the late Romanesque in England. However, some authors mention an older construction date of the end of the 11th century. It is certain, however, that this church was built with reference to the Holy Sepulcher of Jerusalem in the image of other rotundas in England such as Temple Church in London or the churches of Cambridge or Northampton. This church is however remarkable and undoubtedly one of the major monuments for Romanesque art in this region.Finally, the presence of tombstones leads to think that this chapel must have been a family sanctuary or a funeral chapel, but the sumptuousness of the decoration and the originality of the work also allow us to imagine that it had a political and prestigious function. ; that of manifesting the power or favor of its owners.Finally, I must say that I was very lucky to visit this church, because it was in its original state. Since the chapel has been covered with a wooden roof. this work is presented as a desire to protect the chapel but also to enhance its use. Indeed this great castle is a private property like many monuments in England. The question of the cost of maintaining these vast complexes is therefore crucial because public aid is scarce in England. However, I admire the excellent state of preservation of most of the monuments and especially their ease of visit. It is only necessary now to ensure that the chapel will not be reserved for a private event such as a wedding to hope to discover it. I invite you to visit the excellent site "Corpus of romanesque sculpture in Britain and Ireland" which I have cited several times, and which gives detailed descriptions as well as interesting bibliographical references.


samedi 17 avril 2021

La salle capitulaire de Much Wenlock l'un des sommet de la décoration romane tardive en Angleterre.

 


J'ai laissé pour clôturer ce court voyage dans le Shropshire deux parmi les plus fameux monuments, de ceux qui consistaient pour moi des étapes incontournables du voyage.

La salle capitulaire de Much Wenlock est incontestablement l'une d'elles. Robert Stoll lui-même dans son ouvrage consacré à l'art roman en Angleterre lui consacre quelques lignes pour en souligner selon lui que " l'ensemble est du meilleur de l'art roman tardif en Angleterre".


La salle capitulaire et le lavatorium sont les seuls témoignages de la splendeur de ce prieuré à l'époque romane. Elle aurait été exécutée entre 1160 et 1180 et fait regretter la destruction du cloitre à l'époque Tudor.

Trois vastes arcades d'une l'une fait office de portail ouvraient sur une galerie du cloitre, elles présentent un riche décor purement géométrique en dents-de-scie et d'engrenages. Les colonnes disparues supportent des chapiteaux à godrons richement ornementés.





Cette belle entrée permettait d'accéder à la salle encore plus somptueuse, bien que fortement altérée. Pour Robert Stoll elle était probablement couverte de voutes sur croisées d'ogives.

Chaque mur est recouvert de trois rangées d'arcatures aveugles entrecroisées et superposées ce qui est un cas unique. Le long des arcades court une gorge et certaines arcatures enserrent des niches. Les arcatures sont lisses pour la plupart et parfois ornementées de zigzags ou de rhombes.






Les nombreux petits chapiteaux à la jonction des arceaux sont décorés de roses de palmettes ou d'étoiles et parfois une tête animale très stylisée crachant du feuillage.








On peut imaginer avec la beauté de ce qui frappe le regard du visiteur la splendeur de cette salle dans son état initial et on peut imaginer qu'elle était totalement peinte et sans doute décorée de statues dans les niches du premier niveau. 

Il existe peu d'exemplaire similaire sauf peut-être les cathédrales de Bristol et de Worcester sans atteindre à cette exubérance.

Je m'interroge toujours pour ce gout si particulier à l'Angleterre et aussi à la Normandie pour ce décor totalement abstrait en particulier pour cet usage si fréquent des arcs entrecroisés, je me hasarde à y trouver une influence orientale et il faut regarder vers la Sicile et l'Italie du sud, elles aussi conquises par des Normands, tellement subjugués par la beauté des arts qu'ils découvrent sur place qu'ils n'ont eu de cesse de les reproduire et de les transformer selon leur propres modèles; et les exemples sont nombreux.

L'art roman démontre encore ici son extrême fécondité et inventivité faisant de motifs purement géométriques un sommet de l'expression artistique et à n'en pas douter spirituelle.



