mardi 16 août 2011

Le baptistère de Pise

Le baptistère est le troisième monument de cet ensemble exceptionnel et non le moindre par ses dimensions mais aussi les prouesses de sa construction. Commencé en 1152 par Diotisalvi, trois ans plus tard la colonnade de l'anneau est entreprise et le premier étage presque totalement achevé en 1164, les chroniqueurs de l'époque rapportant même que la colonnade intérieure fut réalisée en 15 jours .

L'essentiel du premier étage est du XII éme siècle pour être achevé au milieu du siècle suivant par Pisano. l'on remarquera cependant que l'étage supérieur porte bien davantage la marque de l'art gothique comme en atteste la dentelle des sculptures et des pinacles de la galerie supérieure et de la corniche.
Le premier étage purement roman reprend le motif d'arc aveugles et d'incrustations de pierres polychrome de la cathédrale et de la tour .

L’intérêt de la visite est particulièrement porté sur les rois portails , richement décorés de motifs géométriques et floraux mais surtout d'épisodes de la vie du Christ ou de la Vièrge qui au delà de leur incontestable maîtrise , semblent aussi particulièrement remarquable par leur inspiration byzantine. Beaucoup de spécialistes ont reconnu dans ces sculptures une des expressions les plus abouties de l'art des sculpteurs romans , particulièrement remarquable au portail principal qui fait face à la cathédrale.
Portail latéral gauche

Portail latéral droite




dimanche 14 août 2011

Pise; l'interieur de la Cathédrale

Dernier billet sur ce "monument" de l'art roman, tellement impressionnant, et cette majesté est tout aussi remarquable à l'intérieur.
Le plan est lui aussi basilical comme tant d'église italiennes , mais d'une dimension étonnante, jugez en plutôt , puisqu’il comporte cinq nefs, avec transept saillant à trois nefs !

 Une grande coupole octogonale refaite au XVI ème siècle après le grand incendie qui dévasta l’église couronne la croisée du transept, le plafond de la nef centrale à sans doute toujours été à charpente apparente avant se restauration postérieure.
les tribunes du transept et de la nef s'ouvrent par de vastes fenêtres et cette églises offrent bien des similitudes avec l'art Byzantin.

Je suis avant tout frappé par la luminosité de l'ensemble et la largeur des volumes, mais aussi son harmonie et sa légèreté en dépit de son incroyable puissance.
L'alignement de hautes colonnes et leur symétrie parfaite offre des perspectives éblouissantes, comme si l'on se trouvait dans une foret de pierres.

Le décors des chapiteaux reste très classique, mais le mélange des marbres de couleur aux arceaux et les incrustations de pierres et de motifs rappellent, avec plus de sobriété le décor extérieur.


L'on ne manquera pas d'admirer la superbe chaire de Giovanni Pisano exécutée entre le XII ème et le XIV ème siècles qui déjà annonce la splendeur de la renaissance par son exubérance et l'abondance de sa décoration sculptée .
mais ce qui me fascine , est avant tout, l'arborescence des colonnes et des arceaux en particulier à la croisée du transept, qui me rappelle la magnificence de grands édifices musulmans comme par exemple la grande mosquée de Cordoue, ce qui n'est finalement pas si étonnant pour un art qui sait si bien s’imprégner d'influences les plus diverses pour les réinterpréter pour le plus grand plaisir de l'amateur de cet art si foisonnant, et n'oublions pas que Pise, avec la conquête de la Sicile musulmane et aussi les croisades en Terre Sainte est à la proue des influences considérable qu'aura l'Islam pour l'Occident chrétien de cette époque .


La grande salle de la mosquée de Cordoue


samedi 13 août 2011

Pise : la façade de la Cathédrale

La façade, est la plus tardive, mais encore purement romane et un véritable livre d'images, son aspect actuel est l'oeuvre de Rainaldo , et par sa richesse et son exubérance est sans doute allé au delà du projet initial de Buschetto; cependant elle est sans doute une des plus brillante illustration de cet art "romano-pisan".
Au dessus des trois portails principaux; quatre rangées de galeries multiplient les décors sculptés et les motifs de losanges et de rosettes, les incrustations de mosaïques ou de marbres colorés. Chaque galerie est séparée également de corniches sculptées et de statues .



Cette richesse du décor perd parfois le regard, et l'on s'amuse à parcourir chacune des voussures ou des colonnes qui grouillent de motifs souvent floraux et d'animaux mais sans jamais d'impression de lourdeur ni de lassitude.
Cette incroyable richesse de l'ornementation est une marque de plus de l'incontestable prestige attaché à la construction de cet édifice.