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The chapter house of Much Wenlock one of the peaks of late Romanesque decoration in England.


To end this short trip to Shropshire, I left two of the most famous monuments, of those which for me were essential stages of the trip.The chapter house of Much Wenlock is undoubtedly one of them. Robert Stoll himself in his work devoted to Romanesque art in England devotes a few lines to it to underline according to him that "the whole is the best of late Romanesque art in England".The chapter house and the lavatorium are the only testimonies to the splendor of this priory during the Romanesque period. It would have been executed between 1160 and 1180 and makes you regret the destruction of the cloister in the Tudor era.Three vast arches, one of which serves as a portal, opened onto a gallery of the cloister, they present a rich purely geometric decoration in sawtooth and gears. The missing columns support richly ornamented gadroon capitals.This beautiful entrance provided access to the even more sumptuous room, although it was heavily weathered. For Robert Stoll it was probably covered with cross-ribbed vaults.Each wall is covered with three rows of blind arcades crisscrossed and superimposed which is a unique case. Along the arcades runs a gorge and some arches enclose niches. The arches are mostly smooth and sometimes adorned with zigzags or rhombuses.The many small capitals at the junction of the arches are decorated with roses, palmettes or stars and sometimes a very stylized animal head spitting out foliage.We can imagine with the beauty of what strikes the visitor's gaze the splendor of this room in its initial state and one can imagine that it was completely painted and undoubtedly decorated with statues in the niches of the first level.There are few similar copies except perhaps the cathedrals of Bristol and Worcester without reaching this exuberance.I always wonder for this taste so particular to England and also to Normandy for this totally abstract decoration in particular for this so frequent use of intersecting arches, I venture to find an oriental influence there and you have to look towards the Sicily and southern Italy, also conquered by the Normans, so captivated by the beauty of the arts that they discovered on the spot that they never stopped reproducing and transforming them according to their own models; and there are many examples.Romanesque art again demonstrates here its extreme fertility and inventiveness, making purely geometric patterns a summit of artistic expression and undoubtedly spiritual.



mardi 13 avril 2021

Le château de Ludlow; première partie la forteresse et le donjon.


 Ludlow est aujourd'hui une charmante petite ville qui a conservé tout son charme médiéval  ainsi que celui lieu de villégiature victorien charmant. Une de ces villes où l'on aimerait rester plus longtemps ne serait-ce que pour flâner au hasard des rues ou pour se promener dans ses environs.

Ma visite était cependant limitée au château médiéval qui est est le cœur et à l'origine du développement de la cité.

Son histoire est assez bien connue. Le château fut en effet fondé par un des tout premiers compagnon de Guillaume lors de la conquête de l'Angleterre; un certain Gauthier de Lacy, féal de Guillaume de Crépon dit Fitz Osbern un des principaux compagnons d'armes du duc Guillaume.



Le château fut vraisemblablement entrepris une dizaine d'années après la conquête une fois Fitz Osbern fait duc de Hereford.

Lacy grandement gratifié pour ses services choisit un site privilégié, un piton rocheux dominant les deux vallées des rivières Corve et Teme, à un point géographique stratégique aux portes du Pays de Galles.

On a peine à imaginer maintenant à quel point cette "frontière" avec le Pays de Galles, fut importante au moins jusqu'à la première moitié du XIIe siècle.

Ludlow devint vite un objet de convoitises et de rivalités féodales entre descendants et héritiers de la famille de Lacy mais d'autres grands seigneurs jusqu'au roi lui-même en raison de son importance militaire dont les restes encore monumentaux en sont les témoins.

Ce château maintes fois remanié et agrandit restera un enjeu militaire d'importance jusqu'à la guerre civile anglaise au XVIIe siècle.

Malgré ses destructions la forteresse  présente un vaste plan rectangulaire divisé par un corps de garde et un important avant-poste et une enceinte intérieure.



Le corps de garde actuel occupe l'ancien château normand du XIIe siècle, sa partie la plus ancienne.