 Quelques beaux chapiteaux ajoutent à la maîtrise de la sculpture de cet ensemble impressionnant,


mais aussi de nombreuses épitaphes et inscriptions en mémoire des principaux artisans de la Cathédrale, la pierre tombale de Buschetto étant même située au dessus du portail principal, ainsi cette façade exceptionnelle est aussi une nécropole, à la gloire de ses concepteurs et réalisateurs ...


dimanche 7 août 2011

La cathédrale Santa-Maria de Pise

C'est souvent un enchaînement de circonstances qui expliquent le miracle d'un construction aussi éblouissante que celle d'un tel édifice qui devait marquer l'art du Moyen-Âge au point que l'on parle désormais d'un art "romano-pisan" .
En l'espèce, c'est un afflux de richesses après la conquête de Palerme sur les musulmans en 1064, la volonté inflexible de l’Archevêque Guido de Pavie et le génie d'un architecte visionnaire Buscheto qui conçut totalement la construction terminée par ses successeurs toujours respectueux du dessein originel .
La Cathédrale présente une grande unité de style pour avoir été bâtie en une cinquantaine d'années et vraisemblablement achevée en 1118. Certes les siècles postérieurs ont apportés leurs ajouts ainsi que les reconstructions partielles après un grave incendie en 1595, mais jamais l'ensemble ne fut dénaturé .
La cathédrale est aussi un monument incomparable pour son temps par sa grandeur ses dimension ( 48 mètres au sommet de la coupole ) et son incomparable richesse décorative , Buscheto voulut un édifice " en marbre blanc qui n'a d'égal dans aucun autre exemple" ...




Le chevet à lui seul témoigne de cette grandeur, trois rangées de colonnades le parcourent ainsi qu'à la croisée du transept, partout les marbres explosent de blancheur souligné par des emplois multicolores raffinés et luxueux. Des losanges et des cercles bordés et incrustés typiques de cet art "romano-pisan" qui seront reproduits dans bien des églises de la ville et des environs .






Voilà bien une richesse et une abondance du décor , éloignée de l'image d'austérité et de rudesse que l'on associe souvent à l'art roman ...





Et oui elle penche...et elle a toujours penché !

Ce qui est fascinant avec la Tour de Pise c'est que ce n'est pas la qualité exceptionnelle de son campanile qui justifie sa célébrité universelle mais précisément cette imperfection de son inclinaison et finalement de son équilibre prodigieux qui tient à la fois du miracle et du génie de générations d'architectes .
L'on sait par une importante dédicace que la tour fut commencée en 1174 et qu'on la doit à l'architecte Bonanno qui la conçu dés l'origine comme le clocher le plus majestueux de son temps, le plus large et aussi le plus haut car il devait certainement dépasser les 70m ce que confirme la profondeur et le diamètre des fondations. Pour se donner une idée de ce projet grandiose il suffit de savoir que la Tour actuelle dépasse (seulement) les 55 mètres !
 Très vite les trois premiers étages furent bâtis, mais c'est alors que les difficultés apparurent, il semble que la tour s’enfonçât et ne commençât à pencher qu'ensuite d'une première tentative pour évacuer l'eau des fondations; les travaux furent alors suspendus en 1185 pour ne reprendre que 90 ans plus tard  sans doute à la faveur de l’arrêt du mouvement d'inclinaison .
C'est Giovanni Di Simone qui avec maîtrise poursuivit l'élévation de trois étages et demi tout en tentant de corriger le mouvement et ce en neuf ans avant que l''inclinaison ne reprenne . Après une nouvelle suspension des travaux jusqu'en 1350 c'est Tommaso Pisano qui tentât de la redresser  et de l'achever pour construire l'étage des cloches .
jusqu'à nos jours la stabilité de cet ensemble préoccupât bien architectes et ingénieurs de la Péninsule, et le mouvement  ne semble pas devoir s’arrêter ...Elle enflamme aussi les esprits au point que toute une école de pensée à contesté la caractère involontaire de l'inclinaison pour soutenir qu'il aurait été délibérément recherché par les constructeurs...
Ce célèbre clocher ne doit pas faire oublier l'élégance et le raffinement de sa construction et aussi sa grande unité de style en dépit de la longueur de construction qui dépasse largement la seule période romane .Il y a ici une harmonie incroyable entre l'art roman des premiers niveaux et l'art gothique des étages supérieures qui semblent heureusement s'accorder .
Cette maîtrise se retrouve aussi dans l'élégance des arcatures, la majesté du décor souligné par le mélange de la couleur des pierres composés en damiers et losanges.



 Les beaux chapiteaux du premiers étages aux rares motifs, souvent inspirés de l'antiquité démontrent eux aussi la qualité grandiose du monument et l'art des sculpteurs autant que des architectes, avec une mention particulière pour celui , savoureux, qui  figure  deux singes attachés à la taille et dévorant des fruits dans un panier .

samedi 6 août 2011

Mon image de la semaine

Pour rompre un peu le rythme de mes billets qui suivent avec trop de décalage mes voyages, j'ai décidé d’insérer des images sorties de mes archives photographiques, souvent d'anciennes images parfois de qualité inégales, il y a peu de temps que je dispose d'un appareil à la mesure de mes ambitions...
Mais je souhaite avant tout partager cette incroyable richesse de cet art roman qui ne cesse de m'enchanter du plus modeste au plus remarquable édifice !
Pour commencer cette série, j'ai choisi l'éblouissante façade de l'église de Castelveil en Gironde, église modeste perdue en pleine campagne, mais quel trésor ! (Désolé pour l'image prise avec mon premier numérique en 2003)