Ce qui fait aujourd'hui fonction de porte d'entrée fortifiée est en effet l'ancien donjon normand. De forme carrée il impressionne par ses dimensions et sa hauteur. Il semble qu'il ait été construit grâce au matériaux trouvés sur place sur la falaise où il fut édifié.



Le donjon fut semble-t-il très vite relégué à des fonctions secondaires avec le développement d'une vaste cour intérieure dès le XIIIe c'est peut-être ce qui explique son relatif bon état de conservation.

Le donjon est le cœur de la forteresse normande et au-delà de ses belles dimensions il conserve encore des parties romanes non négligeable à usage de logements ou de réserves.



On peut encore remarquer les belles fenêtres en plein-cintre du premier étage. qui donnent encore accès à de petites salles supérieures

.




Mais aussi il faut visiter les salles des niveaux inférieurs qui donnent accès à la cour. Certaines de ces salles dont je n'ai pas repéré la fonction, gardent encore un beau décor d'arcatures en plein-cintre reposant sur des chapiteaux à godrons et l'on peut imaginer que ce décor était réservé au seigneur ou aux personnalités importantes du château normand.






Ce château appartient donc à toute une lignée de forteresses normandes célèbres de Falaise à Caen en passant par Hastings, ou encore la forteresse royale de Londres.



Mais vous le verrez bien vite Ludlow réserve une autre surprise inattendue à deux titres au moins.


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Ludlow Castle; first part the fortress and the keep.


 Ludlow is today a charming little town which has retained all of its medieval charm as well as that charming Victorian holiday resort. One of those cities where one would like to stay longer if only to stroll at random in the streets or to stroll in its surroundings.My visit was however limited to the medieval castle which is the heart and the origin of the development of the city.Its history is quite well known. The castle was indeed founded by one of William's very first companions during the conquest of England; a certain Gauthier de Lacy, feal of Guillaume de Crépon, known as Fitz Osbern, one of the main comrades in arms of Duke Guillaume.The castle was probably undertaken some ten years after the conquest when Fitz Osbern was made Duke of Hereford.Lacy, greatly rewarded for his services, chooses a privileged site, a rocky outcrop overlooking the two valleys of the Corve and Teme rivers, at a strategic geographical point at the gates of Wales.One can hardly imagine now how important this "border" with Wales was, at least until the first half of the 12th century.Ludlow quickly became an object of lust and feudal rivalry between descendants and heirs of the Lacy family but other great lords up to the king himself because of his military importance of which the still monumental remains are the witnesses.This castle, altered and enlarged many times, will remain an important military stake until the English Civil War in the 17th century.Despite its destruction, the fortress has a vast rectangular plan divided by a guardhouse and an important outpost and an interior wall.The current guardhouse occupies the old Norman castle of the 12th century, its oldest part.What today serves as a fortified entrance gate is in fact the old Norman keep. Square in shape, it impresses with its dimensions and height. It seems that it was built using materials found on the spot on the cliff where it was built.The keep was apparently very quickly relegated to secondary functions with the development of a vast interior courtyard from the 13th century, which is perhaps what explains its relative good state of conservation.The keep is the heart of the Norman fortress and beyond its beautiful dimensions it still retains significant Romanesque parts for use as housing or reserves.One can still notice the beautiful semicircular windows on the first floor.But also the rooms on the lower levels which give access to the courtyard. Some of these rooms, the function of which I have not spotted, still retain a beautiful decoration of semicircular arches resting on gadrooned capitals and one can imagine that this decoration was reserved for the lord or important personalities of the Norman castle.But you will soon see that Ludlow has another unexpected surprise in store for at least two reasons.


jeudi 1 avril 2021

Much Wenlock , une abbaye clunisienne dans le Shropshire.

 


L'histoire de Much Wenlock se confond avec la légende, celle d'une fondation par un ancien roi anglo-saxon Merewalh pour sa fille Milburh ou Milburga qui en deviendra la première abbesse au VIIe siècle et qui sera plus tard, canonisée.

Détruite à la fin du IXe siècle par les Danois il faudra attendre prés de deux siècles pour qu'elle soit reconstruite.

Mais c'est après la conquête normande que l'abbaye connaîtra des jours glorieux après sa refondation par des moines clunisiens de la-Charité-sur-Loire. miraculeusement cette fondation s'accompagne de la découverte des reliques de Sainte Milburga et d'autres saints locaux et l'abbaye deviendra alors un lieu de pèlerinage important  qui contribuera grandement à sa prospérité.

Dès le XIIe siècle elle devint un prieuré royal et accueillit de nombreux souverains. Autre particularité notable tous ses prieurs jusqu'à la fin du XIIIe siècle étaient français et directement nommés par l'abbaye mère de Cluny.

Sa renommée perdurera jusqu'à sa ruine par la volonté de Henri VIII qui a sans doute à lui seul, provoqué la ruine de plus de bâtiments religieux en Angleterre que la Révolution et les Guerres de religions réunis en France.



Si des fouilles ont permis de retrouver la trace des premières églises saxonnes, celles-ci ne se manifestent par aucune trace visible. L'essentiel des bâtiments visibles est de magnifiques ruines essentiellement datables du XIIIe siècle à l'exception du cloitre du XIIe et de la somptueuse salle capitulaire qui sera l'objet de l'article suivant.

Comme souvent hors de France il faut se garder des classifications par date car même au XIIIe siècle en Angleterre l'art roman perdure, ce qui est manifeste à l'une des seules parties de galerie du cloitre encre préservée et des fondations impressionnantes du lavatorium.





C'est devenu depuis le XIXe un lieu de repos et de charme parfaitement mis en valeur par un discret et ensemble paysager si propre au talent de nos amis anglais.



Avant de visiter l'abbaye dont il reste également quelques bâtiments de ses fortifications il est possible d'aller visiter la petite église du village, dont les parties romanes sont encore bien visibles . En particulier on remarquera le beau clocher et le portail de la nef ainsi que le mur triomphal entre la nef et le chœur. Quant à la plus belle surprise de ce vaste ensemble vous la découvrirez bien vite.








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Much Wenlock, a Cluniac Abbey in Shropshire.


 The story of Much Wenlock merges with the legend, that of a foundation by a former Anglo-Saxon king Merewalh for his daughter Milburh or Milburga who would become its first abbess in the 7th century and who would later be canonized.Destroyed at the end of the 9th century by the Danes, it will take almost two centuries for it to be rebuilt.But it is after the Norman conquest that the abbey will experience glorious days after its refoundation by Cluniac monks from la-Charité-sur-Loire. miraculously this foundation is accompanied by the discovery of the relics of Saint Milburga and other local saints and the abbey will then become an important place of pilgrimage which will greatly contribute to its prosperity.From the 12th century it became a royal priory and welcomed many sovereigns. Another notable feature: all its priors until the end of the 13th century were French and directly appointed by the mother abbey of Cluny.Its fame will last until its ruin by the will of Henry VIII who undoubtedly alone caused the ruin of more religious buildings in England than the Revolution and the Wars of Religion combined in France.If excavations have made it possible to find traces of the first Saxon churches, these are not manifested by any visible trace. Most of the visible buildings are magnificent ruins, essentially dating from the 13th century, with the exception of the 12th century cloister and the sumptuous chapter house which will be the subject of the following article.As is often the case outside France, we must be careful not to classify by date because even in the 13th century in England Romanesque art persisted, which is evident in one of the only parts of the gallery of the preserved ink cloister and the impressive foundations of the lavatorium.Since the 19th century, it has become a place of rest and charm perfectly highlighted by a discreet and landscaped ensemble so specific to the talent of our English friends.Before visiting the abbey, of which there are also some buildings from its fortifications, it is possible to visit the small church in the village, whose Romanesque parts are still clearly visible. In particular one will notice the beautiful bell tower and the portal of the nave as well as the triumphal wall between the nave and the choir. As for the most beautiful surprise of this vast set, you will discover it very quickly.